VIL PÉRIODE ADVERBIALE
Nous avons touché k toutes les parties du système des formes dans notre famille de langues, et cherché k nous expliquer comment elles sont nées peu k peu. Il y a pourtant dans le langage un moyen essentiel d'expression dont nous n'avons pas même encore fait mention : je veux parler des particules. Les mots qui dans les langues classiques, comme dans celles d'un caractère plus moderne, s'appellent adverbes, ces mots indéclinables servant k exprimer des rapports de direction et de modalité, et qui proviennent en partie de thèmes pronominaux , en partie de thèmes nominaux, appartiennent k ime période beaucoup plus tardive. Il est probable qu'il n'y avait encore dans la période de l'unité aucun adverbe proprement dit, dérivé d'un adjectif, et consacré par un usage constant. Mais pourtant nous trouvons déjk avant la séparation des langues comme des rudiments de l'usage dont le développement graduel donna les adverbes de chaque idiome. C'est en sanscrit qu'on voit le mieux que les adverbes sont simplement des formes casuelles immobilisées, c'estk-dire plus ou moins séparées de la famille que composent les autres. Mais le même fait est aussi, et depuis longtemps, démontré pour les langues sœurs du sanscrit. Ôette direction du génie du langage paraît s'être manifestée dès une époque relativement ancienne, surtout dans une série de mots d'ime médiocre compréhension et par suite employés plutôt k l'expression de rapports de lieu, de temps et d'autres rapports plus intellectuels. On ne se représente pas plus une langue absolument dépourvue de particules qu'une parole vivante sans gestes. Il est possible qu'un petit nombre de particules de la forme la plus courte aient Êdt leur apparition peu de temps après la période des racines. Il semble du moins que quelques-unes ne sont autre chose que des racines pronominales nues. De ce nombre sont peut-être les particules telles que an (set. an-, gr. àv, i-, lat. in, ail. wn), na (lat. ne)y gha fsct. gha [comp. Az], gr. y^^ paléosl. z^), nu (set. nw, gr. vu), ka (set. Ha^ gr. t£, lat. que). Leur présence dans les branches les plus diverses de la fiamiUe prouve en tous cas qu'elles sont indo-germaniques. Mais on trouve dans quelques-