jTimm, Deutsche Grammaiik, II
2. Comp. l'allemand Liébhart, un mignon, dans Ansbelm, I, 335. Grimm,
curieux, ce suffixe ard^ qui a perdu toute yie et tous sens en bas-allemand, a été adopté comme un dérivatif commode par les langues romanes. Après avoir emprunté un certain nombre de mots comme renard et de noms propres comme Bernard, Richard, Gérard, ceux qui charpentèrent les dialectes romans modernes employèrent la même terminaison même au bout des mots latins. Ils formèrent ainsi non-seulement beaucoup de noms propres comme Abeillardy Bayard, Brassard, mais des dénominations comme criard, et leccardo (gourmand), linguardo (bavard), codardo (provençal coart, français couard)^. On peut trouver étrange qu'un mot germanique devienne suflSxe roman, et pourtant nous n'hésitons pas à employer des mots hindoustanis comme suffixes de notre langue. En hindoustani vàlà s'emploie pour former beaucoup de substantifs : Dilli signifiant Dehli, Dilli vàlà est un homme de Dehli; go signifiant vache, on a go^vàlà, bouvier, contracté gvàlà. On peut former ainsi des composés innombrables; et, comme le dérivatif a semblé commode et utile, on a fini par l'ajouter même à des mots anglais, comme par exemple dans Compétition wallah^.
Ce sont peut-être là des cas isolés, mais les principes sur lesquels ils reposent se retrouvent dans toute la structure de la langue. Il est surprenant de voir tout ce que peut accomplir l'application de ces principes, quels vastes résultats peuvent sortir des moyens les plus simples. A l'aide du simple radical 7 ou ja (ou aussi ja) qui dans les langues aryennes signifie aller ou envoyer, les hommes qui ont fondé presque sans s'en douter la grammaire aryenne formèrent non-seulement leurs verbes neutres, causatife et dénominatife, mais leurs passifs, leurs optatife, leurs futurs, et un nombre considérable de substantifs et d'adjectife. Chacune de ces formations, en sanscrit comme en grec, peut être et a été expliquée comme le résultat d'une agglutination entre n'importe quelle racine verbale donnée et le radical l oujâ.
fl y a par exemple une racine nak, indiquant la mort ou la destruction. Nous la trouvons dans nak (nuit, latin noœ, grec
Deutsche Grammatik, III, 707.
1. Diez, GrammaUky II, 358. Grimm, Deutsche Grammatik, II, p. 340, 706.
2. C'est le sobriquet donné aux membres du service civil de Tex-compagnie des Indes, qui pour rester au service ont été astreints à passer un examen. Un livre a été publié sous le titre : The compétition wallah. — Trad.
v6$), qui signifiait originairement Tefiacement, la disparition, la mort du jour; nous avons la même racine en composition, comme par exemple dans ^iva-^ak « qui détruit la vie ». A l'aide de divers suflSxes, le grec en a formé V6x-p6ç, cadavre, véx-uç, mort, et le pluriel véx-ueç, les trépassés. En sanscrit, cette racine a donné un simple verbe, naç-a-ti (il périt). Mais pour lui donner une signification plus clairement neutre, un nouveau thème verbal se forme par composition avec j'a, et on a naç-ja-ti, il périt.
Par un procédé au moins très-analogue, le sanscrit forme quantité de verbes dénominatife. De ra'gan (roi) nous formons râga-ja-tê, il se comporte en roi; proprement, il a Y allure d'un roi. De kumârï (jeune fille), kïcmârà-ja-të^ il se comporte comme une jeune fille ^
Tirant de naç nâça, et ajoutant à cette forme le même radical ja, le sanscrit forme un verbe causa tif naça-j a-ti, il envoie à la mort (latin necare).
L'analogie est étroite entre le verbe neutre naç-ja-ti et le passif régulier, qui se forme en sanscrit par composition avec ja, mais en changeant la série des terminaisons personnelles. Naç-ja-ti veut dire il périt, et naç-ja-tê il est détruit.
Les terminaisons ordinaires de l'optatif en sanscrit sont : jâm jas jat jama jata jus, ou, après les thèmes terminés par des voyelles : ijam is it ima ita ijus.
En grec :
trjV tlQÇ tYJ
11Q(JL€V
lYjTe
tev,
ou, après les thèmes en o :
1(JLI tq t
tiuv
txe
tev.
En latin :
iêm les iet
ient.
ïm Is it
îmus
Itis
int.
Si nous ajoutons ces terminaisons à la racine AS (être), nous aurons le sa^iscrit : [as-jâm]
sjâm sjas sjat sjama sjâta sjus, le grec ; [è<y-tnv]
eiY)v etiQç eÏY) etY)iJiev ettixe eîev, le latin : [es-iëm]
siêm siês siet — — sient,