Voir Max MûUer, Sanskrit Grammarf
sïYïi sn sit simus sitis sint.
Si nous ajoutons les autres terminaisons à un thème verbal qui finisse par certaines voyelles, nous avons : twinscrit : [bharor-ij am]
bharêjam bharês bharêt bharêma bharêta bharêjics, grec : [çepo-tixt]
çépo-t[jLi çépo-iç çépo-t çépo-t|jLev çépo-ixe fépo-tev, latin [fere^m]
feràm feres feret ferêmus ferêtis ferent
Ici nous retrouvons évidemment le même verbe auxiliaire, tou^a, et nous sommes conduits à admettre que ce que nous appelons aujourd'hui un mode optatif ou potentiel était originairement une sorte de futur, formé de ja, aller, à peu près comme le français J^ vais dire. Ce futur aurait ensuite pris le caractère d'un commandement civilement exprimé (de même que nous pouvons employer thou wilt go, tu iras, dans le sens de go, va) ; et l'impératif se serait réduit à un simple potentiel (de même que nous pouvons dire go and y ou will see, allez et vous verrez, dans le même sens que if y ou go, you will see, si vous alliez, vous verriez).
Les terminaisons du futur sont :
sanscrit :
sjami sjasi sjati sjamas sjatha sjanti grec : •
cjo) ffstç cet copiev cjsTe crovct.
Dans ces terminaisons nous avons réellement deux auxiliaires, le verbe «5 (être) et Ja (aller); et en les ajoutant à n'importe quelle racine, comme par exemple DA (donner), nous avons : sanscrit : [da-as-ja-mi\
dâ'S'jâ-'midâ-S'ja'Sidâ'S'j a4i dâ'S-j à-mas dârS-j grec : [Sw-eç-jw]
8(*)-(î-(») 8(à-ff-£tç Sà-a-et B(»)-a-o[Ji.ev Sà-a-sTs 8(ll)-a-ooat *. Une forme verbale qui se présente très-fréquemment en sanscrit est le participe-gérondif, qui indique qu'il est nécessaire ou opportun de faire telle chose. Ainsi de budh (savoir) on forme bôdh-ja-s {cognoscendus, qu'il faut connaître) ;-(fe guh (cacher) guà-ja-s ou goh-ja-s (qui doit être caché) : propre-
1. Dans fi(o<r(i), pour fico-a/w, le 7 s'est perdu en grec comme d'ordinaire. Dans d'autres verbes s eij ont également disparu. Ainsi Teveor/w devient TevEdfa), puis Tevfô, le futur attique.
ment « qui va cacher ou être caché »; deja^ (sacrifier), ^tt^;;flhs (qui est ou doit être honoré d'un culte). Ici encore ce qui va être devient ce qui sera, et, à la fin, ce qui doit être. En grec nous ne trouvons qu'un petit nombre de formes analogues, comme â^"^"©? (saint), ctOy-i-oç (haïssable) ; en latin eœim-i-^s (qu'il feut extraire); en gothique anda^nêm-ja (acceptable, agréable ; allemand angenehm) ^ .
Tandis que les participes gérondifs en ja sont formés sur le même principe que les thèmes passif en Ja, une série de substantifs en ja paraît avoir été formée, à très-peu près, de même que les thèmes des verbes dénominatife ou des verbes neutres, dans lesquels le dérivatif ja exprime originairement l'action d'aller, de se comporter, et à la fin simplement d'être. Ainsi de vid (savoir) nous avons en sanscrit vidja (connaissance), de çl (jacere) çajja (repos). Formes latines analogues : gaud-i-um, stud'-i-unij ou, avec des terminaisons féminines, ined-i-a, invid-i-a, pemic-i-es, scab-i-es ; formes grecques : ti.av-(-a, àixapT-(-a ou àpiipT-i-ov ; formes allemandes, les nombreux noms abstraits en ieieae^.
Voilà qui montre combien peut être et combien à été accompli, dans le langage, avec les matériaux les plus simples. Des verbes neutres, dénominatifs, causatifs, passif; des optatifs et des futurs, des gérondifs, des adjectifs et des substantifs sont tous formés par un seul et même procédé,^ au .moyen d'une seule et même racine. Ce n'est pas une portion méprisable de la grammaire qui se trouve ainsi expliquée par cette unique racine Ja, aller, et nous apprenons ainsi une fois de plus combien simples et combien merveilleuses en même temps sont les voies du langage si nous le suivons d'étape en étape jusqu'à son point de départ primitif.
Or, ce qui s'est passé dans les cas que nous avons vus s'est
1. Voir Bopp, Vergleichende Grammatik {Grammaire comparée), gg 897, 898. Ces adjectifs verbaux doivent être distingués avec soin des adjectifs nominaux, conune en sanscrit div-ja-s (divinus), originairement divi-a-s, c*est^-dire d^i-bhavas (qui est au ciel); oIxeToç (domestictis), originairement otxEi-ô-ç (qui est dans la maison). Ce sont des adjectifs formés d'anciens locatifs, exaetement comme en basque nous pouvons former de etche (maison) etche-tic (de la maison) et etche-tic-acoa (celui qui est de la maison), ou de semé (fils) semea-ren (du fils) et semea-ren-a (celui qui est du fils). Voir W. J. van Eys, Essai de grammaire de la langue basque, 1867, p. 16.