Voyez le Thesamus d*Henri Etienne
d'après la règle des anciens grammairiens S que les prépositions peuvent allonger leur syllabe finale en ai. Je ne vois surtout aucime raison de dériver avec Kuhn les formes plus courtes des formes plus longues. Nous voyons bien clairement, à n'examiner que para^ comment plusieurs cas d'un thème peuvent jouer simultanément le rôle de prépositions ; nous n'avons donc pas le droit de considérer les formes plus courtes comme des mutilations des autres. C'est ainsi encore que dhrc( = set. anti se présente comme im locatif, ovta comme un instrumental, et le latin anted conune un ablatif. De même on trouve en regard du sanscrit pra = xpi le zend /r9, c.-à-d. fra-s pour pra-s et la forme latine prbd qui est incontestablement im ablatif. Nous avons des locatife dans le sanscrit adh-i (comp. adh-asY^ dans abh-i = ilJLçt, dans par-i = ?:ep-(, dans upar-i = zend upair-^t et gr. ux£{p, uTrép. Enfin u-t ou w-rf pourrait passer pour un ablatif du thème pronominal w. Le nombre des prépositions qui comme pra-ti = 7:po-T{ dérivé de jora, anu, {d)vi, ne trahissent aucune désinence casuelle, est très restreint. Tous ces faits me paraissent fixer suflSsamment la chronologie des prépositions. Ces mots supposent nécessairement en leur qualité d'adverbes, c'est-à-dire de formes casuelles immobilisées, un usage des cas déjà en pleine vigueur. Dans les temps mêmes de la vie du langage pour lesquels nous avons le témoignage des monuments littéraires, par exemple dans la langue homérique, nous voyons les prépositions jouer encore bien évidenwnent le rôle d'adverbes. Nous pouvons donc à plus forte raison leur attribuer cette fonction pour la période de l'unité, et admettre même qu'alors elles n'en avaient pas d'autre. C'est seulement peu à peu qu'on s'habitua à les placer en relation plus étroite avec des verbes et des noms, et c'est ainsi qu'elles ont pris en partie le caractère de -préfixes. Nous sommes habitués quand il s'agit des prépositions, à songer tout d'abord à leur union avec certains cas. Mais cet usage n'est évidemment que la dernière étape du développement, et la diversité que comporte l'emploi dés cas en sanscrit, en zend, et même en grec, est aussi plus ancienne que l'uniformité propre surtout en latin. C'est seulement à ce dernier degré de l'échelle que les particules se placent aussi comme postpositions après des formes nominales en relation avec elles, et se fondent parfois avec celles-ci en un seul mot. Admettre des faits de ce genre pour la période de
l.Hérodien, B, 824.