‹ La stratification du langageChapitre 51 sur 54 · Bœtblingk und Rotb. Sanskrit Waerterbuch, I · texte numérisé non relu

Bœtblingk und Rotb. Sanskrit Waerterbuch, I

l'unité, et surtout supposer que des prépositions aient été adaptées à la fin de thèmes non fléchis, c'est là comme je l'ai aflSrmé et, je crois, démontré ailleurs, une faute chronologique.

Ces formes casuelles qui s'immobilisent conduisent encore dans l'histoire du langage à ime autre forme importante, l'infinitif. La science a depuis longtemps montré dans l'infinitif des formes casuelles isolées de noms d'action. Mais les formations de ce genre sont très diverses, surtout en sanscrit, et chaque langue présente de grandes différences dans le choix des suffixes employés à cet objet, n est donc presque certain que l'infinitif comme tel ne s'est formé qu'après la séparation des langues, et d'une manière indépendante chez chaque peuple. Tout au plus pourrait-on supposer quelques rudiments, quelques ébauches de l'infinitif, dès la période de l'unité. La réalisation de types plus délicats, l'achèvement plus ou moins complet du système des formes , la manière dont les lacunes qui s'y produisent sont comblées, et dont par suite les rapports des différentes formes entre elles se trouvent fréquemment déplacés, toutes ces particularités sont la manifestation de l'originalité propre à chaque famille de langues. C'est là précisément ce qu'avec Guillaume de Humboldt nous avons cru pouvoir nommer Culture. L'organisation proprement dite, la création de tous les types essentiels, quoique susceptibles d'ailleurs de variations multiples, est accomplie dans les limites des périodes que nous venons de décrire.

Nous voici arrivés à la fin de notre tâche qui, je le répète, a dû soulever bien des questions auxquelles nous ne pouvions répondre que par des hypothèses. Mais même pour comprendre et expliquer une seule langue, il est impossible de faire complètement abstraction des questions de ce genre. A plus forte raison toute recherche un peu approfondie sur le domaine plus vaste de toute la famille de langues nous y ramène presque nécessairement, n y a des questions qu'on ne peut étudier sans une mé-^ thode plus hardie, sans une méthode constructive. Mais les écarter et ignorer de parti-pris les degrés de la formation du langage, est au fond plus hardi encore. Puissé-je avoir réussi à exposer seulement avec vraisemblance la succession des principales étapes du développement. On devra du moins accorder que cette succession a été présentée sans aucun procédé violent, et particulièrement sans aucune de ces hypothèses de fortes altérations phoniques que d'autres linguistes ont souvent proposées, à mon avis sans justification suffisante, pour les périodes les plus reculées de la vie du langage.

APPENDICE (TOîV p. 52).

II est vrai, et je ne veux pas passer ce fait sous silence, qu^un savant considérable est d'un avis différent. Benfey, après avoir fait lui-même autrefois un Lexique des racines grecques y a plus tard dans son Esquisse de V organisme des langues indo-germaniques ^ et d'une manière encore plus décidée dans la Zeitschrift de Kuhn*, combattu toute la théorie des racines, et Élit tout d'abord valoir contre elle ^ l'avis que le vocabulaire indo-germanique, à F exception des formations reposant sur des pronoms, des particules et des interjections, peut se réduire à des verbes. Mais ce qu'il nous'feut entendre proprement par Verbes, c'est ce qu'à la vérité on ne nous dit clairement nulle part. Comme une grande partie des efforts feits pour appuyer cette opinion tendent à ramener les thèmes de substantifs et d'adjectife à des thèmes de participes, et ces derniers eux-mêmes à la troisième personne du pluriel de l'indicatif actif, il semble d'abord que Verbe a ici à peu près le sens de verbe fini ou verbe à désinence personnelle. Mais l'idée de Verbe se transforme dans le cours de cette exposition en quelque chose d'entièrement différent ; à partir de la page 120, l'auteur s'efforce de montrer que les pronoms, auxquels il a provisoirement accordé ^ une existence séparée, se sont aussi formés de verbes. Comme chaque forme du verbe fini, ainsi que l'admet aussi Benfey, contient un pronom dans sa désinence, et que sa pensée ne peut être que le pronom ait été une désinence avant d'être un mot séparé, le mot Verbe a donc ici à peu près le sens de thème verbal ; et en effet, l'auteur emploie aussi quelquefois cette

1. Allgemekie Monatsschrift fUr Wissetuchaft und LUteratur, année

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