‹ La stratification du langageChapitre 52 sur 54 · IX · texte numérisé non relu

IX

expression. En conséquence on accorde ^ « que les thèmes verbaux pouvaient au besoin être employés aussi à désigner des objets j » ou en d'autres termes être employés nominalement, et ce n'est que par le degré intermédiaire d'un nom que Benfey croit pouvoir dériver les pronoms de ces termes verbaux. Il arrive aussi dans la revue Orient und Occident ^ à des résultats analogues, et indique même que derrière la 4c période verbale », U y aurait eu encore une autre 4c phase ». Or de pareils thèmes verbaux, qui peuvent aussi être employés nominalement, que sont-ils autre chose que ces racines que Benfey commence par rejeter au début de sa dissertation ? Ce n'est qu'un nom différent pour désigner la même chose. Mais s'il y avait de pareilles unités primaires, susceptibles d'une fonction verbale ou nominale, s'il y avait des thèmes pronominaux qui s'en fussent formés, soit dés le début, soit seulement plus tard, pourquoi les derniers n'auraient-ils pas pu s'unir aux premiers, aussi bien pour donner des formes nominales d'une empreinte plus achevée, que pour donner des formes verbales? A quoi bon nous obliger à croire, car il faut vraiment pour cela une foi robuste, qu'aux temps les plus reculés du langage la troisième personne du pluriel à peine créée se métamorphose en un participe, et qu'à son tour ce participe est la source d'autres formations nominales innombrables ? Dans la première des dissertations mentionnées ci-dessus, Benfey s'égare aussi dans de singulières contradictions, par exemple p. 719, où il cherche à expliquer les désinences du pluriel du verbe par le pluriel des pronoms personnels, et suppose donc manifestement une formation casuelle, c'est-àdire une flexion nominale, avant la formation verbale la plus primitive, alors que cependant la priorité du verbe sur le nom est précisément la thèse principale qu'il défend partout. Ce ne peut être ici ma tâche d'examiner à fond ces recherches du savafit plein de pénétration auquel les études sanscrites sont certainement fort redevables : mais comme ces deux dissertations sont presque le seul essai un peu détaillé d'une considération chronologique du langage, j*ai voulu au moins indiquer brièvement pourquoi cet essai ne me satis&it en aucune façon.

La préférence accordée aux formes verbales sur les formes nominales a trouvé son pendant dans l'hypothèse diamétralement opposée développée par Ascoli, particuUèrement dans ses

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