II
Studj Ariosemitici *. Il ne veut pas non plus entendre parler de racines {radici lessicali)^ sans pouvoir à la vérité se passer, lui non plus, d'admettre des monosyllabes primordiaux {monosillabi primordiali) ^ . Mais quant aux formes plus développées, pour lui le nom est antérieur au verbe. Le génie du langage s'est selon lui longtemps essayé à créer les formes les plus variées pour le nomen agentis avant l'apparition du verbe k désinence personnelle. Tandis que Benfey considère un thème de participe tel que bharant comme une mutilation de la troisième personne du pluriel bharanti^ Ascoli au contraire voit dans bharanti le pluriel du thème nominal bharant. Mais quel est alors le rapport de bharanti au singulier bharati, et celui de cette dernière forme à bhara-si^ bharà-mi^ c'est ce qu'on ne nous dit pas. Il est cependant bien plus naturel de regarder le ti de bhara-ti comme identique à celui dé bhararn4L L'idée du pluriel se trouve alors dans Yn qui, ainsi que j-an-ti le rend vraisemblable, sera venue de an. Deux pronoms unis copulativement indiquent le pluriel, un seul des deux le singulier. Pourquoi ces deux mêmes pronoms n'auraient-ils pu se retrouver dans un nom d'une feçon complètement indépendante de cette forme verbale? Ou serait-ce qu'il nous faudrait identifier aussi le sufiîxe de la première personne du pluriel, maSy avec celui du nominatif singulier d'un thème nominal comme bha-ma-'S? Depuis quand donc voit-on dans la simple similitude de son, malgré les fonctions les plus différentes, une preuve de l'identité originaire? Schweizer-Sidler, qui rend compte de la tentative d' Ascoli^, trouve aussi qu'il se sert, pour appuyer sa thèse, de moyens en partie très violents. Ainsi pour des formes verbales qui jusqu'à présent étaient regardées comme les plus primitives, telles que ad-mi, as-ti, Ascoli admet déjà la chute d'une voyelle, et il obtient ainsi un thème nominal ada^ asa ; il veut que i-mas soit ime mutilation de ai-mas; enfin il soutient qu'en général un i et un u final viennent toujours de a-ja, a-va. On voit toujours comme arrière-pensée la tendance à rapprocher les racines sémitiques dissyllabiques des formes nominales indo-germaniques. Je crois que les tentatives opposées de ces deux esprits, d'ailleurs si péné-
1. Deuxième article, lu à la classe de littérature, etc., de Tlnstitut royal lombard, dans la séance du 6 juillet 1865.