RÈGLES DE LA VARIATION
énumérer. Elles n'expliquent rien d'ailleurs et demandent à être ellesmêmes expliquées par les théories de la variation.
Is. Geoffroy Saint-IIilaire (30) a remarqué que les organes nombreux sont plus variables par le nombre et la forme que ceux qui sont uniques ou peu nombreux. Il suffit de parcourir l'important recueil de Bateson (94) pour trouver une confirmation de cette règle dans le fait que les variations méristiques sont beaucoup plus nombreuses que les autres. Darwin (80) croit que cela peut tenir à la moindre importance physiologique de ces organes. Avant de chercher une explication de ce genre, il serait peut-être utile de chercher si cela ne tiendrait pas simplement à ce qu'étant plus nombreux ils ont plus de chances d'être atteints par la variation. A-t-on bien compté si les dents dont nous avons 32 et les doigts dont nous en avons 10 sont plus de 16 fois ou de 5 fois plus atteints par la variation que les yeux dont il n'y a que deux? Cela est possible, mais il serait prudent de les vérifier.
Darwin (80) cite la loi suivante qu'il rapporte à Walsh : Si xm caractère est très x)ariable ou très constant dans une espèce, il Vest aussi chez les espèces voisines. Darwin (80) lui-même a exprimé presque la même idée lorsqu'il a dit : Les organes qui, chez nos races domestiques, varient le plus sous Vaction de la domestication sont ceux qui diffèrent le plus dans les espèces naturelles du genre. La Variation parallèle wow.^ a montré divers exemples de ces règles.
D'autre part Sageret a reconnu que plus un organe a déjà varie, plus il tend à varier encore et les éleveurs et horticulteurs sont tous d'avis que pour obtenir une variation déterminée d'un organe, il faut chercher à produire des variations quelconques de cet organe, il faut Yaffoler ; c'est là le plus difficile; mais quand on y est arrivé, rien n'est plus facile que de diriger ces variations désordonnées et de leur faire produire ce qu'on veut.
Fort importante, mais non admise sans conteste, est la règle suivante de Darwin (80) : Les plantes soumises à la culture, on peut même dire, les êtres soumis à des changements quelconques dans leurs conditions de vie ne commencent à varier quau bout de quelques générations. Ainsi le Dalhia, transporté de la Nouvelle-Hollande en Europe, est demeuré plusieurs années sans varier; puis, tout à coup, de graines recueillies sur des plants de couleur uniforme, sont nées les variétés multiples, qui présentent toutes les nuances possibles à l'exception du vert et du bleu. Les faits de ce genre sont très nombreux, mais on en cite aussi de si-
LES FAITS
gnification exactement inverse. On se rappelle (V. p. 216) les Hieracium de Njîgeli (84). Cet auteur affirme que toute variation due aux conditions de vie se produit totale dès la première génération et ne s'accroit plus ensuite; ^YE^ssMA^■^ (92i), au contraire, est d'avis que les variations accumulées qui conduisent aux formes nouvelles ne se produisent jamais que lorsque plusieurs générations ont permis aux conditions ambiantes d'influencer le Plasma germinatif moins accessible que le Soma. Darwin (80) parait pencher vers une idée semblable, mais il semble que la chose dépend des circonstances car il y a des faits indéniables en faveur des deux opinions.
Rappelons ici la Règle citée (p. 242, note) d'après laquelle les variations qui se produisent de bonne heure tendent à passer aux deux sexes, tandis que celles qui apparaissent tard tendent à ne passer qu'au sexe de même nom.
Enfin à ces règles il me semble que l'on peut en ajouter une, entrevue par Kbause (86) et par Rilev (88), savoir que : La diff érenciation organique favorise la production des variations mais limite leur étendue. Plus un être est élevé en organisation, plus il est sensible aux modifications de vie , et apte à varier comme elles , mais plus aussi il est sensible aux conditions de destruction en sorte que les modifications étendues le détruisent sans lui permettre de s'adapter.