CHIMIE DE LA CELLULE
en état de distinguer ni même de dénombrer celles qui font partie d'un cytoplasma donné ;
2° des globuUnefi, substances albumineuses non pliosphorées, insolubles dans l'eau pure, solubles dans les solutions salines à 5 à 10 ^ , d'oii l'eau pure les reprécipite ;
3° de la lécithine, graisse phosphorée soluble dans l'alcool;
4° de la cholestérine , alcool monoatomique solide, cristallisable, soluble dans l'éther et dans l'alcool bouillant.
5° des chlorures et des phosphates de potassium, de sodium, de magnésium et de calcium;
6° du fer en combinaison organique probablement avec de la nuclénalbuniine.
Les deux substances albumineuses que renferme le cytoplasma ne sont pas mélangées dans celui-ci. La première, phosphorée, et en quantitérelativement minime, forme les parties figurées (tibrilles, granules, spoiigioplasnia), la seconde non phosphorée, et en quantité beaucoup plus grande, forme le hyaloplasma amorphe qui occupe les intervalles des précédentes.
Dans le noyau, la composition de la membrane amphipyrénine n'est pas connue.
La chromatine est formée d'un peu de lécithine et de cholestérine , unies à de la nucléine qui en forme presque toute la masse. Cette nucléine est une substance richement phosphorée insoluble dans le suc gastrique.
Le nucléole, ou si Ton veut la pyrénine ou paranucléine des histologistes, semble être une combinaison d'albumine avec de la plastine. substance analogue à la nucléine, mais beaucoup moins riche en phosphore et s'en distinguant parce qu'elle reste non dissoute dans des solutions acides et alcalines qui dissolvent celle-ci.
D'après les recherches toute récentes de Frenkel (94), la linine de Sch- ^' \m on parachromatine de Pfitzxer, qui constitue lestilaments achromatiques, serait formée comme le nucléole de plastine unie à une substance albumineuse, mais elle n'est pas cependant identique à la paranucléine du nucléole, puisque ses réactions histochimiques ne sont pas les mêmes'.
* Frenkel appelle cependant paranu- conteste formellement cette basicité et
oléine la substance des filaments achro- pense que le fait de fixer des couleurs
matiques et donne le nom de filaments basiques ou acides n'est pas, pour une
par«îiMc^eV«Ves à ces filaments eux-mêmes. substance, une preuve formelle d'acidité
D'après lui, la paranucléine est basique ou de basicité. Il y a là d'autres causes
et fixe les couleurs acides. Danilevsky qui interviennent.
THÉORIES DE l'hÉRÉDITÉ. 4
LES FAITS
Enfin le suc nucléaire ou enchylema est une substance aqueuse contenant en dissolution diverses matières albuminoïdes précipitables par l'alcool et les acides.
Toutes ces notions semblent bien décousues, et elles le sont, en eflet, si on s'en tient à ces données expérimentales. Mais elles deviennent beaucoup plus claires et mieux liées entre elles si on les envisage à la lumière d'une tbéorie qui n'est peut-être pas à l'abri de toute objection, mais qu'il est bon d'accepter au moins provisoirement en raison des commodités qu'elle procure. Voici cette théorie telle qu'elle s'est dégagée peu à peu des nombreux travaux récents, en particulier de ceux de KossELL (81, 82), de Zacharias (83), d'ALTMANN (89), de Lilienfield (92, 93), etc.
Les substances constituant la partie fondamentale du cytoplasma ou des organes du noyau seraient toutes des combinaisons, en proportions variées, d'une seule substance phosphorée, Vacicle nucléique, avec des substances protéiques non phospliorées. L'acide nucléique est un corps chimique défini, que l'on a préparé et isolé. Il est riche en phosphore et correspond à la formule brute C-^H^^A^^Pii^O—, ce qui donne . environ Ik % de cette substance Il constitue à l'état presque pur la tete des spermatozoïdes formée, comme on sait, des parties essentiels du noyau et du cytoplasma. Uni aux matières protéiques, il forme des nucléines dont il existe des espèces nombreuses et qui, prises au sens large, peuvent comprendre toutes les substances phosphorées protéiques de la cellule. Plus ces nucléines sont riches en acide nucléique, plus elles sont acides et riches en phosphore, et plus aussi leur rôle semble important. La chromatine est une nucléine ordinaire très riche en acide nucléique et par conséquent en phosphore, et franchement acide; la plastinc l'est sensiblement moins; \a linine et la pijrénine le sont moins encore puisqu'elles sont formées par l'union de la plastine à une nouvelle matière albumineuse non phosphorée ; enfin, dans les nucléo-albumines du cytoplasma, la proportion d'acide micléique devient très faible, la teneur en phosphore tombe à 1 ou même 1/2 % , et la substance devient encore moins acide. Quant aux autres substances phosphorées ou non que l'on rencontre dans le cytoplasme ou dans le noyau, lécithine, c/iolestérine, sels minéraux, elles sont en quelque sorte additionnelles et
Cette formule de l'acide nucléique e.st de Miescher (74).