IV. THÉORIES DES GLOBULES POLAIRES
Il est parfaitement établi que les globules polaires sont, au point de vue morphologique, des ovules abortifs et, au point de vue physiologique, des substances de rebut. Mais, sur la question de savoir quelle est cette substance de rebut, les opinions les plus disparates ont été et sont encore admises ^
' Balbiani (85) conclut de ses études sur organes génitaux et ont la signification un Diptère, le Chironomus., que « les glo- de cellules sexuelles primitives. » Il bules ou cellules polaires des Insectes fonde cette opinion sur ce que les celreprésentent les premiers rudiments des Iules sexuelles primitives du Chironomus
THÉORIES PARTICULIÈRES
11 n'y a pas à compter comme opinion digne d'être discutée, celle que désigne la dénomination de globules directeurs domiée autrefois aux globules polaires. Il est vrai que le 1"" plan de segmentation passe par le point où ils confinent à l'œuf, mais c'est uniquement parce que ce plan, en passant par là, se trouve perpendiculaire au plan de la division précédente. Les globules polaires n'ont aucune action directrice spéciale sur les segmentations de l'œuf fécondé.
On en peut dire autant de celle de Van Rees (87) qui voit dans l'émission des globules le résultat d'une lutte de divers groupes moléculaires entre eux. Soit, mais que sont ces groupes, et pourquoi luttent-ils?
Tant que l'on n'a pas connu le détail des phénomènes de la fécondation on a pu trouver très plausible l'opinion que la division réductrice sert à rendre le noyau de l'œuf moins prédominant par rapport à la masse du spermatozoïde. Mais aujourd'hui que l'on sait qu'il y a autant de choses essentielles, en qualité et en quantité, dans cette tête de spermatozoïde que dans la vésicule germinative, il faut chercher ailleurs une explication.
Strasburger (84) voit dans le rejet des globules une épuration de la substance nucléaire nécessaire pour lui permettre son évolution ultérieure. L'auteur combat l'idée que se font Minot et Van Beneden sur la nature de cette épuration par d'excellents arguments, mais il n'en fournit pas une meilleure.
BovERi (90), ayant remarqué dans l'œuf fécondé de VAcaris megalocephala deux chromosomes de trop, les considère comme représentant ceux du premier globule incomplètement éliminés et, ayant constaté qu'ils ne troublent en rien le développement, conclut que la substance de ces chromosomes ne diffère en rien de celle des chromosomes conservés. C'est une conclusion illégitime, car ces chromosomes sont peut-être suffisam-
s'isolent avant la formation du blastoderme et ont, à ce moment, une ressemblance avec les globules polaires qui permet de les assimiler à ceux-ci. [Mais ce peut n'être là qu'une ressemblance superlicielle, et il y a une différence capitale, c'est qu'aucune de ces cellules n'est rejetée].
GiARD (90) cherche à assimiler le 2<^ globule au spermatozoïde et l'œuf au Ncheiikern de celui-ci. La comparaison des phénomènes si exactement parallèles de la spermatogénèse et de l'ovogènèse
montre que cette assimilation n'a rien de fondé. Les globules polaires correspondent à des spermatozoïdes entiers.
Pour Ryder (90), l'émission des globules est une tentative avortée de Reproduction asexuée. Or l'élément reproducteur asexué avait la forme d'une Fagellate. Le spermatozoïde a conservé cette forme primitive et représente cet élément sexué primitif.
Les globules polaires équivalent donc au spermatozoïde. L'auteur retombepar cette voie détournée dans la théorie aujourd'hui admise.