LES GLOBULES POLAIRES
ment éliminés lorsqu'ils sont rejetés et empêchés de se joindre au corps nucléinien complet du noyau.
Depuis que l'on connaît la constance du nombre des chromosomes, on s'accorde à reconnaître l'élimination d'une moitié d'entre eux comme indispensable. C'est là certainement une des fonctions de la division réductrice. Mais, outre qu'elle ne s'applique qu'au deuxième globule, on peut s'étonner que la réduction de nombre ne se fasse pas simplement par segmentation du fdament nucléaire en un nombre moitié moindre de fragments, et la réduction de masse par une diminution de l'accroissement nutritif.
0. Hertvvig (90) qui est aussi d'avis que la substance éliminée n'a point quelque qualité spéciale, a trouvé néanmoins le moyen d'expliquer d'une manière fort ingénieuse lanécessité de son expulsion. D'après lui, l'ovocyte de premier ordre se divise deux fois pour donner quatre ovules. Mais, de ces quatre ovules, un seul garde tout le cytoplasma; dès lors les globules polairessont des ovulessacrifiés, des frères cadets déshérites aux dépens d'un seul ahié qui a gardé tout l'héritage de cytoplasma. L'émission des globules servirait, non à épurer le noyau de l'ovule, mais à enrichir son cytoplasme. Les faits en somme peuvent se résumer ainsi : Chez le mâle, les divisions qui s'intercalent entre le spermatocyte de premier ordre et les produits mûrs n'ont pour effet que de réduire, chez ceux-ci, le nombre des chromosomes à la moitié, et la quantité de chromatine au quart de ce qu'ils étaient chez le premier; chez la femelle, les divisions homologues ont, d'une part ce même etïet, d'autre part celui de porter au cjuadruple la quantité de cytoplasma par rapport à ce qu'elle aurait été si la division de l'ovocyte de premier ordre avaient donné naissance à quatre ovules de môme valeur. Mais, tandis que chez le mâle la chromatine du spermatocyte de premier ordre se divise en quatre portions également utilisables, chez la femelle, trois de ces portions sont purement rejetées pour laisser à la quatrième tout le cytoplasma qui aurait dû les accompagner.
Il y a certainement du vrai dans cette théorie , mais elle n'explique pas tout. Si les chromosomes avaient tous la même valeur, il n'y aurait aucune raison pour qu'une division longitudinale si précise attribuât à chaque cellule fille exactement une moitié de chacun d'eux. Ils pourraient se rendre les uns d'un côté, les autres de l'autre, et les deux groupes destinés aux deux cellules fdles pourraient être composés de n'importe quels éléments, pourvu qu'ils fussent égaux en nombre. La division longitudinale n'a sa raison d'être que si les chromosomes ne sont pas iden-
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THÉOUIES PARTICULIÈRES.
tiques entre eux et, s'il en est ainsi, les chromosomes rejetés représentent autre chose que ceux qui sont conservés. La question est de savoir ce qu'ils représentent.
Une des explications les plus anciennes et les plus célèbres en même temps est celle de Minot (77) à laquelle Balfour et Van Beneden ont aussi attaché leur nom. Elle peut se résumer ainsi : l'oEaif fécondé est hermaphrodite. Comme il répartit également son plasma nucléaire entre les produits de sa division , les deux premiers hlastomères sont aussi hermaphrodites; ceux-ci se comportent de même et ainsi de suite, tant qu'il se passe des divisions dans le corps de l'animal. Toute cellule du corps est donc par essence hermaphrodite et l'œuf non fécondé ne fait pas exception. Il doit à sa maturité, pour devenir fécondable, développer en lui une polarité femelle et pour cela éliminer sa partie mâle. La fécondation lui rend son hermaphroditisme un instant perdu' .
Mais cette ingénieuse théorie n'est pas soutenable.
Strasrurger (84), KoLLiKER (85), Hallez (86), Weismann (87), ont fait remarquer, avec raison, que l'œuf n'élimine pas la substance mâle qu'il tient de son père, puisque le produit peut assumer des caractères des ancêtres mâles de la femelle. Si cette théorie était vraie, un enfant ne pourrait jamais ressembler au père de sa mère, ni à aucun des ancêtres femelles de son père ou mâles de sa mère, ce qui est évidemment faux ~.