VII. THÉORIES DU PARALLÉLISME DE L'ONTOGÉNÈSE ET DE LA PHYLOGÉNÈSE
Tous les auteurs répètent, avec des variantes très secondaires, une seule et même explication dont l'honneur revient à Darwin (80) ' . Cette explication est d'ailleurs fort simple et n'a que le défaut de s'appuyer sur l'Hérédité qui reste inexpliquée.
On sait que les caractères transmissibles apparaissent normalement chez le fils au même âge que chez le parent ou seulement un peu plus tôt. Chaque fois qu'une espèce se forme, c'est par addition d'un caractère nouveau (ou de plusieurs) à la fin de l'ontogénèse, lorsque tous les caractères spécifiques se sont déjà montrés; le caractère nouveau se montrera donc, dans l'espèce nouvelle, après que tous les caractères de l'espèce dont elle est née se seront montrés. Comme il en est ainsi depuis les premières origines, on voit que les caractères doivent apparaître dans l'ontog'énèse dans l'ordre successif de leur formation phylog'énétique. Leur condensation dans le court temps du développement embryonnaire résulte de la très légère anticipation qui fait apparaître chaque caractère un peu plus tôt chez le fils que chez le parent, toutes les fois que cela n'est pas rendu impossible par la nature même du caractère. Ces anticipations, accumulées de génération en génération, ont fini par condenser toute la répétition de la phylogénèse dans un temps très court au début de la vie. C'est ce temps qui constitue la période embryonnaire. Naturellement les phases sont d'autant plus condensées vers l'origine du développement qu'elles sont d'apparition plus ancienne.
NiEGELi (84) ajoute à cela une remarque tendant à expliquer la présence dans toutes les ontogénèses d'un stade unicellulaire oeuf.
Les stades nouveaux ne s'ajoutent pas à la fin de la vie, mais avant le moment de la reproduction, c'est-à-dire si l'on veut, non à la suite du dernier stade, mais entre le dernier et le précédent. C'est bien ainsi d'ailleurs que Darwin avait compris les choses. Or, si l'on remonte au Protozoaire se reproduisant par division, on voit que tous les stades se sont intercalés entre sa formation par division d'un individu antérieur et sa division en deux autres individus. Pendant tout ce temps, il n'a cessé d'être unicellulaire. Le dernier stade unicellulaire du Proto-
' On trouvera ces variantes aux Théo- (I'Erlsberg , H/ECKel , Orr, de Vries , rî'es ^éne'ra/es. Voyez en particulier celles Weismann.
ORIGINK DU SEXE.
zoaire ayant toujours été respecté et laissé à la fin de l'ontog-énèse , on voit que celle-ci doit se terminer par un stade unicellulaire qui est l'œuf.
Strasburger (84) accepte entièrement cette explication. Elle est cependant à notre avis bien spéculative.