HÉRÉDITÉ DES CARACTÈRES ACQUIS
Emery (93) imagine une substance nouvelle qui serait le facteur spécial (le la transmission des caractères acquis. A côté du Plasma gorminatif à structure hautement compliquée et tenant sous sa dépendance tous les phénomènes évolutifs créés par la phylogénèse de la race, se trouve une autre substance, beaucoup plus simple, le Zijmoplasma. Celui-ci est essentiellement constitué par des ferments ou des substances analogues qui sont mêlées au Plasma germinatif. Il se divise avec lui pendant l'ontogénèse et se répartit dans toutes les cellules de l'organisme. Ce zymoplasma incapable de rien faire à lui seul, exerce sur le Plasma germinatif, par voie chimique, une influence déterminée qui modifie dans une certaine mesure les phénomènes évolutifs auxquels celui-ci donne lieu. Les ferments du zymoplasma sont fabriqués par l'organisme, par le Soma pendant la vie, circulent dans le corps et viennent se mêler au Plasma germinatif- dans les cellules sexuelles. Les zymoplasma de plusieurs générations peuvent s'accumuler ainsi, mais pas celui d'un grand nomlire, car ces ferments ne sont pas liés à l'essence de l'organisme ; ils tendent sans cesse à s'éliminer et y arrivent toujours après quelques générations pour être remplacés par d'autres, formés de la même manière pendant la vie des individus. Au zymoplasma peuvent être attribués les phénomènes d'hérédité dus à l'alcoolisme, ceux d'épilepsie des Cochons d'Inde de Brown Sequard, etc. Ces derniers sont dûs sans doute par quelque substance fabriquée par le rein, puisque on a démontré que l'urine des épileptiques contenait des substances tétanisantes.
Tous les caractères acquis, du moins ceux qui se traduisent par une modification générale de l'organisme (ce qui exclut les mutilations) sont ainsi héréditaires par le moyen des ferments dont elles provoquent la formation.
Ces ferments vont se mêler au zymoplasma, le modifient et par contrecoup modifient le Plasma germinatif auquel il est mêlé. Les substances zymotiques engendrées par certaines maladies générales, telles que la scrofule et la syphilis et les substances purement chimiques qui sont simplement ingérées, comme l'alcool, se comportent comme ces ferments et produisent des effets semblables.
[Il peut y avoir du vrai dans cette conception, mais pour qu'elle explique vraiment la transmission des effels, il faut que ce zymoplasma se mul-
réversible la modification germinale ca- cisément identique à celle du Soma de pable de reproduire dans le Soma de la la génération précédente, qui l'a produite ■génération suivante une modification pré- elle-même.
THÉORIES PARTICULIÈRES
tiplie de lui-même dans Torg-anisme pendant Tontogénèse. Or autant cela est naturel pour une substance vivante comme le Plasma germinatif, autant cela est inadmissible pour de simples ferments chimiques.
[En donnant à ces ferments chimiques un nom qui rime avec protoplasma, Emery ne leur donne pas les propriétés de celui-ci. A fortiori cela est-il vrai pour l'alcool.
[Si donc le zymoplasma de l'œuf ne se multiplie pas dans l'organisme pour acquérir une masse suffisante à expliquer ses effets par une action directe sur les cellules, il faut que ses effets soient indirects et dus à son action sur le Plasma germinatif. Dès lors, la dificulté se retrouve tout entière; comment son action sur le Plasma germinatif est-elle précisément celle qui convient pour que la modification somatique soit réversible, c'est-à-dire se retrouve à la génération suivante, et sur des cellules tout autrement constituées que l'œuf, identique à ce qu'elle était, à la génération précédente, dans le plasma de l'œuf.
En somme, on a rarement tenté de relever le gant jeté par Weisraann et le petit nombre de ceux qui y ont essayé n'y ont j)as réussi.