XIII. THÉORIES SUR LES CARACTÈRES LATENTS
On trouvera dans la plupart des Théories générales * des explications de la latence des caractères. Presque toutes reposent sur cette idée, que ces caractères sont représentés sous une forme complète dans le Plasma germinatif, mais, pour des raisons diverses, sont empêchés de se montrer. Darwin (80) est le premier qui ait conçu cette idée et Strasburger (84) le premier qui lui ait donné une forme anatomique précise en constatant que chaque sexe fournit au produit toute la chromatine de son noyau et, par conséquent, tous les caractères dont elle est le véhicule. Si donc certains de ces caractères ne s'expriment pas, ce qui arrive certainement au moins pour ceux d'un sexe, c'est qu'ils restent latents.
Je ferai remarquer cependant que, pour ceux qui admettent la continuité du Plasma germinatif, cette conclusion ne s'impose pas; car, lorsque ce plasma se dédouble, au commencement de l'ontogénèse, il n'est pas impossible cjue certains caractères passent dans la partie réservée pour la génération suivante et soient exclus de la partie employée
' Voyez en particulier celles de Darwin, N.egeli, Weismann.
TÉLÉGONIE.
pour former le soma de la génération actuelle, en sorte que ces caractères auront été transmis directement du grand-père au petit-fils sans passer par le père.
Galton (V. la Théorie générale de cet auteur) a même poussé beaucoup plus loin cette manière de voir.
Elle suppose, il est Vrai, que la division qui sépare le Plasma germinatif de la génération suivante est quelque peu hétérogène, ce que n'admettent pas les partisans purs de la continuité de ce plasma.