Chapitre II. — PHYSIOLOGIE DE LA CELLULE
La cellule travaille, elle se nourrit, elle sy? divise. Sa vie se résume dans ces trois fonctions essentielles dont les autres ne sont que des cas particuliers.
1° Elle travaille, c'est-à-dire qu'elle fabrique continuellement des substances nouvelles aux dépens de celles qui la constituent à l'état de repos. Ces substances sont toujours, sinon individuellement, du moins dans leur ensemble, plus oxydées que celles dont elles dérivent '. Aussi pour les fournir doit-elle consommer de l'oxygène qui lui est fourni
' C'est aussi Tacide nucléique qui fixe les couleurs d'aniline dans le noyau.
En opposition avec la théorie exposée ici, il faut faire remarquer que H. Fol (84) attribue au noyau et en particulier à la nucléine une réaction basique en faisant remarquer que, lorsqu'on la traite par une couleur qui change de teinte selon qu'elle est acide ou basique, elle donne à cette couleur sa teinte basique. Ainsi elle se teinte en vert par la matière colorante du chou rouge qui est une des substances les plus sensibles à ce genre de réaction. Nous ferons ici la même réserve qu'à la fin de la note de l'a page 49. Il y a dans le noyau des substances vraiment basiques, ce sont les globulines en solution dans le suc nucléaire.
qui peuvent bien donner au noyau coloré in toto les caractères d'un corps basique.
Metschnikof (89) a montré, par l'emploi du tournesol , que le cytoplasma est alcalin chez certains Protozoaires, mais que les vacuoles alimentaires contiennent une sécrétion acide.
Ce résultat a été confirmé par Le Dan-
TEC (91).
Cela n'est vrai d'une façon absolue que pour la cellule vivant isolée. Dans les tissus des animaux supérieurs, il peut se faire, que certaines cellules ne travaillent qu'en réactions réductrices ou indifférentes et puissent se passer d'oxygène libre. Mais alors la proposition reste vraie pour l'ensemble des sécrétions et excrétions de l'économie.
PHYSIOLOGIE DE LA CELLl LE
par la Respiration ; et, bien que les choses se passent en réalité tout autrement, le résultat final est le même que si ces produits pro\'enaient d'une oxydation directe du protoplasma. Ces réactions chimiques développent de la chaleur et par conséquent mettent en lilierté une ceiiaine quantité de force vive qui se dépense sous la forme de travail physique, c'est-à-dire de mouvement : de là, la Motilité.
2° Mais la cellule n'est pas un simple appareil physique que les forces ne font que traverser et qui doit à chaque instant rendre à un bout toute l'énergie qu'il a reçue par l'autre; elle est vivante et emmagasine les énergies qui lui sont fournies pour les dépenser irrégulièrement et selon qu'elle est sollicitée à le faire par les diverses excitations : d'où Y Excitabilité .
3° En fournissant les produits de son industrie, la cellule a, soit dépensé in toto, soit modifié dans sa composition une partie de son protoplasma ; elle s'est méc : c'est la Désassimilation . Elle doit donc emprunter aux liquides alimentaires qui la baignent de cjuoi refaire sa substance, de quoi se reconstituer dans son état initial. Mais ces aliments ne sont pas formés de substances pareilles à celles qu'elles doivent remplacer; il leur faut subir une transformation qui les rende semblab'les à elles : c'est ce qu'exprime admirablement le mot Assimilation. Unie à la fonction précédente elle constitue la Nutrition^.
4-° On pourrait concevoir un organisme qui accomplirait indéfiniment la série de phénomènes que nous venons d'énumérer, car ils constituent un cycle fermé, à la seule condition que l'assimilation soit justement égale à la désassimilation. En fait cela n'a jamais lieu. Toujours l'assimilation l'emporte et il en résulte V Accroissement.
Enfin comme la cellule a cette propriété générale et absolue de tous les organismes vivants d'avoir une limite de taille, elle doit, après s'être accrue au delà d'un certain degré, se réduire par Division et aussi, après s'être réduite, reprendre sa taille primitive; en sorte cjue la Reproduc-
^ Les Anglais ont substitué à ces expressions si significatives : nutrition, assimilation, désassimilation, une terminologie <[ui a dù leur paraître bien belle car ils l'ont tous adoptée avec un empres.sement remarquable. C'est celle de Métabolisme, se divisant en Anabolisme et CataboHsme, évoquant le premier l'image d'une chose qui change, le second celle d'une chose
qui monte et se forme, le troisième celle d'une chose qui descend et se détruit. Autant valent sinon mieux les expressions anciennes, moins barbares d'abord et évoquant l'idée plus juste et plus frappante d'une chose qui se nourrit, qui fait semblables à sa substance des aliments de nature étrangère, et qui fabrique en se détruisant des produits non semblables à elle.
tion entraîne rAccroissement, comme l'Accroissement entraîne la Division.
Voilà comment toutes les propriétés et fonctions secondaires de la cellule se résument dans son cycle évolutif aux trois principales que nous avons données comme essentielles :
1° Travail comprenant : 1° fabrication de substances dont certaines sont oxydées et exigent la Respiration ; 2" \)vo(biciioi\ de Mouvements que provoque V Excitabilité et qui entraînent la Désassimilation ;
2° Assimilation réparant les pertes produites par le travail et dépassant le but de manière à produire \ Accroissement ;
3° Division à la fois cause et effet de Faccroissement.
Nous allons les étudier successivement.