III. MICROMÉRISME
L'idée d'attribuer la vie et la formation des organismes à la réunion de particules très petites de nature spéciale, douées de propriétés dépendant de leur constitution, réunies en nombre immense et groupées d'une façon particulière dans chaque espèce d'êtres et dans chaque organe de l'individu, est certainement très heureuse. La multiplicité des systèmes fondés sur cette conception, la haute valeur de quelques-uns d'entre eux, nous montrent combien elle est fertile; la chimie et l'histologie nous montrent qu'elle est vraisemlîlable, car elles arrivent séparément celle-ci à constater, celle-là à étalilir par induction, que toute substance morte ou vivante est, en effet, formée d'unités de divers ordres associées en groupes hiérarchisés : l'atome et les molécules plus ou moins complexes d'une part, et d'autre part les cellules et les organites intracellulaires.
Mais que sont ces particules? — C'est ici que l'imagination a le champ libre et nous allons voir qu'elle est la richesse de ses conceptions, richesse hélas proportionnelle à la pauvreté des faits positifs.