‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 166 sur 251 · THÉORIE 1)K HIS · texte numérisé non relu

THÉORIE 1)K HIS

dividu avec ceux de ses procréateurs; il n'y a pas à supposer que chaque partie du corps est représentée dans le germe par une particule définie, douée d'une puissance évolutive déterminée, qui doive la conduire à revêtir la forme qui lui convient. Il suffit que le germe, doué d'une constitution initiale déterminée, soit lancé une première fois dans la direction de développement convenable pour qu'il achève seul de parcourir la carrière. Les formes des organes se dessineront d'elles-mêmes, les caractères apparaîtront naturellement par le seul effet des variations combinées des vitesses d'accroissement aux différents stades en les différents points.

Pour rendre la chose plus claire, on peut comparer l'ontogénie au mouvement ondulatoire produit dans un bassin plein d'eau par des pierres qu'on y laisse tomber. La première pierre produit un système de vagues qui se développent suivant \mc loi simple. La seconde développera de nouvelles vagues qui se croiseront avec les premières réfléchies par les parois et interféreront avec elles ; les suivantes feront de même. Au bout d'un certain nombre de jets, la surface de l'eau aura pris une forme extrêmement compliquée, dépendant du lieu et du moment où sont tombées les pierres. La forme obtenue sera différente si, au lieu d'eau, le bassin contient de l'alcool ou de l'huile ou tout autre liquide, plus ou moins dense, plus ou moins visqueux que l'eau. Ce liquide représente le germe et les pierres représentent les centres d'accroissement à vitesse variée qui se produisent en lui pendant le développement. Mais, pour que la comparaison ait ({uelque justesse, il ne faut pas prendre de l'eau ou tout autre liquide homogène; il faut imaginer un liquide extrêmement complexe dont la densité , la viscosité et bien d'autres qualités encore varient à chaque instant dans les divers points de sa masse. Alors un seul jet de pierre pourra dessiner à sa surface des figures d'une complexité extrême.

On comprend que, quelle que soit la constitution du liquide, deux pierres semblables jetées au même point produirontdes dessins identiques, si chacune d'elles trouve le liquide au repos. Il n'y a donc pas à s'étonner que l'œuf d'une espèce animale, mis à incuber, développe un être ayant tous les caractères de cette espèce , car ces caractères sont le résultat d'actions mécaniques successives définies, dont chacune entraîne la suivante jusqu'au bout, sans qu'il soit nécessaire d'invoquer une influence continue de l'organisation des parents ou ancêtres sur celle du produit

' Le problème ne serait pas aussi simple si les caractères acquis étaient liéréditaires. Mais ils ne le sont pas. Il ne faut

pas confondre avec ces caractères acquis, dont la transmission serait inexplicable, ceux qui proviennent de particularités

LES THÉORIES GÉNÉRALES

La comparaison du développement avec un mouvement ondulatoire, s'étend à la phylogénie. La succession généalogique des formes individuelles peut être représentée par une série de vagues. Chaque vague correspond à un individu. Dans un espace pas trop étendu, les vagues se ressemblent, sans être identiques cependant, ce qui laisse place à la variation individuelle causée par la diversité des influences extérieures qui agissent sur les germes pendant leur développement. Mais deux vagues séparées par un espace suffisamment étendu, diffèrent par autre chose que des différences superficielles et leurs différences sont l'image de celles qui distinguent les espèces appartenant à une même lignée généalogique.

En somme, l'Hérédité peut être définie : La transmission d'une forme particulière de mouvement.

Comme dans celle de H^ckel, il y a deux parties distinctes dans la théorie de His : une explication de l'Ontogénèse et une hypothèse sur l'Hérédité. His admet que l'œuf fécondé est simplement une substance hétérogène de constitution déterminée. Chaque point correspond à une partie déterminée de l'organisme futur et possède, à titre de propxùété individuelle, une tendance à s'accroître avec des vitesses variées selon les moments de l'ontogénèse, d'après un rythme compliqué et déterminé d'avance dans ses moindres variations. C'est là une idée lumineuse et. avec cette simple hypothèse, His nous conduit, sans rencontrer d'obstacles, de l'œuf, simple masse sphérique, jusqu'à l'organisme développé avec ses infinis détails de structure.

C'est là le premier point, c'est la partie solide de lalhéorie^

attribuables au germe, comme la sexdigitation, ou ceux sur lesquels opère la Sélection naturelle ou artificielle.

' [Cependant il y a quelques remarques à faire sur cette explication de l'Ontogenèse. His fait jouer un trop grand rôle aux tensions de voisinage dans la formation des replis. Dans la plupart des cas, la forme des parties est due uniquement aux vitesses d'accroissement. Quand se forment les bourgeons de la face, les doigts, etc, aucune pression extérieure ne détermine

le nombre, la forme; la direction de ces saillies. Il en est de même pour tous les bourgeons pleins. La plupart des replis sont dans le même cas, l'allantoïde se réfléchit, il est vrai, contre la face interne de l'amnios, mais elle n'en a pas moins une forme déterminée avant de l'avoir atteint.

Certainement, la pression ou la traction des parties voisines joue un rôle bien moins important (jue la localisation de l'accroissement.

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