COPE
TSiéorie ilc la Ciiiétog:énèse et «le la Catagénèse.
Exposé.
On admet, en général, que les premières manifestations vitales du protoplasme à l'origine de la vie sur la terre ont été Yiii-itabilité et le mouvetnent, mais automatiques, sous la forme de réactions presque physiques, et que la conscience n'est venue que plus tard, lorsque l'organisation est devenue plus parfaite et plus compliquée. C'est le contraire qui est vrai.
La conscience est la première, la plus élémentaire manifestation de la vie. Mais toute manifestation vitale devient, par un fréquent usage, à la longue, inconsciente et tombe dans le domaine de l'automatisme. D'autre part, à mesure que les organismes se perfectionnent et que les anciennes acquisitions 46viennent inconscientes et automatiques, de nouvelles se montrent, conscientes et volontaires, et c'est ainsi que se fait le progrès de l'évolution physiologique. Chaque acquisition nouvelle finit par tomber au rang inférieur de l'automatisme et de l'inconscience, mais, à cet état, elle sert de plate-forme, plus élevée que la précédente, pour monter plus haut. Le phénomène général du processus est donc une spécialisation de l'énergie par métamorphose rétrograde à laquelle on peut donner un nom qui deviendra celui de la théorie : la Catagénèse. Ce processus est général et se rencontre aussi dans la nature inanimée où toute action physique ou chimique tend vers un état plus simple et plus stable que le précédent.
La vie a sans doute apparu sur la terre, comme l'admet Sir W. Thompson, par du protoplasma apporté des espaces interplanétaires par des météorites. Les plantes se sont formées de ce Protoplasma primitif par le développement d'une énergie chimique qui leur a permis de décomposer les matières carbonées et azotées du genre de l'ammoniaque et transformer ainsi
THÉORIE DE COPE
les substances chimiques mortes en substances vivantes végétales qui ont ainsi envahi, comme un incendie, la terre entière. Dès le début, tous ces phénomènes sont tombés dans le domaine de l'inconscient. D'autres masses protoplasmiques ont sans doute, au début et par hasard, mangé leurs semblables et, ayant trouvé là des sensations agréables, ont continué et s'en sont fait une habitude. L'énergie ne se dépensait pas tout entière dans la recherche et l'élaboration d'une alimentation si riche et si aisée ; elle a pu donner naissance à de nouvelles manifestations conscientes à mesure que les anciennes devenaient inconscientes.
Comme, d'autre part, en vertu de la théorie de la Cim'logénèse , c'est la fonction qui fait l'organe, il se trouve que l'évolution morphologique, elle aussi, repose sur la Catagénèse ^
[Quelques années plus tard, Cope (89) complète sa théorie en cherchant à rendre compte de la transmission des caractères acquis, qu'il croit être la base nécessaire de toute théorie de l'Évolution. Pour cela, il imagine une énergie spéciale, le Bathmisme (Bathmism) ou « localisation de la « force de croissance »].
Théorie du Bathmisme et de la Diplogénèse. Exposé.
Le Bathmisme n'a qu'une ressemblance éloignée avec la force de cristallisation, mais il est au fond de même nature. On peut le définir : « ce mode de mouvement des molécules du protoplasma vivant par lequel celui-ci s'organise en un tissu, en un poiut déterminé et non ailleurs ». La Plastidiile est l'unité organique matérielle et le Bathmisme est sa propriété essentielle.
Les efforts conscients de l'individu pour s'adapter se traduisent par un mouvement dans le protoplasma de ses cellules. Ce mouvement se transmet, par la nutrition et le système nerveux, au Plasma germinatif et produit une modification du mouvement antérieur des Plastidules de ce plasma. Cette modification constitue dans le Plasma germinatif le souvenir inconscient de la modification adaptative du corps. Le mouvement total des Plastidules du Plasma germinatif se compose des mouvements successifs
* Cette théorie est de Lamark, mais Fauteur (71) l'a conçue indépendamment.
LKS THÉORIES GÉXÉRALES.
qui leur ont été ainsi communiqués pendant l'évolution phylog'énétique de l'espèce ; il constitue donc une mémoire inconsciente de la Phylogénèse qui est la base du Batlimisme. Cette mémoire inconsciente ne difTère pas au fond de la mémoire consciente. Celle-ci est un arrangement moléculaire tel qu'il n'en puisse sortir qu'un mode donné de mouvement. Il en est de même pour la mémoire inconsciente du Bathmisme. Dans celui-ci, le mouvement produit est l'Évolution.
L'Évolution est lente parce que la modification adaptative ne se transmet que très atténuée au Plasma germinatif. Si le Soma acquiert A, le Plasma germinatif ne reçoit que a. Le Soma qui était S avant l'acquisition de A devient S -h « à la génération suivante au moment de la naissance. Mais ce Soma acquiert encore A et devient S + a -H A et le Plasma germinatif devient S H- 2 « et ainsi de suite. C'est cette double évolution parallèle du Plasma germinatif et du Soma qui constitue la Diplogénèse '.
[Il y a là quelques idées ingénieuses et profondément vraies. Il n'est pas douteux qu'une bonne partie du mécanisme physiologique des êtres vivants repose sur la transformation de phénomènes jadis difficiles à provoquer en phénomènes automatiques se produisant sous l'action des moindres excitations. Mais est-il besoin de faire remarquer que l'auteur ne nous apprend ni ce qu'est ce mode de mouvement merveilleux qui produit l'Évolution et dont les modifications engendrent les progrès de celle-ci, ni comment A engendrer, et non c'est-à-dire une modification non réversible? C'est là le vif de la question et Copk ne nous donne qu'un mot là où nous voudrions une explication.]