‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 172 sur 251 · BERTHOLD · texte numérisé non relu

BERTHOLD

Nous disions, en terminant la critique de la théorie de Hanstetn, que cet auteur avait posé le pro])lème de l'explication des phénomènes biologiques par les propriétés physico-chimiques des molécules du protoplasma, mais qu'il ne l'avait pas résolu.

Le système de Berthold peut être considéré comme une tentative de solution. L'auteur se place à peu près au même point de vue que Hanstein, mais il cherche à découvrir le jeu des forces moléculaires dans la production des phénomènes particuliers \

Exposé.

Nous avons fait connaître, dans la 2° partie de cet ouvrage, sa théorie de la structure de la cellule et des mouvements du protoplasma. Il nous suffira de quelques citations pour faire comprendre comment il étend sa conception aux phénomènes plus généraux de la Biologie.

« L'essence de l'organisme [dit-il, p. 81 et suivantes] ce qui le distingue si expressément de tout système mécanique inorganique non vivant, ne réside pas dans une structure moléculaire particulière, et il serait chimérique de chercher à pénétrer par cette voie dans la connaissance des phénomènes intimes de la vie. Le substratum vivant des organismes, le protoplasma, ne peut trouver ses caractères ni dans les propriétés physico-chimiques d'une substance unique, telle que l'albumine, bien que l'albumine se trouve dans tout protoplasma et ne puisse être formée que par lui; ni dans la manière dont il a acquis sa structure et son organisation, qui ne se distinguent en rien d'essentiel de celles d'une émulsion quelconque. Ce qui caractérise le protoplasma vivant, c'est la circulation de forces et de substances dont il est le siège ; ce qui est essentiel en lui, c'est que, par ses énergies chimiques propres, au milieu des substances et des énergies ambiantes qui agissent sur lui, il se maintient, s'accroit et se reproduit; c'est que, sous l'action de ces énergies chimiques se dégagent indéfiniment des forces ?7wlaires et moh'culaires dont la nature et l'intensité sont à chaque instant précisément celles qui conviennent pour im-

^ Berthold n'a pas la prétention d'é- la constitution de la cellule, et les moumettre une théorie générale embrassant vements du protoplasma, mais sa théorie toute la Biologie. Il n'étudie à fond que n'en a pas moins une portée générale.

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primer à l'organisme la forme appropriée et les mouvements nécessaires. »

Hérédité. — « La constitution du Protoplasma et ses propriétés étant ainsi définies, la manière dont on doit concevoir l'explication mécanique des phénomènes de l'Hérédité et de l'Adaptation ne saurait faire de doute pour un naturaliste à l'esprit lucide et logique. La formation des générations successives n'est, comme celle des différents stades du développement de l'individu, que le résultat de la production de substances qui s'engendrent successivement les unes les autres d'après les règles ordinaires de la chimie. L'Hérédité s'explique par le fait que, dans le laboratoire de l'organisme, les mêmes substances et les mêmes composés se reproduisent identiques en qualité et quantité suivant une périodicité régulière. Mais cela ne suffirait pas cependant, car nous avons vu que dans l'organisation du protoplasma le développement progressif de ses | différentes parties avait joué un grand rôle. Deux protoplasmas de cons- j titution identique sous le rapport de la qualité et de la quantité des substances qui les composent peuvent être construits très différemment, selon que la différenciation de leurs parties déterminée par une suite d'actions chimiques a suivi une marche ou une autre.

« Les substances qui entrent dans la composition d'un œuf animal ou végétal se grouperaient certainement, si on les mettait simultanément en présence, d'une toute autre façon qu'elles n'ont fait dans leur évolution progressive. » On peut exprimer cela en disant que : « le protoplasma actuel a une structure historique ». En somme, la succession rhythmique de phénomènes qui constituent l'évolution des générations aussi bien que des individus n'est que l'expression et le résultat des réactions chimiques dont le protoplasma est le siège. Grâce au concours des conditions ambiantes, chaque phénomène chimique entraine le suivant, et provoque en même temps les modifications de forme et de propriété physiologiques qui apparaissent à ce stade du cycle évolutif.

Critique.

En ce qui concerne la détermination de la structure de la symétrie de la cellule (v. p. 302), l'argumentation de Berthold est certainement très solide, et il est certain qu'une émulsion de particules non complètement solubles les unes dans les autres pourrait prendre la configuration que nous observons dans les cellules sans le secours d'autres forces que celles invoquées par l'auteur. Il y a, il est vrai, dans le protoplasma, des fibres et

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