‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 187 sur 251 · THÉORIE DE O. HERTWIG · texte numérisé non relu

THÉORIE DE O. HERTWIG

rence, puisque leurs noyaux sont identiques et que des noyaux seuls part rininiative de l'évolution. N.egem avait cherché à trouver une raison aux états de tension et de relâchement qui remplacent, dans son système, la situation cellulaire ou nucléaire des Pangènes dans celui de DE Vries. 11 n'était pas arrivé, comme nous l'avons vu, à une explication satisfaisante, mais au moins avait-il senti la nécessité de trouver une raison aux états de latence et d'activité.

De Vries ne semble pas avoir prévu l'objection.

Elle est capitale cependant, et tant qu'il n'y aura pas répondu , on est en droit de lui dire qu'il n'a rien expliqué. Il nous montre un orgue admirablement agencé où ne manque aucun tuyau, aucune touche et qui peut jouer les airs les plus variés, mais cela ne suffit pas pour que ces airs soient joués, il faut encore que les touches soient frappées dans un ordre et suivant un rythme convenables. Je veux bien que l'artiste animé ne soit pas nécessaire et qu'un mécanisme ingénieux puisse le remplacer. Mais encore faut-il décrire ce mécanisme et montrer qu'il est insuffisant.

OSCAR HERTWIG (1892-1894) Tliéorîe des Idioblastes.

Exposé.

Le protoplasma et en particulier la substance héréditaire contenue dans le noyau de l'œuf se compose de particules extrêmement petites que, en l'honneur de N.e&eli, nous nommerons les Idioblastes

Les Idioblastes ont la propriété die s'accroître et de se multiplier par division sans que cela change rien à leurs caractères

' [Les raisonsthéoriques (jue doiineHertwig de l'existence des Idioblastes sont si exactement semblables à celles que donne WiESXER (92) pour ses /'/asomesque je ne puis que renvoyer pour ce point à l'exposé de la doctrine de celui-ci. Sous le rapport de la conception en tant que particules initiales de la substance vivante, il n'y a aucune différence entre les Idioblastes et les Plasomes.]

2 Cette propriété suffit à elle seule à les distinguer des molécules chimiques et des

unités hypothétiques purement moléticulaires comme les Pla-ftidules par exemple. En effet, la molécule chimique est essentiellement fixe, immuable dans son volume et dans sa masse. On ne saurait ni lui enlever ni lui ajouter un groupe quelconque d'atomes sans aussitôt modifier radicalement sa nature et ses propriétés.

Les Idioblastes sont donc des groupes moléculaires, de nature d'ailleurs in connue.

Les Idioblastes sont d'espèces très diverses chez un même individu.

Us sont les facteurs des propriétés élémentaires des cellules et les propriétés d'ensemble de celles-ci résultent de la présence en elles de tous les Idioblastes représentant les propriétés élémentaires en lesquelles leurs propriétés d'ensemble peuvent se décomposer

Dans la fécondation, les Idioblastes homologues, paternels et maternels, se réunissent et, au lieu de se juxtaposer simplement, se fusionnent en Idioblastes mixtes, dans lesquels les parties paternelle et maternelle peuvent être équivalentes ou l'emporter l'une sur l'autre. Ainsi s'expliquent sans difficulté les caractères du produit qui peut être intermédiaire aux deux parents ou ressembler davantage à l'un des deux.

Les choses étant ainsi comprises, la difficulté qu'éprouve Weismann avec le nombre toujours croissant des Plasmas ancestraux se trouve écartée sans qu'il soit besoin d'avoir recours à la division réductrice. Le rôle de celle-ci est tout autre

D'après Weismann (92), qui admet, lui aussi, que la substance héréditaire est composée, dans l'œuf fécondé, des particules représentatives des caractères et propriétés de l'être futur, les divisions ontogénétiques seraient au moins en partie hétérogènes; chaque cellule recevrait uniquement les Idioblastes dont elle a besoin pour ses propriétés et pour celles des cellules de sa lignée descendante. C'est tout autrement qu'il faut comprendre les choses. Il n'y a que des divisions homogènes et toute cellule reçoit à sa naissance un échantillon complet de toutes les sortes d ldioblastes caractéristiques de l'individu. Et même, chaque sorte d'Idioblastes est représentée par plusieurs échantillons identiques 3.

Dès lors, les phénomènes de Régénération, de Bourgeonnement et la Reproduction sexuelle ou asexuelle s'expliquent sans difficulté, puisque toute cellule contient toutes les sortes de germes présentes dans l'individu tout entier.

La seule difficulté est de comprendre comment les cellules, ayant toutes tous les germes, arrivent à se spécialiser dans des sens différents.

' Hertwig renouvelle ici pour bien faire saisir son idée la comparaison avec les lettres de l'alphabet ou les notes de musique qui, bien qu'en petit nombre, permettent par leurs combinaisons variées des mots et des phrases, des accords et des mélodies en nombre presque illimité.

^ [Il a été expliqué ailleurs. Voyez la théorie des globules polaires.]

* Cela est d'autant plus naturel qu'ils se reproduisent sans cesse par division. A chaque division, la cellule mère double le nombre de ses Idioblastes et en donne à chacune de ses filles un lot identique et complet.

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