‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 207 sur 251 · FORMATION DES PRODUITS SEXUELS · texte numérisé non relu

FORMATION DES PRODUITS SEXUELS

germinatif n'est pas fondamentalement distinct du Plasma somatique, qu'il n'est que du plasma de l'œuf, peu modilié et capable de retrouver sa forme primitive par le progrès de l'évolution. D'autant que cette manière de voir ne heurte aucun fait, n'est passible d'aucune objection théorique et explique tout aussi bien que l'autre la présence, dans les éléments reproducteurs, des propriétés dont ils ont besoin.

Qu'elle ne heurte point les faits, cela va de soi, puisqu'elle est leur expression même. Mais il est moins évident qu'elle soit à l'abri de toute objection théorique. Weismann, en effet, déclare impossible que le Plasma germinatif recouvre, s'il l'avait une fois perdue, sa constitution initiale.

11 aurait raison si le Plasma germinatif était réellement constitué, comme il le croit, de Biophores, de Déterminants et d'Ides. Pour les Déterminants en particulier, il est clair que, si l'un d'eux est éliminé, il ne pourra jamais reparaître; et, comme la Différenciation ontogénétique repose uniquement, selon lui, sur l'élimination progressive de Déterminants, on ne peut nier que toute cellule qui ne contient pas par avance du Plasma germinatif est radicalement impuissante à en former avec son Plasma somatique.

Mais, puisque la constitution susdite du Plasma germinatif n'est pas réelle, l'objection perd toute sa valeur.

L'œuf, avons-nous vu, doit être considéré comme formé de masses protoplasmiques incluses les unes dans les autres ou juxtaposées et douées chacune d'une constitution chimique déterminée. L'œuf vit, il absorbe et excrète comme toutes les autres cellules, sa constitution subit donc des changements incessants et cependant elle se maintient en somme identique à elle-même. Le Plasma germinatif n'est donc pas un noli me tangere si délicat; il peut subir des modifications et se retrouver identique à lui-même après un évolution cyclique. Les proportions de ses substances peuvent varier sans que la modification ainsi produite soit indélébile. L'alcool, les substances médicamenteuses ou les toxines microbiennes affectent profondément les cellules de certains tissus et changent non seulement leur constitution chimique et leurs propriétés, mais, par leur action morphogène, influent parfois sur leurs caractères physiques, et cependant, quand ces substances sont éliminées elles ne laissent souvent aucune trace de leur passage. Il n'est donc pas impossible que les cellules des lignées germinales présentent un degré plus ou moins avancé de différenciation et restent cependantes capables de reformer les éléments sexuels.

LA THÉORIE DES CAUSES ACTUELLES

Nous avons vu que la différenciation portait d'abord sur le cytoplasma tandis que le noyau restait longtemps identique à lui-même et n'était modifié que par contre coup et par l'intermédiaire du cytoplasme. Donc tout noyau , au moins au début de l'ontogenèse , est un noyau de cellule sexuelle et, si l'on pouvait sans rien altérer, substituer au noyau de l'œuf celui d'une cellule embryonnaire quelconque, on verrait sans doute cet œuf se développer sans changement K

Les œufs ne sont donc, comme dès 1864 l'affirmait H. Milne Edwards, que des cellules non différenciées, et nous ajouterons, ou 'peu différenciées, et capables de faire retour à leur état initial ^.

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