IX. LA MORTALITÉ DU CORPS ET L'IMMORTALITÉ DU GERME
Nous avons vu, en étudiant les Théories part iciilirres et les généra/es, quelles nombreuses causes on a invoquées pour expliquer la différence
' On pourrait objecter à cela que , si petite que soit la différenciation cytoplasmique, elle doit retentir sur le noyau et le modifier quelque peu. Cela est possible. La seule chose à laquelle je tiens c'est que, dans chaque division hétérogène, ce qui est hétérogène, c'est seulement la division du cytoplasme et que la différenciation nucléaire n'est jamais ni primitive, ni contemporaine de la division. Cela ne serait pas vrai si les choses se passaient généralement comme dans YAscaris megalocephala où Boveri a vu que les bouts des chromosomes étaient éliminés dans toutes les cellules sauf une qui, à chaque division garde le chromosome complet tandis que la cellule sœur est éliminée en partie ("V. p. 180 et suiv.). Mais on ne sait si les cellules qui restent complètes sont bien celles de la lignée sexuelle, ni surtout si ce phénomène a quelque généralité; s'il est limité à YAscaris^ il n'a évidemment aucune signification importante. Si des observations ultérieures montraient qu'il est général, cela indiquerait que les noyaux des cellules sexuelles dilî'ôrent en quelque chose de ceux des cellules
somatiques. Cela d'ailleurs ne nous embarrasserait en aucune manière, car nous n'avons admis l'hypothèse inverse que pour nous conformer aux faits, et aucune de nos théories n'est liée à elle plutôt qu'à l'autre. D'ailleurs il faut bien remarquer que les observations de Boveri ne donnent aucun appui à la théorie de Weismann. Toutes les cellules somatiques qui se détachent successivement de la lignée sexuelle éliminent les mêmes bouts de chromosome, en sorte que cela n'établit entre elles aucune différence initiale; d'autre part, cette élimination ne se continue pas dans les cellules somatiques, en sorte qu'il n'y a pas là un processus qui puisse conduire à une diff'érenciation progressive, par éliminalion successive de tous les Déterminants à l'exception de ceux qui doivent rester dans les cellules définitives.
- Dans tout ce qui précède et dans tout ce qui suit, nous disons œuf pour cellule sexuelle et tout ce que nous disons de lui s'applique aussi au spermatozo'ide. Quand, par hasard, il s'agira de l'œuf seul, le lecteur saura bien le deviner.