‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 47 sur 251 · LA PARTHÉNOGENÈSE · texte numérisé non relu

LA PARTHÉNOGENÈSE

se produit à la volonté de lanière pondeuse qui, tantôt féconde, tantôt ne féconde pas ses œufs, en ouvrant ou non sa poche copulatrice, et l'œuf produit alors une femelle dans le premier cas, un màle dans le second. C'est la Parthénogenèse focultative^ . Tantôt enfin la chose dépend des conditions ambiantes, principalement de la nourriture, de la température et de l'humidité. Tant que la nourriture est abondante et la température élevée , les Pucerons se reproduisent uniquement par femelles parthénog-énéticpies et l'on chercherait vainement un màle pendant celte période. Il en est de même des Daphnies et autres Crustacés voisins. Mais si le froid arrive, si les aliments se font rares, ou si, pour les Daphnies, les mares se dessèchent, ces mêmes femelles vierges pondent des œufs d'où sortent des mâles qui les fécondent. Comme ces variations sont principalement sous l'influence des saisons, on peut appeler Parthénogenèse saisonnière celle qui revêt cette forme'. Enfin il est quelques

(les chenilles parfaitement normales. Mais par contre chez les Grenouilles et les Oiseaux où on observe parfois un commencement de développement sans fécondation, ce développement s'arrête toujours de bonne heure. Les manipulations expérimentales qui parfois déterminent un développement ■ parthénogénétique plus ou moins complet consistent en l'application d'agents excitants tels que le brossage des œufs (Ticiiomiroff chez le Ver à soie) ou leur immersion momentanée dans de l'eau additionnée d'acide sulfurique (Id. Ibid.) ou de sublimé (DewiTS chez la Grenouille). Ces expériences sont peu probantes, car ces œufs étant susceptibles de parthénogenèse spontanée, on ne sait jamais positivement si l'intervention a ajouté quelque chose à ce qui se serait passé sans elle. Cependant, comme la proportion de développements parthénogénétiques est plus forte dans les lots ainsi traités, on est autorisé à dire que l'excitation a eu une influence réelle.

' Rappelons que chez les Abeilles la reine tfest fécondée qu'une fois dans le vol nuptial et reçoit alors, dans sa poche copulatrice, une provision de sperme qui lui servira pendant les quatre ou cinq ans de son règne. A volonté, au moment du pas-

sage des œufs, elle ouvre sa poche copulatrice et en expulse une petite goutte de sperme, ou la maintient fermée et produit alors des œufs non fécondés qui donnent exclusivement des mâles.

^ Les œufs parthénogénétiques des Pucerons, des Daphnies et des formes affines, par leur grand nombre, leur taille moindre, leur cytoplasma très pauvre en protolécithe , leur membrane mince et transparente, et leur développement immédiat, se distinguent des œufs ordinaires qui sont au contraire peu nombreux, très gros, très gras, protégés par une coque solide et opaque, et ont un développement tardif. Ceux-ci passent souvent l'hiver et n'éclosent qu'au printemps suivant, tandis que les premiers éclosent dans l'été de l'année où ils sont pondus, d'où les noms d'œw/s d'hiver et dCceiifs d\Hè qui ont été aussi donnés à ces deux sortes.

Ce sont si bien les conditions dont nous parlons qui décident de la nature des œufs que l'on peut, à volonté, en les modifiant, faire apparaître des œufs d'hiver en été, ou continuer pendant des années la série des générations parthénogénétiques.

On l'a fait pour les Pucerons. Chez eux, le cycle des générations parthénogénétiques et amphimixiques suit régulière-

LES FAITS

cas de Partkénogénèse exclusive, c'est-à-dire dans lesquels la race se perpétue indéliniment sans mâles, par femelles parthénogénétiques. C'est le cas pour quelques Rotifères et Ostracodes, et pour une des rares plantes parthénogénétiques, une Algue, la Cliara nilida^.

Ces faits sont intéressants en montrant que la Parthénogénèse pas plus que la Génération sexuelle ou l'Auto-fécondation n'aboutit fatalement à la dégénérescence de la race et que l'Amphinixie n'est pas une nécessité absolue des organismes. (V. la note de la page 24-8, à lafm.)

La reproduction parthénogénétique se fait d'ordinaire comme les autres par les adultes mais, comme les autres aussi, elle s'efl'ectue parfois par des larves. C'est alors la Pœdo-parthénogénèse dont les Cecidomya et les Chironomus nous otfrent des exemples.

Quelle est la condition qui fait que certains œufs peuvent, à l'inverse des autres, se développer sans fécondation?

On a cru un moment la connaître le jour où Weismann (87) découvrit que les œufs parthénogénétiques ont un seul globule polaire au lieu de deux et par conséquent n'ont pas subi la division réductrice. Nous verrons, en étudiant les théories de la Parthénogénèse, comment Weismann trouvait là non seulement la condition de fait, mais f explication du développement sans mâle. Même on avait signalé un fait qui rendait bien plus probante la nécessité de cette condition. Boveri (87), 0. Hertwig (90) avaient observé ce fait dans des conditions pathologiques expérimentales chez des animaux qui normalement ne se reproduisent pas sans fécondation et Brauer (93) l'a retrouvé, chose beaucoup plus significative, à titre de phénomène normal, chez un petit Crustacé qui se reproduit naturellement sans fécondation, V Artemia salina. Ce fait consiste en ce que le deuxième globule polaire se forme, se détache presque ducytoplasma, puis, au lieu d'achever de s'en séparer, rentre dans l'œuf et son demi-noyau se refusionne avec le pronucleus femelle, dont il s'était séparé un instant, reconstituant ainsi la condition de l'œuf à un seul globule'.

ment le cours des saisons. Mais chez les Daphnies il est beaucoup moins régulier. On trouve quelques mâles presque en tout temps et le dessèchement des mares intervient d'une façon irrégulière.

' La Chara nitida est peut-être la seule plante où la parthénogénèse soit rigoureusement démontrée. On peut lui adjoindre cependant certaines Saprolégnées.

Mais en ce qui concerne les Phanérogames, les botanistes ont démontré que celles qui avaient paru se reproduire parthénogénétiquement comme le Cœlebogyne de la Nouvelle-Hollande, ne font en réalité que se multiplier asexuellement par des cellules qui n'ont pas les caractères de vrais œufs.

-Ruckert(94) croit que, chezlesirimia.

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