‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 5 sur 251 · COMMUNICATIONS PROTOPLASMIQUES · texte numérisé non relu

COMMUNICATIONS PROTOPLASMIQUES

ne contient en elle l'explication de ses propriétés. C'est clans la substance d'apparence homogène qui baigne les tiljrilles et les granules, qui forme le réseau et comble les espaces interalvéolaires que résident, aussi bien que dans les parties figurées, les propriétés essentielles de la substance vivante. Les fibrilles, granules, aréoles ou alvéoles ne sont sans doute que des difTérenciations locales, des condensations de substance, des particularités de disposition, utiles évidemment, mais qui ne contiennent pas en elles seules la raison mécanique ou physiologique des phénomènes vita,ux.

Communications protoplasmiques. — Chez beaucoup de plantes et chez quelques animaux, on a constaté que les cellules ne sont pas seulement en contact, mais qu'elles communiquent entre elles par des prolongements cytoplasmiques qui s'étendent de l'une à l'autre. Il ne s'agit pas ici seulement des cellules nues constituant le corps de quelques organismes inférieurs comme les Myxomycètes ou certains Rhizopodes qui s'associent en un syncytium plus ou moins étendu; ces communications protoplasmiques^ comme on les a appelées, se rencontrent chez des plantes et des animaux même d'organisation élevée. Chez les premières, ce sont de fins filaments cytoplasmiques qui percent les membranes et vont se continuer avec ceux des cellules limitrophes, en sorte que toutes les cellules sont ainsi fusionnées en un vaste syncytium. Chez les Volvor, elles sont réduites à un seul filament, mais large et épais ; chez les animaux, on les a moins souvent observées. Cependant Sedgwick (86) les a trouvées chez le Péripate du Cap qui est une sorte de Myriapode très primitif et, dans une lettre à H. Spencer reproduite par celui-ci (93), il déclare les avoir rencontrées depuis, chez les Céphalopodes, les Poissons élasmobranches et les Oiseaux. Mais ce qui est surtout intéressant, c'est qu'il n'a pas trouvé ces communications seulement chez les adultes ; il a suivi leur mode de formation depuis l'œuf et constaté qu'elles sont primitives. Les deux cellules qui naissent de la segmentation de l'œuf ne se séparent pas complètement ; elles restent unies par des filaments protoplasmiques ; les deux cellules qui naissent de chacune de celles-ci se comportent de même et la chose continue ainsi indéfiniment. En sorte que pendant toute la vie de l'être, depuis le moment où il nait de l'œuf, toutes ses cellules restent toujours en communication entre elles par l'intermédiaire de leur partie vivante.

On n'a encore qu'un trop petit nombre d'observations de cette nature

LES FAITS

pour qu'il soit permis de géuéraliser sans hésitation, mais il faut reconnaître que c'est dans ce sens que se dessine la marche des découvertes ; et il ne serait pas étonnant que dans quelques années la communication protoplasmique de tous les éléments entre eux fit partie de la conception générale des êtres pluricellulaires.

Cette notion a une importance extrême. Dans la conception de l'être polycellulaire . elle substitue à l'idée de colonie d'éléments indépendants vivant chacun pour son compte, celle d'organisme composé, à individualité bien marquée, gagnant en unité tout ce que ses éléments constituants ont perdu en indépendance. Elle permettrait d'entrevoir une raison mécanique à des phénomènes jusqu'ici presque incompréhensibles, que nous étudierons sous les noms de Corrélation organique, Télégonie, etc., et d'expliquer peut-être Y Hérédité des caractères acquis. Mais il faut reconnaître qu'elle n'est pas démontrée, au moins comme fait général. Il semble même difficile d'admettre que, dans certains tissus comme le cartilage, par exemple, il puisse y avoir des communications protoplasmiques qui traverseraient la suljstance hyaline et n'auraient pas été vues'.

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