AGE AUQUEL APPARAISSENT LES CARACTÈRES
Bien connu est le cas de Lislet-Geolfroy, lils d'un Blanc et d'une Négresse très bornée. Par le physique il était entièrement Nègre, mais son cerveau était celui d'un Blanc : il devint ingénieur et, seul de sa couleur, membre correspondant de l'Académie des Sciences.
Certains auteurs croient que les caractères hérités se juxtaposent dans le produit plus ou moins intimement sans se fusionner. Galton (75) va jusqu'à dire que la peau du mulâtre doit être considérée comme une mosaïque à éléments microscopiques de peau noire et de peau blanche. C'est évidemment forcer les choses. Cela parait dépendre des caractères.
Tous les caractères peuvent se fusionner. Tantôt ils se fusionnent, tantôt ils restent indépendants, non selon leur nature , mais selon les rapports de leurs parents. La fusion est la règle chez les hybrides, la séparation chez les métis; chez les produits de race pure le résultat est variable.
Ces exemples appartiennent à la génération croisée ; mais il en existe d'aussi frappants dans les races pures. On a souvent signalé des enfants qui avaient un œil bleu comme l'un de leurs parents, et l'autre noir ou gris comme leur second parent , et tout le monde a pu observer chez des enfants que le front, le nez, la bouche ou tel autre trait venait du père, par exemple, quand tous les autres rappelaient la mère. En somme : Il y a à la foin indépendance et corrélation, ni tune ni r autre ne sont absolues et aucune règle ne nous permet pour le moment de dire quand et comment l'une ou l'autre se manifeste.
Tous les caractères peuvent se fondre ou rester distincts en se juxtaposant et cela dépend de conditions étrangères à leur nature.
k. AGE AUQUEL APPARAISSENT LES CARACTÈRES TRANSMIS.
Le caractère hérité apparaît en général au même âge chez le descendant que chez le parent. H^ckel a fait de cela sa Loi de r Hérédité homochrone . S'il ne s'agissait que de caractères liés à l'âge ou à l'évolution comme la barbe, les cornes, le bec de lièvre, il n'y aurait pas là l'indication d'une tendance spéciale. Mais cet homochronisme se vérifie pour des caractères qui sembleraient pouvoir être hérités à tout âge. Certains pigeons revê-
fortement asymétrique. Une pouliche côté le lacrymal paternel fortement déanglo-percheronne d'une ferme de la primé, de l'autre le lacrymal bombé de famille de Gontaut-Biron avait d'un sa mère.
LES FAITS
tent seulement à la 4® ou 5^ mue la couleur qu'ont eue leurs parents au même âge. Mais cette indépendance entre l'àg-e et le caractère n'est peutêtre qu'apparente. Un enfant ne peut devenir ni fou, ni dipsomane : cela est lié à l'évolution de son cerveau, comme la barbe à celle de ses organes g-énitaux. Il est possible qu'il en soit de même pour la tendance à l'obésité, au suicide et pour les plumes des Pigeons cités plus haut.
Il semble y avoir là plutôt la combinaison d'une loi évolutive et des lois ordinaires de l'Hérédité que l'effet d'une loi spéciale nouvelle. D'ailleurs lorsque le caractère est peu sous la dépendance de l'évolution, la loi ne se vérifie pas rigoureusement : il y a tendance à l'anticipation, d'où l'on tire une seconde loi correctrice de la première.