ÉTATS TRANSITOIRES DES PARENTS
ce qui est des cas d'ivresse, plusieurs observations ont été rapportées d'après lesquelles les enfants conçus dans cet état seraient affectés de tares diverses. Ces observations sont rarement authentiques, car le jour précis de la conception est souvent ignoré et lorsque, plus tard, on cherche l'explication des tares de l'enfant, l'imagination peut jouer un rôle comme dans les commémoratifs des envies des femmes enceintes'.
En somme : L'influence des conditions transitoires des parents au moment de la conception sur l'enfant nest pas suffisamment établie. Les états de l'esprit paraissent n'en avoir aucune; pour les dispositions de santé, on ne sait rien de précis; l'état d' intoxication par V alcool, en a
' Lucas (50) rapporte le fait suivant observé par Faléria de Hilden. Une dame de Cologne, jeune, robuste, bien portante, enceinte de son premier enfant, est témoin d'une crise d epilepsie qui l'épouvante. Son enfant né à terme est atteint d'épilepsie et en meurt à un an. Tous les autres enfants de cette femme en furent indemnes. On a le droit de se demander si les convulsions dont mourut cet enfant étaient bien de nature épileptique.
Mais voici un autre cas plus remarquable encore, cité par le même auteur. Un homme a eu pendant deux ans de sa vie des crises d'épilepsie. Un enfant né avant cette période et trois nés après sont indemnes. Deux nés pendant la maladie sont épileptiques. L'imitation ne peut être ici invoquée, car elle eût eu plus d'influence sur le premier enfant, mieux en âge d'être épouvanté par les crises, que sur les deux suivants qui avaient, au plus l'un deux ans, l'autre un an au moment de la dernière attaque. Il faut remarquer en outre que le diagnostic précis n'a pas ici le même intérêt que dans le cas précédent. 11 suffit que les convulsions du pére et des deux enfants soient de même nature.
En compulsant les observations des effets de l'ivresse des parents au moment du coït, on n'en trouve en somme qu'un tout petit nombre qui soient véritablement satisfaisantes, au point de vue de la certitude des commémoratifs, toujours
un peu délicats à établir, et de l'élimination des autres causes d'hérédité. Ces observations montrent une assez grande ressemblance entre les effets de l'ivresse passagère et ceux de l'alcoolisme chronique. Cette influence de l'état d'ivresse s'explique d'ailleurs tout naturellement par l'action de l'alcool dont le sang est chargé sur les produits sexuels. Il n'y a point là d'action mystérieuse comme dans la transmission des caractères acquis.
La plupart des médecins l'admettent :
EsQuiROL, Seguin, Morel, Lucas, Dé- JERiNE, DE QuATREFAGES (qui en cite un cas dans son livre V Unité de l'espèce humaine), Lasègue, etc. Elle paraît donc bien certaine, mais il ne s'agit là d'hérédité que d'une manière bien détournée, car il n'y a guère de ressemblance entre l'état d'excitation ou d'hébétude des parents et les malformations et tares intellectuelles des enfants.
Ici encore, ce qui doit frapper, c'est que le système organique atteint est le même chez les parents et le produit :
le système nerveux.
De Candolle, Lucas et bien d'autres croient aussi à l'influence de l'état passager de la santé des parents, mais ici on ne montre qu'une vague influence générale, sans ressemblance aucune entre l'état des parents et celui de l'enfant. C'est une question de pathologie de la reproduction et non d'hérédité.
LES FAITS
peut-être une, mais elle n'est pas démontrée par des observations suffisamment nombreuses et irrécusables.