‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 92 sur 251 · UNIONS CONSANGUINES · texte numérisé non relu

UNIONS CONSANGUINES

dans une famille, et que la même tare a beaucoup de chances de se rencontrer dans deux époux proches parents, il s'ensuit que, pris en bloc, les mariages consanguins doivent avoir des inconvénients, que

ment de celle des asiles de sourds-muets. Or la proportion des unions consanguines est de 1, 5 % à Londres, 2 % dans les grandes villes, 2,22 o/o dans les campagnes, 3,59é dans la classe riche, 4,5 9é dans la noblesse. Mettant même de côté les sourds-muets dont l'infirmité est, comme nous l'avons vu, très peu héréditaire, on voit que la consanguinité n'a guère d'influence sur l'aliénation mentale; et, si l'on mettait de côté les produits d'époux consanguins appartenant à des familles où règne quelque tare psychologique, on trouverait sans doute que l'influence de la consanguinité seule est tout à fait nulle.

Dans tous les exemples historiques que l'on se plaît à citer, la tare se perpétue grâce à la consanguinité, mais rien ne prouve qu'elle soit créée par elle.

Darwina fait remarquer quelesplantes fécondées par leur propre pollen donnent moins de graines, et qu'on relève à la fois leur fertilité et la vigueur des produits en faisant intervenir un pollen étranger.

Nous savons aussi que les organes reproducteurs sont, le plus souvent, disposés pour empêcher l'auto-fécondation. Cela ne prouve pas que la consanguinité soit fâcheuse en elle-même, mais qu'indirectement elle peut devenir nuisible en laissant s'accumuler les variations fâcheuses que le mélange des Plasmas germinatifs corrige les unes par les autres.

De nombreux exemples montrent que, lorsque les parents sont exempts de tares, les unions les plus rapprochées sont plus avantageuses que nuisibles. Sanson (93) en cite des exemples démonstratifs.

Un des plus beaux troupeaux de la race Durham a pour origine l'union d'un taureau avec sa mère ou ses sœurs et avec 5 ou 6 générations de ses filles et petites-

filles. Dans les petits troupeaux d'Auvergne et de Bretagne un seul taureau féconde les femelles du troupeau qui sont toutes ses sœurs, ses filles ou ses tantes : la race ne dégénère en rien cependant. Le D'' Bourgeois a publié une étude approfondie de sa propre famiUç, issue en 1729 d'un mariage consanguin. Après 130 ans d'existence, sur 91 unions, elle en comptait 68 consanguines dont 16 à consanguinité accumulée. Dans les 23 unions non consanguines, la mortalité des enfants au-dessous de 7 ans était de 15 %, dans les consanguines de 12 o/o seulement. Les seuls vices observés sur 416 membres étaient 2 épilepsies dont 1 accidentelle, 1 imbécillité, 1 aliénation mentale accidentelle, 2 phtisies, 1 scrofule, venant du parent non consanguin. Aucune de ces tares n'appartenait à 6 mariages quadruplement consanguins.

D'après Voisin, la commune de Batz, où la consanguinité est la règle, se distingue par la vigueur et la beauté de ses habitants et les tares imputées à la con.sanguinité y sont inconnues.

Enfin chez les animaux, je ne sache pas que l'auto-fécondation, presque obligatoire chez le Tœnia solium et dans les colonies de fourmis citées par Emerv (93), ait en rien nui à la race. Si l'autofécondation conduisait sûrement à la stérilité, n'en serait-il pas de même pour la Génération a.sexuelle et la Parthénogénèse. Or on sait que beaucoup de champignons se reproduisent exclusivement par spores, que l'on propage par boutures les Pommes de terre et un grand nombre de plantes, sans que leur vigueur fléchisse, et que quelques plantes (^Charanitida) et animaux (certains Ostracodes) se reproduisent, faute de mâles, par une parthénogénèse stricte, sans paraître en souffrir.

LES FAITS

tempère l'infusion d'un sang étranger ; mais il n'est pas démontré que CCS inconvénients dérivent du fait de la consanguinité. Si deux cousins scrofuleux se marient entre eux la chose ne sera peut-être pas plus funeste que s'ils se marient à des étrangers aussi scrofuleux qu'eux-mêmes; et elle le sera moins que si leurs époux étrangers étaient plus scrofuleux que n'est l'époux consanguin. On serait même autorisé à affirmer cela sans les réserves indiquées par un peut-être et autres expressions dubitatives, si l'observation des avantages du croisement ne portait à penser qu'une certaine différence entre les Plasmas germinatifs est avantageifse, indépendamment de leurs qualités individuelles. Nous allons voir, en effet, en étudiant l'Hérédité dans ce mode de reproduction, qu'un faible degré de métissage relève ordinairement la vigueur et presque toujours la fécondité des couples. On peut donc conclure que : La comanguitiité additionne les tendances généralement similaires des conjoints ; en elle-même elle ne pa?'aît avoir ni inconvénients ni avantages ; tout dépend de l'état individuel des individus qui la pratiquent.

c) Li 'Hérédité dans le Croisement.

L'étude des Croisements est d'une grande importance dans la recherche des lois de l'Hérédité. Les parents étant de race différente, la part de chacun dans la transmission des caractères apparaît avec une extrême netteté. Les caractères de race prennent ici la place qu'occupent les caractères individuels dans les produits de race pure et, comme ils sont aussi fixes que les premiers sont variables, il n'y a jamais d'incertitude sur leur provenance. Lorsque de l'union d'une blonde et d'un brun on voit naître un enfant blond, on ne sait pas, à tout prendre, si cette nuance de poil provient de la mère ou de quelque ancêtre blond du père. Cette difficulté ne se présente jamais dans les croisements. Si un blanc épouse une négresse, il n'y a aucun doute que les caractères négroïdes du petit viennent de la mère et d'elle seule , ei comme ces caractères sont très spéciaux, il sera bien plus facile de les suivre dans les générations consécutives que les caractères individuels d'uu ancêtre de même race.

Il y a des degrés dans le croisement comme dans la consanguinité. Nous en distinguerons deux principaux : les Métis dont les parents sont de même espèce et ne diffèrent que par la variété, s'ils sont sauva-

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