CROISEMENTS
ges, ou par la race {s. str.), s'ils sont domestiques, et les Hybrides dont les parents sont d'espèces différentes. Il existe, en outre, une variété à peine croisée de Métis : ce sont ceux qui résultent de l'union de deux formes différentes d'une même espèce polymorphe. Certaines plantes nous fourniront quelques indications intéressantes à ce sujet.
Nous allons avoir à étudier les hybrides et les métis sous divers points de vue : 1° Quelles sont les conditions nécessaires pour que le croisement soit possible? 2° Quels sont les caractères que les produits de croisement doivent au fait même du croisement, sous les rapports de la vigueur, de la fécondité, des tendances tératologiques et ataviques? 3° Quels sont leurs caractères par rapport aux races parentes? Nous aurons enfin à examiner l'influence du porte-greffe sur le greffon , et cette catégorie singulière de produits croisés que Ton a désignés sous le nom expressif à' Hybrides de greffe.
a) Condition de possibilité des croisements.
La principale condition pour qu'un croisement soit possible, c'est que les formes qui s'unissent ne soient pas trop différentes. Tout s'oppose à la réussite d'un croisement entre des formes trop éloignées. Chez les animaux qui s'accouplent, l'appétit sexuel est toujours moindre pour une forme étrangère que pour les formes semblables et, si la différence est trop grande, il devient nul ^ Chez les plantes ou les animaux qui ne s'accouplent pas, le hasard peut favoriser la rencontre des produits sexuels les plus différents, mais aucune attraction, chimiotactique ou autre, ne s'exerce alors entre eux; ils se rencontrent, mais ne se joignent pas et surtout ne se fusionnent pas. Enfin il est possible que, parfois, la fécondation ait lieu; mais, à un moment plus ou moins avancé du développement, l'embryon meurt par insuffisance d'adaptation des Plasmas germinatifs entre eux ou du produit de leur union aux conditions am-
' On <ivu l'exemple d'un Étalon s'accouplant effectivement avec une Vache. J'ai, dans ma basse-cour, un Coq qui fréquemment s'efforce, avec une grande insistance, de couvrir une Cane ; mais celle-ci proteste et, comme elle ne s'y prête point, l'opération ne s'achève pas. Les Singes, même non anthropoïdes, donnent des signes non équivoques d'excitation génitale
à la vue des femmes, et tout le monde a pu remarquer même que leurs gestes s'adressent de préférence aux femmes jeunes.
Par contre, il est très difficile d'obtenir l'union du Lièvre et du Lapin.
En somme, il n'y a qu'une proportionnalité grossière entre la ressemblance de race et l'appétit sexuel.
LKS FAITS.
biantes. Il n'est guère douteux qu'un œuf de Chienne ne pourrait pas se gretfer et grandir dans l'utérus d'une Lapine'.
En fait, les diverses races domestiques d'une même espèce se croisent d'ordinaire sans difficulté et donnent des métis. La chose est déjà moins générale pour les variétés d'une même espèce sauvage.
Les espèces domestiques et surtout les espèces sauvages d'un même genre sont généralement stériles entre elles et le nombre des hybrides effectifs est fort limité si on le compare à celui des hybrides possibles. On admet en général que jamais deux formes appartenant à des genres différents ne peuvent se croiser.
Cependant il y a des exceptions à cette règle. La plus extraordinaire est la suivante : Th. Morgan (93) a obtenu des hybrides d'une Astérie, VAsterias, avec YArbacia qui est un Oursin. Ces deux parents app'artiennent non seulement à des genres, mais à des classes différentes. C'est comme si obtenait le produit, souvent cité par plaisanterie, d'une Carpe et d'un Lapin ~.
Les races, variétés ou espèces qui se croisent, ne sont pas toujours plus voisines au point de vue taxonomique, que celles qui restent stériles entre elles. Il y a là une condition inconnue où le tactisme, quel qu'il soit, qui gouverne l'affinité sexuelle doit jouer un rôle. Parfois le sexe des parents a une influence sur le résultat. Ainsi le Mirabilis jalapa 9 est facilement fécondé par le M. longiflora çj^, tandis que la fécondation du M. longiflora 9 par le M. Jalapa a été souvent tentée, et toujours en vain.
Darwin (80) a constaté que la domestication facilite le croisement. À différences égales, les races domestiques se croisent plus facilement que les variétés naturelles, et le Mulet était, parait-il, beaucoup plus difficile
* Si l'on met .sous le microscope un œuf d'Oursin et un œuf d'Astérie dans une goutte d'eau où nagent des spermatozoïdes d'Oursin , on voit bientôt le premier entouré d'une nuée de zoospermes, tandis que le dernier n'en a pas plus autour de lui qu'il n'y en a dans le reste de la préparation.
2 FocKE (81) cite un certain nombre de Hybrides de formes appartenant à des gens différents d'une même famille.
Voici les principaux : le Chou (Brassica) et le Radis {Raphanus) de la famille des Crucifères, le Galium et VAsperula de la
famille des Rubiacées , la Campanula et le /"/i/y/eMwa (Campanulacées), le Yerbascuni et le Celsia (Scrofularinées), etc. Les hybrides des Arbacia et yl.sie?7as n'ont pas vécu au delà de la phase larvaire Pluteus, ce qui confirme ce que nous disions plus haut que parfois le développement pouvait commencer et ne pouvait s'achever. 11 est vrai que même les larves de race pure, obtenues expérimentalement, ne dépas- .sent pas aisément la phase larvaire dans les bacsde nos aquariums, maisil e.stbien probable que, même en mer libre, il en eût été de même pour ces hybrides forcés.