‹ La Strychnine Dans Le Barbiturisme AiguChapitre 10 sur 30 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Intoxication par le gardénal (4 grammes).

Mort après injection de 26 centigrammes de strychnine.

M..., 30 ans, infirmier.

Est amené à l'Hôpital Saint-André le 9 décembre 1933, à 19 heures, dans le coma, et admis dans le service de M. le Professeur Carles.

On apprend, par son entourage, qu'il a ingéré, vers midi, dans une intention de suicide, une grande quantité de gardénal (4 grammes environ, sous forme. de cachets).

Il s’agit d’un homme robuste. Epileptique ancien, traité depuis trois ans par le gardénal, à la dose quotidienne de 15 centigrammes.

À son arrivée, le malade est dans un coma profond et total.

Il est cyanosé.

Respiration stertoreuse, irrégulière, avec des pauses (qui, d’em-

blée, fait craindre une mort proche).

Pas le moindre réflexe tendineux.

Réflexes pupillaires abolis (les pupilles sont moyennement dilatées). L

Le pouls est rapide (140), petit.

Tension artérielle : Mx, 11; Mn, 8; Io, 1,5.

On décide de commencer immédiatement un traitement par la strychnine en solution concentrée au centième. , 3

19 h. 40 : 1 centigramme de strychnine sous-cutané n’amène aucune modification.

19 h. 50 : 1 centigramme de strychnine intraveineux; suivi dans quelques minutes d’une amélioration nette de la respiration, qui se régularise; cyanose moins marquée.

20 heures : À centigramme de strychnine intraveineux.

20 h. 30 : 1 centigramme de strychnine intraveineux.

21 heures : 1 centigramme de strychnine intraveineux.

21 h. 30 : 1 centigramme de strychnine sous-cutané. On retire par sondage 1.100 cm3 d’urines très pâles.

22 heures : À centigramme de strychnine intraveineux.

En deux heures viñgt, le malade à donc reçu 7 centigrammes de strychnine (solution au centième), dont 5 centigrammes par voie intraveineuse.

Le coma est toujours aussi complet.

La respiration est nettement améliorée. Elle est devenue très régulière; le malade n'est plus cyanosé.

Mais le pouls, qui s'était maintenu bon jusque-là, commence à faiblir, devient filant; tension misérable.

Adrénaline au millième, 1 cm3; coramine intramusculaire, 1 ampoule, viennent à bout de la défaillance cardiaque,

22 h. 30 : 2 centigrammes de strychnine sous-cutanés.

Les pupilles réagissent très faiblement à la lumière.

23 heures : À centigramme de strychnine sous-cutané.

Toni-cardiaques (adrénaline, solucamphre).

Tension artérielle : Mx, 14; Mn, 8; Lo, 3.

93 h. 30 : À centigramme de strychnine sous-cutané.

Minuit : À centigramme de strychnine sous-cutané.

La situation est toujours sans changement.

re

Mie

10 décembre :

Minuit 30 : 1 centigramme de strychnine sous-cutané.

Le réflexe pupillaire à la lumière est très net.

4 heure : À centigramme de strychnine sous-cutané.

Réflexe cornéen très faible. KI

Nouvelle défaillance cardiaque combattue par adrénaline et coramine.

4 h. 30 : 1 centigramme de strychniné sous-cutané,

Cinq minutes après l'injection : :

Réflexe cornéen très net; Réflexes rotuliens très faibles.

2 heures : À centigramme de strychnine sous-cutané.

Conservation du réflexe cornéen; persistance des rotuliens faibles.

2 h. 30 : À centigramme de strychnine sous-cutané.

A ce moment-là, l’état du malade paraît nettement amélioré et le pronostic qui avait été porté très sombre à l’arrivée nous semble meilleur.

La respiration est celle d’un dormeur. I n’y a plus la moindre cyanose. Le coma est moins profond.

En sept heures, le malade a reçu 16 centigrammes de strychnine en solution au centième, dont 5 centigrammes par voie intraveineuse.

De plus, il a reçu des toni-cardiaques (adrénaline : 4 em3: solucamphre-coramine : 3 ampoules) et du carbogène de temps à autre. Son état nous paraît si bon que nous le laissons sous la surveillance d’un infirmier.

De 2 h. 30 à 5 h. 30 : Le malade ne reçoit plus de strychnine. On fait simplement des toni-cardiaques.

5 h. 80 : Le malade est vu par l’interne de garde, réveillé par l'infirmier, qui a constaté une accélération et un affaiblissement du pouls.

Respiration superficielle, Cyanôse. Pouls : 116.

téflexe cornéen aboli. N’a plus aucun réflexe tendineux. Température : 39°14, On reprend la strychnine.

9 h. 30 : 1 centigramme de strychnine sous-cutané.

FÉRO TA

De 5 h. 30 à 7 h. 30, le malade reçoit 6 centigrammes de strychnine et des {oni-cardiaques sans que son état s'améliore.

Nous revoyons le malade à 7 h. 30; son état nous paraît, d’'emblée, désespéré.

Dyspnée très marquée, avec respiration stertoreuse et pauses respiratoires. :

L’auscultation des poumons montre une pluie de râles fins dans toute l’étendue des champs pulmonaires.

On fait une saignée de 600 cm3 et on injecte de l’ouabaïne intraveineuse (1/4 mg.) qui paraissent procurer pendant un court moment une légère amélioration qui ne dure pas.

On essaie à nouveau la strychnine, et en une heure le malade en reçoit 4 centigrammes sous-cutanés sans aucun résultat.

Le malade asphyxie, le pouls restera relativement bon et bien frappé jusqu'à la fin. |

Le malade meurt à 8 h. 30 d’asphyxie.

Pour des raisons indépendantes de notre volonté, il n’a pu être fait de carbogène dans les dernières heures, alors que son emploi nous paraissait très indiqué.

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