COMMENTAIRES DE L'OBSERVATION NE
Soulignons la faible dose de strychnine (4 centigrammes) relativement à la forte dose de gardénal (6 grammes).
Nous voyons ici encore tout l'intérêt qu'il y à à ne pas faire la strychnine systématiquement, mais à la demande.
Remarquons enfin qu'il est impossible de savoir à l’avance la dose de strychnine qu’on sera obligé d’injecter et qu’en
tout cas on ne peut penser à établir, comme auraient voulu
le faire certains auteurs, une sorte de barème qui indiquerait les quantités de strychnine à injecter par rapport aux
doses de toxique absorbé.
OnservarTion VII.
Intoxication par le gardénal (4 grammes).
Guérison après injection de 22 centigrammes de strychnine.
Mlle X... est amenée dans le coma à l'Hôpital Saint-André, le 19 avril 1934, dans la matinée, à 11 h. 30.
On a troûvé près de son lit deux tubes vides ayant contenu des comprimés de gardénal à 10 centigrammes.
ts
On pense que l’ingestion remonte au cours de la nuit, la malade ayant été vue rentrer chez elle à minuit. D
I1 s’agit de la jeune femme de l’observation IV, qui avait déjà fait une tentative de suicide par ingestion de véronal au mois de décembre. |
A son arrivée, la malade est admise dans le service de M. le Docteur Denis. |
Coma complet. Respiration stertoreuse, légère cyanose.
Abolition totale des réflexes tendineux, ni réflexe cornéen ni pupillaire.
Pouls régulier à 80.
Tension artérielle : Mx, 19; Mn, 8.
11 h. 45 : On injecte { centigramme de strychnine en solution au centième par voie intraveineuse.
Dix minutes après, on note le retour des réflexes rotuliens.
12 heures : Injection sous-cutanée de 1 centigramme de strychnine. Dans les instants qui suivent, la malade fait quelques mouvements, elle réagit à la piqûre. Les réflexes rotuliens sont plus vifs. Réflexe cornéen positif. ;
12 h. 30 : Les réflexes cornéen et rotuliens sont de nouveau abolis. Injection de 1 centigramme de strychnine sous-cutané, suivie de la réapparition immédiate des réflexes rotuliens.
Quelques mouvements spontanés. La malade pousse des cris inarticulés.
13 heures : Strychnine sous-cutanée, 1 ceñtigramme.
Le pouls étant plus faible et accéléré, on fait une injection d’adrénaline sous-cutanée.
14 heures : De nouveau, abolition de tous les réflexes.
Injection sous-cutanée de 2 centigrammes de stryÿchnine.
Dans les minutes qui suivent, mouvements spontanés. Les réflexes rotuliens réapparaissent très vifs.
16 heures : Malade toujours profondément endormie. La respiration est régulière, les réflexes rotuliens existent.
Injection de 1 centigramme de strychnine sous-cutané, suivie de mouvements. La malade essaie de se redresser dans son lit, on peut arriver à la faire boire. La température rectale est de
39 degrés,