‹ La Strychnine Dans Le Barbiturisme AiguChapitre 22 sur 30 · COMMENTAIRES DE L'OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

COMMENTAIRES DE L'OBSERVATION VII

a) En somme, la malade a été mise en traitement par la strychnine à la douzième heure; elle se trouvait dans un

état grave, coma complet et troubles respiratoires.

Signalons une fois de plus l’excellent résultat de la strychnine sur ces troubles respiratoires, remarquons que, dès le premier centigramme intraveineux, il y a eu une amélioration incontestable (sans que l’on puisse toutefois parler du réveil quasi miraculeux rapporté par Ide), avec retour des réflexes rotuliens.

Dès ce moment-là, nous n’avons plus utilisé la voie intraveineuse inutile et qui aurait pu être dangereuse.

b) Il est intéressant de noter une fois de plus l’évolution du coma en plusieurs temps, les reprises succédant à une période d'amélioration.

c) Enfin, si nous rapprochons cette observation de l’observation IV, qui intéresse la même malade (intoxication au

- mois de décembre par 5 grammes de véronal), il est curieux

de voir combien les doses de strychnine nécessaires ont été différentes. Alors que la première fois, il avait suili de 5 centigrammes de strychnine en deux jours pour amener le réveil, il a été nécessaire cette fois-ci d’injecter dans le même temps 22 centigrammes de strychnine pour une intoxication par une dose de toxique sensiblement égale à la première.

D'où impossibilité de formuler des règles précises, puisque, pour la même personne, il a fallu des doses variant de 1 à 4.

Notons encore que, dans cette observation, la température a atteint le soir du premier jour 39 degrés, malgré l’évolu-

tion vers la guérison.

OBsERvVATION VIII.

Intoxication par le gardénal (2 grammes).

Guérison après iñgection de 5 centigrammes de strychnine.

- Mlle X..., 25 ans, est amenée dans le service de M. le Docteur Denis le 13 février, à 19 heures. N

Elle a ingéré à 14 heures 20 comprimés de gardénal à 10 centigrammes.

À son arrivée, la malade est légèrement somnolente; toutefois, elle répond bien aux questions.

Le facies est bien colôré.

La respiration est régulière, Le pouls est bien frappé.

Nous ne jugeons pas utile de commencer le traitement par la strychnine, nous faisons faire à la malade des toni-cardiaques et nous Ja gardons en surveillance.

Nous la revoyons à 9 heures le soir, la somnolence s’est exagérée progressivement et ce n'est que difficilement et par de fortes excitatiôns qu'on tire la malade de sa torpeur.

Les réflexes rotuliens existent, mais faiblement.

10 heures : 1 centigramme de strychnine sous-cutané ramène les réflexes rotuliens vifs.

Pendant la nuit, à 1 heure du matin et à 4 heures, injection de 1 centigramme de strychnine sous-cutané.

Toni-cardiaques toutes les deux heures.

14 février. — A 9 heures, nous trouvons la malade endormie, mais d’un sommeil presque normal, d’où on peut la tirer par de fortes excitations.

Toutefois, dans le courant de la journée, on fait à plusieurs reprises de la strychnine par 1/2 centigramme, en tout 2 centigrammes.

15 février : La malade est complètement réveillée, se plaint de céphalée et de vertiges.

Quitte l'hôpital le 20 février complètement guérie.

D'où, dans cas FR ne pas se de pou faire de la strychnine : attendre et surveiller.

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OBsERVATION IX.

Iñtoxication par le gardénal (3 grammes). Le TRS Guérison après injection de 8 centigrammes de strychnine. d

D, Mile X.., 17 ans, est amenée dans le coma à l’Hôpital Saint- Pa André, le 20 janvier 1934, à 15 heures. Elle est admise d'urgence “#2 dans le service de M. le Docteur Denis. RAS Cette jeune fille aurait avalé vers midi le eo de 2 tubes de gardénal.

A son arrivée dans le service, l’interne de garde fait injecter des toni-cardiaques. ; La torpeur allant en s’accentuant, il fait pratiquer, à 15 h. 30 et à 16 heures, deux injections de 5 milligrammes de strychnine. Nous voyôns la malade à 17 heures.

Sommeil très profond. :

Respiration superficielle. Facies cyanosé.

Réflexes pupillaires positifs, réflexes rotuliens faibles. Pouls, 70. Température, 36° 6.

Tension artérielle : Mx, 11; Mn, 7; Lo, 1.

A 17 h. 30 : Injection de 1 ceñtigramme de strychnine en solu-

tion au centième.

= Adrénaline sous-cutanée, 4 milligramme, Etat sans changement,

SR La

7 heures : Facies cyanosé, respiration irrégulière avec pauses Pouls rapide, 120. Réflexes rotuliens abolis.

On injecte 1 centigramme de strychnine sous-cutané.

Quelques minutes après, légère agitation, la malade essaie de s'asseoir sur son lit. Vomissements bilieux.

7 h. 30 : Réflexes rotuliens abolis, injection de 1 centigramme de strychnine sous-cutané, qui amène quelques mouvements spontanés, des paroles bredouillantes et incompréhensibles.

9 heures : Malade toujours endormie, mais sommeil peu profond. dont on peut la tirer facilement. Klle ouvre les yeux et tire la langue au commandement.

Vu le bon état, il n’est pas refait de strychnine. Et la malade, qui est surveillée attentivement pendant la nuit, reçoit simplement des toni-cardiaques toutes les deux heures.

21 janvier : Le matin, nous trouvons la malade endormie. Pas de réaction aux excitations. Réflexes rotuliens abôlis.

10 heures : 1 centigramme de strychnine sous-cutané.

Dans les instants qui suivent, la malade ouvre les yeux. Mouvements spontanés. Elle parle, on arrive à la comprendre.

Elle se plaint de ne pas y voir.

Pendant la journée, l’état reste stationnaire.

Torpeur et obnubilation.

17 heures : La torpeur étant plus marquée, les réflexes rotuliens abolis, on injecte 1 nouveau centigramme de strychnine souscutané, suivi d’agitation. La malade parle et se plaint de ne pas y voir.

Les réflexes rotuliens sont très vifs.

Pendant la nuit, toni-cardiaques. Il n’est pas refait de strychnine.

22 janvier: — À 9 heures, malade beaucoup moins éveillée que la veille au soir. Elle repose inerte dans son lit, aucune réaction à la piqûre. Les réflexes rotuliens sont abolis. Strychnine souscutanée, Ÿ centigramme, suivi de mouvements spontanés. Dix minutes après la piqûre, les réflexes rôtuliens sont réapparus, la malade urine spontanément.

Journée sans modification.

rouve ann 44: cr beaucoup plus illée, le répond facilement aux questions, elle se plaint. tou-. 44 . ur de vertiges, mais n’accuse plus de troubles visuels. ne EE Les réflexes rotuliens rs normaux, Il n est. plus refait de strychnine. ; fe -

Dans la soirée, la malade est “complètement eee En Notons que la température n’a pas dépassé 37° ES À Le dosage de l’urée sanguine a donné les résultats suivants :

22 janvier, Q 8. 34; à se DURS 23 janvier, 0 g. 43; ù + 24 janvier, 0 g. 46; | 25 janvier, 0 g. 20. LENS | -

La malade quitte l'hôpital complètement guérie au pour FE huit jours 2 ST | (E En somme, cette jeune fille a reçu, ut une intoxication a importante par le gardénal, une ose de strychnine de 8 cen- | tigrammes en deux jours. < Remarquons une fois encore que la strychnine n'a pas été faite systématiquement d'heure en heure, ce qui nous aurait entraîné à une dose beaucoup plus considérable, tout à fait inutile, mais qu'elle a été injectée suivant les besoins en tenant compte de l’état de la malade, mais plus particulièrement de la respiration et des réflexes rotuliens. Il faut noter l’amaurose transitoire dont s’est plainte cette jeune fille et qui a été signalée par divers auteurs dans des cas d'intoxication barbiturique.

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