LUE 7 UE
cours de l'intervention de l’air avait pénétré dans la cavité utérine. Parmi les autres enfants, plusieurs avaient vécu quelques heures, l’un même n'avait succombé qu’au bout de deux jours et demie. Chez l’un d'eux, mort pendant la naissance, il y avait du liquide amniotique, mais pas trace d'air dans les poumons. Chez un seul cadavre, Ungar n’a pas trouvé de particules de liquide amniotique : il sagissait d’un prématuré né au début du g° mois. Il y avait cependant une petite quantité d’air dans les poumons et dans l’estomac.
M. le professeur Balthazard et M. Piédelièvre enfin (2), employant la méthode que nous avons exposée, ont trouvé chez tous les morts-nés qu'ils ontexaminés quelques particules de liquide amniotique dans les alvéoles pulmonaires, sauf chez des fœtus macérés.
On peut donc conclure avec Ungar (9) que la présence de très petites quantités de liquide amniotique dans les poumons des nouveaux-nés est physiologique. En effet, nous avons vu que, sous l'influence des mouvements ondulatoires d’Abhlfeld, du liquide amniotique pénètre jusqu’au sphincter laryngé, envahissant la bouche, les fosses nasales et le pharynx. C'est du reste un fait de constatation courante et il est presque toujours nécessaire, aprèsl’accouchement, de débarrasser avec le doigt le pharynx des mucosités qui l’encombrent. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que des petites quantités de liquide amniotique soient entraînées d’une façon presque cons-
tante dans les poumons au moment des premières inspirations. On comprend ainsi pourquoi ces débris de liquide amniotique s’observent en plus grande proportion à la suite des accouchements clandestins où les nouveaux-nés reçoivent des soins insuffisants ou nuls que dans la pratique obstétricale où, dès la naissance, le médecin débarrasse leur pharynx des mucosités qu’il renferme.
Quelquefois on trouve des débris du liquide amniotique en quantité considérable dans des territoires bien localisés, tandis que le reste des poumons ne renferme que de rares cellules cornées appliquées contre la paroi des alvéoles. Il s’agit de bouchons muqueux entraînés dans quelques bronches au moment où s’est établie la respiration et ici encore on n’est pas en droit de conclure à la submersion intra-utérine du fœtus.
Il ne faut pas oublier qu’un enfant qui a souffert au cours du travail et a aspiré des quantités même considérables de liquide amniotique, peut naître vivant, quoique voué parfois à une mort rapide, et être victime de manœuvres criminelles de la part de sa mère. On ne manquera donc jamais, au cours de l’autopsie, de rechercher soigneusement si le cadavre ne présente pas de traces de violences : strangulation, coups sur la tête, etc... Le diagnostic de mort par submersion intra-utérine ne doit être porté qu’en l'absence de toute autre cause. C’est le seul moyen de ne pas attribuer à une mort naturelle ce qui, en
réalité, est parfois un infanticide.