MORPHOLOOIB COMPARATIVE EXTERNE. — II
intermédiaire offert par la feuille du second nœud, montraient que la paire inférieure était l'équivalente d'une seule feuille ordinaire des rameaux appliqués et résultait du défaut de Fagrégation normale. La seule modification à faire subir à Topinion de Steinheily c'est que les composantes de la feuille du Lierre sont en nombre supérieur à deux.
La gamophyllie est moins évidente chez les Papilionacées, puisqu'elle n'est pas corroborée par la gamogemmie. Nous verrons pourtant que plus d'un argument parle en sa faveur. Ainsi chez les Phaséolées dont les feuilles primordiales sont opposées, les feuilles suivantes se placent dans le plan des cotylédons. De plus l'agrégation y est souvent incomplète. Il est donc probable que la paire de feuilles primordiales opposées est équivalente de la feuille unique des autres nœuds. La course des faisceaux parle dans le même sens.
Le limbe des cotylédons asymétriques s'atténue en un pétiole parfois assez long, notamment chez les Medicago. On peut même considérer comme réduits au pétiole les cotylédons aciculaires des Eippocrepis et des Scorpiums, ou plus exactement, ce sont des modifications faibles, acheminant le type primitif du phyllome non différencié plutôt vers la disposition du pétiole que vers celle du limbe.
Ailleurs le limbe est sessile ou & peu près {Ulex, Hedysarum, etc.). Ce caractère devient constant dans les cotylédons des Phaséolées, aussi bien chez les genres où ils demeurent, pour ainsi dire, à l'état de simple moulage du spermoderme (Phaseolus, Lablab, Dolichos, etc.), que chez ceux où ils prennent un aspect un peu plus foliacé {Soja hispida).
IL — Feailles primordiales.
Les Papilionacées présentent fréquemment, à la suite des cotylédons, une ou deux feuilles nettement distinctes des appendices suivants et nommées feuilles primordiales. C'est un fait depuis longtemps connu. Divers auteurs ont songé à tirer de leur disposition ou de leur forme des données applicables à la clas* sification.
k. Phyllolaûde. — Endlicher fait de Topposition des feuilles primordiales un caractère général des Papilionacées. Il dit en effet dans la diagnose de Tordre : < FoHa primaria opposita, religua alterna. »
Grenier et Godron restreignent cette définition à quelques groupes secondaires : à la tribu des Phaséolées et à la sous-tribu des Galégées, qu'ils opposent par là à deux autres sous-tribus de la même tribu des Lotées : les Trifoliées et les Astragalées. Pour ce qui est des Phaséolées, cette manière de voir a été confirmée par les observations ultérieures. Bentham et Hooker disent aussi de cette tribu : t Folia primordialia, ubi nota, opposita. » C'est d'ailleurs Tunique mention qu'ils font de ce caractère.
En ce qui concerne les Galégées, les auteurs de la Flore de France se sont mépris sur la valeur de l'opposition des feuilles primordiales. Le Psoralea bituminosa présente, il est vrai, deux feuilles primordiales, unifoliolées et opposées; mais le genre Psoralea est à l'extrême limite des Galégées, si même il ne Ta pas déjà franchie. Le Dalea alopecuroides a ses premières feuilles munies de 5 folioles longuement séparées Tune de l'autre. Nous ne trouvons donc pas de feuilles primordiales opposées, même en admettant que le nom de feuilles primordiales convienne à des membres si compliqués et si analoj^ues aux feuilles définitives. Le Robinia Pseudacacia n'a qu'une feuille primordiale unifoliolée; la seconde feuille, d'ordinaire trifoliolée, en est séparée par un entrenœud d'une certaine étendue. Chez le Galega officinalis, les premières feuilles naissent fort rapprochées. Pourtant il est rare que l'allongement de la tige n'amène pas une séparation notable entre les deux feuilles qui succèdent aux cotylédons. Lors même que ces feuilles restent subopposées, Tune d'elles peut seule êtreconsidérée comme primordiale, car l'autre possède 3, plus rarement 2 folioles. Dans un semis de Clianthus Dampieri, les plants les plus vigoureux avaient la deuxième feuille trifoliée et séparée de la première feuille unifoliolée par un entre-nœud très net. Plus tard seulement se montraient les feuilles multijuguées. Les échantillons délicats possédaient deux ou trois feuilles unifoliolées, très grêles et rapprochées au point de simuler parfois une première paire de feuilles opposées. L'activité de la végétation exerce donc