‹ La Subordination des caractères de la feuille dans le phylum des AnthyllisChapitre 44 sur 90 · II. — Distinction entre Tépiderme et le tissu fondamental · texte numérisé non relu

II. — Distinction entre Tépiderme et le tissu fondamental

La distinction de l'épiderme à l'égard de la région apothéliale ne présente en général aucune difficulté, puisque l'épiderme est presque constamment formé d'une seule assise. L'absence de productions secondaires contribue à rendre les frontières indéGniment nettes. Le périderme de la feuille se localise dans l'exoderme, indépendamment de cloisonnements irréguliers dans les assises suivantes (gaine (ÏAnlhyllis Vulneraria [Gg. 103, 104], rachis d'Apios tuberosa, etc.). L'épiderme du pétiolule du Virgilia luiea offre de nombreuses cloisons, les unes radiales, les autres tangentielles. Comme Tépiderme de la tige est, d'après M. Jànnicke' le siège de la production du périderme, on peut se demander s'il n'y a pas, dans les dédoublements épidermiques de la feuille, un rudiment de formations secondaires.

On obsei*ve du liège cicatriciel intéressant à la fois l'épiderme et le parenchyme. Alors la différenciation commune rend la distinction plus laborieuse. C'est ce que j'ai observé à la base du limbe d'un Lotus comiculatus. Dans un limbe de Psoralea biluminosa, un nodule glanduleux ayant été déchiré et mis en communication avec l'extérieur, il s'était formé un rempart subéreux aux dépens des diverses régions avoisinant la glande. La disposition rayonnante du liège, tant épidermique que fondamental, ressemblait aux disques considérés par M. de Lanessan ' comme caractéristiques des feuilles d* Eucalyptus. La même confusion de régions existait dans de petites saillies radicales développées sur les stipules du Parochelus communis et rappelant en petit ce

1. Wflhelm J^NificKB, Beilrûge zur vergl. Ànalomie der PapUionaceen. (Inaag.-Diss. Marborg, 1S84.) 3. Db Lanissan, Histoire naturelle médicale.

que M. Wakker' a décrit chez des Ribes sous le iiom de rhizomanie. Chez VOnonis fruticosa, Idi gaîne foliaire se dessèche complètement et subérise ses cellules ; mais les faisceaux restent vivants et s'isolent du tissu mortifié par un liège circulaire débutant dans Tendoderme et s*étendant parfois jusqu'à l'épiderme. Ce sont là des accidents sans importance.

Dans les saillies qui soulèvent les gros poils, il n'est pas toujours possible de distinguer, sur l'élément adulte, ce qui provient du parenchyme ou de l'épiderme dédoublé. Mais le dédoublement local de l'épiderme au niveau du poil est parfois évident (Lottes comiculatus, Desmodium Canadense) [fig. 54]. 11 se constate aussi dans des saillies, tantôt mamelonnées et arrondies (fig. 75), tantôt surmontées d'une file de cellules (fig. 76), qui couvrent le rachis du Robinia hispida ; il intéresse un espace étendu à la face ventrale du rachis de VAmorpha fruticosa et beaucoup de cellules ordinaires de l'épiderme ventral du limbe chez le Pseudosophora alopecuroides.

La multiplication des cellules épidermiques est surtout remarquable au niveau des glandes incluses. Chez les Hallia (fig. 198) et les Psoralea (fig. 199, 200), les nodules glanduleux apparaissent sur de très jeunes rudiments ; tout d'abord l'épiderme se dédouble par des cloisons tangentielles ; les cellules profondes restent courtes et s'élargissent de manière à paraître plates sur les coupes ; les cellules externes se divisent normalement à la surface pour former l'organe sécréteur. Certains nodules du Psoralea bituminosa occupent cependant toute l'épaisseur de l'épiderme. La glande, faisant saillie vers l'intérieur, provoque un arrêt de développement du tissu fondamental ; en conséquence les assises de ce dernier sont moins nombreuses sous la glamde que dans le reste du mésophylle. A l'état adulte, l'assise profonde de l'épiderme, surtout sur les côtés de la glande, parait se continuer avec l'exoderme, dont elle diffère d'ailleurs par la forme des cellules. Chez VAmorpha glabra (fig. 195-197), c'est l'inverse qui se produit. Le segment externe forme un épiderme de remplacement, absolument comme le segment interne de l'endo-

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