IV. — Indications phylogéniques
L'étude de la nervation nous a offert un caractère palingénique d'une grande fidélité chez les types examinés et probablement dans la famille des Papilionacées : c'est l'existence de trois faisceaux primordiaux. Ge caractère est constant dans les feuilles stipulées, sauf le cas de garaophyllie récente offert par les Phaséolées. L'absence d'une ou deux stipules s'accompagne du défaut d'un ou des deux faisceaux latéraux ; mais la disparition des sti-
pules phylogéniquement préexistantes ou leur réduction à des vestiges infimes chez les Lotées n'a pas entraîné du même pas la
l'appareil GRIBRO-YASGULAXRE. — IV. 201
régression des faisceaux des phyllomes correspondants. Ces faisceaux ont donc, au stade hyperpalingénique de révolution des stipules atteint par les Papilionacées, une valeur supérieure à celle des stipules elles-mêmes. Ils apportent à la solution du problème (le la filiation une donnée aussi instructive que les organes ataviques, au même titre que les faisceaux corticaux dans la théorie de M. Casimir de Candolle.
La nervation stipulaire nous a montré, entre les stipules primaires et les stipules secondaires, une différence dans le rapport des faisceaux avec l'anastomose supra-yaginale.
Les stipules trinerviées des Trifoliées et des Viciées s'opposent nettement aux stipules uninerves des Génistées, des Coronillées et, quand il y a lieu, des Lotées. Mais sur ce point Tanatomie ne nous a rien appris de plus que la constatation directe du mode d'insertion des stipules.
La distribution des faisceaux dans le rachis est liée au développement général du membre dans le phylum considéré. Si Ton trouve des types assez constants chez les Trifoliées et les Lotées, cela tient à la grande uniformité des feuilles. Dans les tribus que nous étudions, ces caractères de structure ne paraissent donc pas importants à relever. Je n'ai garde de généraliser celte conclusion; car, dans les tribus à feuilles inégalement compliquées, comme les Galégées et les Hédysarées, l'étude de la nervation rachidienne promet d'excellents résultats.
M. Casimir de Candolle a déjà remarqué que c l'étude anatomique de la feuille, chez des plantes d'espèces différentes, montre que son développement apparent ne correspond pas nécessairement au degré de complication de sa structure interne i». On peut ajouter, pour les espèces de genres et même de séries très homogènes, ce que le même auteur disait des organes foliacés qui se succèdent sur une même tige : « Leur structure interne, en ce qui concerne leur tissu Ugneux, est d'autant plus simple que leur développement apparent est moindre. » En d'autres termes, la course des faisceaux confirme simplement les apparences extérieures.