Daniel, loc, cit
toyenne exodermo-épidermique et même en partie les parois latérales de répiderme.
Les oialifères sont identiques dans l'endoderme des Trigonella, Melilotiis, Ononis, Cicer, Laihyrus, Orobus, Wistaria, Halimodendron, Hallia alata. Beaucoup plus rare chez les Lotées, cette disposition se rencontré pourtant chez les Bonjeanea, Dorycnium.
L'empâtement est très réduit et faiblement ligniQé dans l'endoderme du rachis et des grosses nervures de VArachis hypogœa et du Stylosanthes cerriifolia. Chez VEbmus laguroides et le Dorycnium suffruticosum, le sac lignifié des cristaux dislingue immédiatement les oxalifères endodermiques des oxalifères péricycliqucs développés jusqu'à leur contacL
Le même enchatonnement se retrouve dans l'endoderme médullaire et dans la moelle des mêmes plantes, notamment chez les Meliloius alba, Ononis spinosa, Laihyrus cirrhosus, Halimo* dendron.
Chez le Coronilla coronata, les oxalifères de l'endoderme sont identiques à ceux des Trifoliées ; mais l'exoderme oxalifère s'en éloigne. Le sac cristallifère y adhère à la paroi profonde et les cristaux, au lieu de se coucher à plat dans Tépaississement, présentent de ce côté une arête (fig. 151-154). Il en résulte que la surface d'adhérence se pédiculise et se réduit à une charnière rémiissant les deux faces profondes, lignifiées, du sac et se fixant au milieu d'une sorte de placenta lignifié qui s'étale sur toute la paroi profonde de l'exoderme. Sur une section transversale cet appareil ressemble à une sorte de coupe cristaUifère à pied rétréci. Les couches d*épaississement Hgnifiées se montrent aussi parfois sur d'autres points de la membrane, notamment du côté épidermique.
C'est par une rare exception que les sacs oxalifères lignifiés se montrent dans la région Ubérienne. Dans la nervure médiane d'une foliole de Lolopsora villosa, un cristal très gros, placé dans la profondeur du Uber, au-dessous d'un ilôt cribreux, était enchatonné dans un gros épaississement lignifié appliqué à la paroi la plus voisine du bois, et séparé des vaisseaux par deux ou trois rangs de petites cellules à parois molles.
l'appareil accumulateur. — i. 237
n est intéressant de voir la lignification envahir les sacs cristallifëres dans des régions où la lignine ne se dépose jamais, comme dans Técorce, dans certaines moelles, dans Texoderme des Trifoliées et des Coronilles, dans l'endoderme du pétiolule du Bonjeanea recta, de la voir se localiser dans ce sac contre les parois de recloisonnement échappant à la lignification générale des cellules médullaires ambiantes. Dans Tendoderme des rachis et des limbes, cette imprégnation devance de beaucoup la lignification du péricycle ; elle se montre, en efiet, à un stade où les vaisseaux seuls sont lignifiés et, fait plus intéressant encore, c'est au contact des oxalifères que débute la lignification des fibres du péricycle. Cette irradiation est frappante sur une jeune gaine foliaire de Coronilla minima. Chez le Rallia alata adulte, les fibres sous-jacentes aux cristaux de l'endoderme fixent la fuchsine plus énergiquement que les autres. Par suite de la même concordance entre le dépôt de l'oxalate et le dépôt de la lignine, les cristaux se développent en direction basipète le long des nervures des Trifoliées, du Tephrosia Virginica, en même temps que les fibres du péricycle progressent de haut en bas ; tandis que, chez beaucoup de Lotées à péricycle mou ou très réduit, les cristaux apparaissent d'abord et restent prédominants à la base des faisceaux du limbe. Dans le pétiolule dépourvu de sclérose de YApios tuberosa, ils quittent l'endoderme et le péricycle contigu qu'ils occupaient dans le rachis et le limbe munis de fibres.
De ces constatations morphologiques il résulte clairement que la lignine, en dehors des vaisseaux, est parfois un produit des transformations chimiques qui donnent, d'autre part, l'oxalate de chaux. La lignine produite dans la cellule cristallifère trouve en partie son emploi dans le sac ; mais une autre partie difTuse dans les tissus ambiants et se fixe immédiatement, si, dans le voisinage, elle rencontre des éléments, comme les fibres, prédisposés à emmagasiner cette substance. Je laisse aux chimistes le soin de déterminer la nature de ces relations, qui n'avaient pas été aperçues jusqu'ici.
Le degré d^organisation du sac cristallifère est en général trop variable chez des espèces voisines et trop analogue dans des tribus différentes pour recevoir des applications taxinomiques.
Pourtant le type le mieux défini s'est fixé avec une grande constance chez les Trifoliées et devient un caractère de cette tribu. Mais ce caractère était déjà réalisé, ça et là, dans les séries voisines. La disposition des Coronilles, en particulier, représente un des stades les plus voisins de la structure définitivement acquise chez les ancêtres immédiats des Trèfles.
E. Cristallographie. — L'oxalate de chaux secondaire des Papilionacées cristallise dans le système du prisme rhomboîdal oblique. La forme primitive est presque constamment altérée par des troncatures portant sur deux espèces d'arêtes. En outre, Thémitropie est très répandue (fig. 170,171). M. Petit a donc eu tort de considérer les Légumineuses comme une famille définie par l'existence exclusive de cristaux non mâclés. Le plan d'hémitropie est parfois sensiblement perpendiculaire à l'axe : en sorte que les deux moitiés sont dans le prolongement l'une de l'autre. Ailleurs, elles s'inclinent l'une sur l'autre, au point de se disposer à angle droit, par exemple dans l'épiderme du calice des Tetragonolobiis (fig. 173). La détermination exacte des angles ne parait pas avoir une extrême importance pour les comparaisons d'espèces. D'ailleurs, leur mensuration rigoureuse au sein des tissus vivants est impraticable. Çà et là, la m&cle présente trois ou quatre bras. Les cristaux plus complexes sont exceptionnels chez les Papilionacées. On trouve de nombreux pointements sur quelques cristaux de la moelle chez YArUhyllis cylisoide${figA6S), de l'écorce de la gaîne foliaire, chez VOrobus niger^ et, d'après M. Mentovich *, chez le Wistaria Sinensis. Les cristaux en châtaigne deviennent, au contraire, habituels dans la famille des Césalpiniacées. Ce n'est donc pas par exception, comme le pense M. Petit, que cette forme se rencontre dans les pétioles des Cercis et Bauhinia.
En général, le prisme est plus haut que large ; mais la différence des dimensions varie beaucoup d'une plante à l'autre. L'allongement et la fréquence de l'hémitropie sont deux caractères fixés dans des séries assez étendues de végétaux pour offrir
1. F. Hbntovich, à nôvénybél szôvettanàhoz KulôiUis tekintettel a Kelszikûekre. [Analysé dans Botan. Centralàlatû, 1886, n" 16, p. 67 à 75.)
parfois une base à la distinction même des tribus. L'hémitropie tient surtout à la nature de la plante ; la longueur du cristal relève plutôt de la forme de l'élément accumulateur et la prédominance d'un type court ou allongé dans certaines séiîes de plantes provient souvent de la locaUsation des cristaux dans des cellules à peu près cubiques, chez les Trifoliées, par exemple.
Les cristaux sont en majorité hémitropes chez les Anthyllis Barba-Jovis, sericea, Henoniana, podocephala, polycephala, Tejedensis, montana, Vulneraria et ses variétés, arundana, Comicina, hamosa, loioides, cytisoides, genisiœ, Hermanniœ, Chilensûs, chez les Physanihyllis letraphylla, Hymenocarpus circimialus, H. nummtUarius, Doryciwpsis Gerardi, D. onobrychoides, Bonjeanea recla, Telragonolobus siliqtwsus, chez les Lotus. 11 en est de même chez les Scorpiurus, Bonaveria, Hammalolobium, Ludovicia, Coronilla varia, chez les Medicago murex, M, maculata, M, lupulina, Trigonella Fœiium'grœcum, Tr. cœrulea, Trifolium arveme, Ononis spinosa, 0. alopecuroides, Cicer arielinum, Hallia asarina.
Les cristaux sont indifféremment simples ou hémitropes chez les Oniithopus compressus, Hedysarum Sibiricum, Halirnodeiidron argenteum, Orobus niger.
Les formes simples prédominent chez les Dorycnium suffruticosum, Medicago saliva, M. marina, M. ciliaris, M. radiala, Pocockia Crelica, Melibiv^ officinalis, M. alba, chez les Tri/blium pralense, elegam, rubens, Lupinaster, repens, subterraneum, badium, chez les Chionis Natrix, 0. allissima. Vicia lalhyroides, Lathyrus Aphaca, L. cirrlwsu^, Tephrosia Virginica, Requienia obcordata, Ammodendron Sieversii, Ebenu^ la* guroides, Hallia imbricata, Lotopsora villosa, Smithia sensiliva.
Les cristaux hémitropes sont le plus souvent droits chez les Anthyllis (fig. 175), généralement coudés chez les Lotus (fig. 176).
La proportion des cristaux hémitropes progresse parfois avec l'âge. Ainsi la feuille primordiale du Trifolium arvense renferme plus de cristaux simples que les feuilles définitives et concorde mieux avec les autres espèces de Trèfle que ces dernières. La proportion varie aussi, d'une partie de la feuille à l'autre* Une bractée ô* Ononis fruticosa n'a guère que des cristaux hémi*
tropes ; le rachis d'une feuille ordinaire en renferme une faible minorité. Les cristaux simples sont bien plus habituels dans le calice que dans la feuille^ chez les Anthyllis montana, podocephala, arundana, Vulneraria, Hermanntœ et chez VHymenO' carpus circinnalus. Les cristaux, chez le Coronilla coroiiala, sont hémitropes dans le liber, simples dans la gaîne des faisceaux. Ce contraste ne tient pas uniquement à la différence de longueur des cristaux des deux régions, puisque chez le Coro^ nilla varia où la même inégalité se retrouve, les cristaux de Tendoderme sont pourtant hémitropes.
La dimension des cristaux est directement réglée par celle des oxalifères. Des différences s'observent, en effet, dans des éléments homologues, s'ils appartiennent à des feuilles de vigueur inégale. Ainsi chez le Tnfolium repens, l'endoderme d'une des premières feuilles apparues sur la plantule a des cristaux bien plus petits que la région correspondante des feuilles développées plus tard. Dans une seule stipule semisagiftée de Smithia sensitiva, les cristaux de l'endoderme sont un peu plus grands, en même temps qu'ils sont plus rares dans la portion récurrente que dans la partie supérieure ; cette différence n'est pas marquée dans toutes les feuilles. Il existe d'ailleurs souvent une certaine inconstance dans les dimensions des oxalifères et des cristaux d'un même tissu. La taille est cependant bien définie dans les appareils très différenciés, tels que les oxahfères épidermiques des Stylosanthes, Arachis, Pelaloslemon, tels que les oxalifères endodermiques des Trifoliées. Par suite de cette subordination de la taille des cristaux à la taille des oxalifères, les différences deviennent énormes, quand on compare lescristaux du liber, parexemple, aux cristaux du péricycle, de l'endoderme ou de Técorce. Voilà pourquoi la grandeur des cristaux atteint son maximum de constance chez les espèces où les oxalifères se développent dans une seule zone anatomique ou dans des zones aussi semblables que l'endoderme et l'exoderme.
Il arrive aussi que la dimension des cristaux retentit sur celle des cellules. Nous en voyons une preuve dans les phénomènes de recloisonnement signalés plus haut. On pourrait même se demander si ce n'est pas la tendance héréditaire à fixer une forme et
l'appareil ACCUMULAT£I}R. — I. 241
une dimension déterminées de cristaux qui provoque, chez les Trifoliées par exemple, la localisation du sel dans des zones définies, ces zones offrant précisément dans leurs cellules les dimensions les mieux appropriées à ces cristaux.
La même relation existe entre la forme des cellules et Torientation des cristaux. Dans les cellules à peu près isodiamétriques, les cristaux occupent une diagonale quelconque, à moins qu'ils D aient une adhérence unilatérale. Quand les cellules sont aplaties, le grand axe du cristal correspond à celui de l'élément : ainsi les cristaux libériens sont longitudinaux, les cristaux corticaux du péliolule sont souvent transvei'saux ; les cristaux logés dans des cellules quadripartites sont en croix, ceux des initiales segmentées par des cloisons parallèles sont en files, etc.
Les dimensions relatives des axes méritent d'être approximativement indiquées, car elles sont fixées dans certaines espèces et dans certains organes d'une façon remarquable. On peut à cet égard rattacher les cristaux des Papilionacées à trois types qui n'ont, bien entendu, qu'une importance insignifiante au point de vue minéralogique, et qui, au point de vue taxinomique, n'ont pas une valeur plus absolue que la distinction des fruits de Crucifères en siliques et silicules.
Dans le type Vulnéraire ou type moyen (fig. 174, 175), le cristal est deux ou trois fois plus long que large ; dans le type Lotier ou type allongé {fig. 176), la hauteur l'emporte de beaucoup sur les bases ; dans le type Trèfle ou type court (fig. 172), les trois axes sont sensiblement égaux.
Le type moyen est constant dans le genre Anihyllis, aussi bien dans les cristaux simples que dans les cristaux hémitropes. Il se conserve dans le calice, et aussi dans le liber, malgré la petitesse des cristaux, les trois axes se raccourcissant également. Les Dorycnopsis diffèrent des vrais Anihyllis et se confondent avec le Dorycnium suffruticosum , en ce que les cristaux du liber sont plus allongés que ceux des autres tissus. Les cristaux de l'épiderme calicinal sont aussi plus longs que le type et sensiblement coudés. Il en est de même dans le calice du Physanlhyllis ielraphylla et du Cylisopsis dorycniifolia. Ces genres détachés de la soache Anihyllis présentent donc clairement un début d'altéra-
OABA.CTfcBKf DB LÀ FBU2LLS. 10
242 CAAAGTÈRES DE LA FEUILLK DANS LE PHYLUM DES ANTHTLLIS.
tion du type cristallin fixé dans le genre précédent. Les Hymenocarptis se comportent absolument comme les Anthyllis.
Le type allongé, généralement hémitrope et coudé, est habituel chez les Lotus. C'est aussi celui des Lotus parviflorus Desf. (Dorycnium parviflorum D. C.) et Bonjeaiiea recta, ce qui les distingue des Dorycnium. Les cristaux sont assez courts chez le Lotus Wrangelianus. Le type Lolier s'exagère chez les Telragonolobus, où les cristaux, partout très longs, ont leurs moitiés disposées angulairement dans tous les tissus et presque à angle droit dans répiderme du calice (fig. 173).
Le genre Hosackia est en quelque sorte à la limite des deux types. Chez les H. glabra, H. argophylla, le type Lotier est bien défini dans les nervures du calice ; dans Tendoderme et le péricycle de la feuille, les cristaux rappellent davantage les Anthyllis et, dans l'épiderme du calice, ils sont deux ou trois fois plus longs que larges et faiblement coudés.
Parmi les Coronillées, VHippocrepis conwsa offre un mélange des types Vulnéraire dans le rachis et Lotier dans le limbe. Le type allongé prédomine aussi dans le liber, le type moyen dans les autres tissus chez le Podostenima hosackioides ; tandis que le type Lotier se fixe chez les Scorpiurus, Ornithopus petyusiUus, 0. compressus, Hammatolobium lotoides, Ludovicia Kremeriana, Bonaveria Securidaca, CoroniUa Emerus.
V Ornithopus ebractealus est exceptionnel par ses cristaux rappelant plutôt le type Trèfle. Les cristaux y sont d'ailleurs plus rares que chez les autres espèces et limités à l'endoderme. 11 est à remarquer que cette espèce est assez distincte des autres Ornithopus pour avoir été rangée par de CandoUe dans le genre Arthrolobium. Cette distraction ne mérite p&s d'être maintenue, car l'absence de bractée foliacée n'est pas un caractère sufiîsant, l'absence de poils ne résiste pas à la loupe, le caractère des stipules est inobservable, puisque ces organes sont rudimenlaires. L'ap* pareil tanifère rattache d'ailleurs directement YArthrolobium ebradeatum aux Ornithopus, comme il cimente les liens de YArthrolobium scorpioides avec les CoroniUa.
Néanmoins l'aspect des cristaux confirme Topinion qui voit dans cette espèce un type extrême dans le genre.
l'appareil accumulateur. — I. 243
Les Coranilla sonl nés à une époque d'évolution particulièrement active de la forme des cristaux. Le type Lotier est pur chez le C. Emerus ; il caractérise le liber, la moelle, Técorce du C. varia, tandis que Tendoderme offre le type Trèfle. Les C. coronala et minima ressemblent au C, varia. Ils ont en outre des cristaux exodermiques peu différents du type Vulnéraire. Le C. scorpioides, qui avait été retiré du genre pour prendre place parmi les Arthrolobium, a les cristaux endodermiques beaucoup plus allongés, dépassant même le type Vulnéraire. Les autres régions ressemblent au C. minima.
Le type Trèfle devient constant chez les Trifoliées. H m'a paru aussi habituel chez les Viciées (Cicer, Lalhyrus, Orobus, etc.). Parmi les Hédysarées, VEben\is laguroides tient de très près aux Trèfles, si ce n'est que les cristaux sont plus disséminés dans le tissu fondamental et pénètrent dans le péricycle, non toutefois jusque dans le liber. Les cristaux du type Trèfle sont aussi ceux des jEschynomene, Amicia, Slylosanthes.
Le plus souvent le type Trèfle se limite à certaines régions. Il est constant dans l'épiderme des feuilles assimilatrices des Pelaloslemon, Psoralea lathyrifolia, Hallia asarina, Arachis, Stylosanthes ; dans la gaine des faisceaux chez les Psoralea, Hallia, Lotopsora villosa, Desmodium, Hedysartim, Alagi, Smiihia et même dans le liber de ces plantes ; pourtant chez le Psoralea bituminosa les cristaux, courts dans le liber des autres parties, deviennent aciculaires dans le liber du renflement moteur. Chez ces mêmes plantes les cristaux du tissu fondamental atteignent le type moyen, parfois même, chez les Psoralea, le type allongé. Dans le mésophylle de Y Arachis hypogœa, les oxalifères appliqués contre les travées ont le type Trèfle ; ceux qui sont entremêlés aux palissades répondent au type Lotier parfois exagéré par une extrême longueur et un angle très sensible. Le type Vulnéraire ou tout au moins un état de passage entre les formes courtes et moyennes devient général pour les rares cristaux de YAdesmia balsamica ; le type allongé caractérise tout Toxalate du Sœnimeringia. Les Phaséolées sont très voisines des Hédysarées. Chez les Lablab, Apios, Soja, Clitoria, les cristaux des faisceaux sont courts, ceux de l'écorce ou de la moelle généralement moyens. Il est à noter
que, chez ces diverses espèces, la dimension absolue des cristaux d'un tissu donné est bien moins constante que chez les Trifoliées. La fixation du type cristallin est donc moins parfaite que dans cette dernière tribu. Les Galégées sont encore plus désordonnées et offrent tantôt le type Trèfle, tantôt le type Lolier.
F. Adaplalions diverses influunt sur la phylogénie des oxaUfères. — L'étude des oxalifères chez les Papilionacées nous a montré, dans certaines séries, des dispositions diverses, mais reliées insensiblement entre elles, comme si elles marquaient les étapes d'une transformation continue. Dans d'autres séries une fixité remarquable est atteinte par la plupart des propriétés de cet appareil sécréteur. On est conduit à se demander si les changements sont provoqués par des motifs déterminables et si le maintien de quelques types définis résulte d'avantages assez marqués pour provoquer une sélection naturelle.
La localisation des cristaux dans les tissus les moins essentiels aux fonctions conductrices ou trophiques est favorable. C'est peutêtre l'indifférence de l'endoderme dans toute la feuille, de l'exoderme dans les pétioles, qui a décidé la généralisation du type des Trifoliées, la localisation dans ces assises n'entravant aucune fonction importante et la fot*me des cristaux, si constante dans cette tribu, étant en parfaite harmonie avec la forme des éléments prédisposés à les emmagasiner. On peut ajouter que la nature du sac lignifié qui renferme l'oxalate et ses connexions avec la membrane en font un organe de soutien et de protection.
Il est plus difficile de pénétrer les causes de la persistance du type des Lotées. Les cristaux, tout en s'allongeant, ne sont pas devenus aciculaires et ne peuvent jouer le rôle de défense que M. Stahl* attribue aux aiguilles acérées des raphides. L'angle formé par les deux moitiés du cristal hémitrope paraît également dénué d'intérêt physiologique, à moins qu'il ne diminue la fragilité du cristal et favorise son rôle de soutien. Il est bien possible que le maintien de cette forme, dont la genèse est encore incon-
1. E. Stahl, Pflanzen und Schnecken. Eine biologische /étudie ûber die Schutzmittel der Pflanzen gegen Schneckenfrass. (Jenaische Zeitsckr. fUr Noturwiss. und Medicin. M. XXII.)
Ii*APPARBIL ACCUMULATEUR. — I. 245
nue, soil dû simplement à rbérédité qui, en l'absence de toute sélection, n'a pas non plus été entravée par une contre-sélection.
La disposition des Anthyllis réalise un terme moyen, plus indifférent et apparemment plus primitif. C'est sans doute aussi un de ces caractères qui se transmettent sans motif direct et disparaissent de même sous l'influence du moindre changement des conditions biologiques.
Le rôle de soutien est plus manifeste dans la stmcture analogue à celle du Psoralea pliccUa, où les aiguilles rigides empêchent l'affaissement des travées aquifères circonscrivant les ilôts assimilateurs, ou à celle de VArachis, où l'on trouve à la fois une gaine d'oxalifères courts revêtant les grands réservoirs d'eau qui sont superposés aux faisceaux et de grandes baguettes cristallines consolidant le parenchyme chlorophyllien.
L'oxalate de chaux réalise des conditions avantageuses dans les organes rigides; certaines localisations qu'il y affecte peuvent donner prise à la sélection naturelle. Les dispositions inverses seront les meilleures dans les organes moteui*s. Nous avons vu les pétiolules souvent dépourvus d'oxalate de chaux. Ou bien les cristaux sont couchés en travers : Lolus Arabicas, L. lanuginosus, coussinet i*achidien du Smithia sensitiva. Ils se locaUsent à la face dorsale du coussinet chez VApios iuberosa ; la partie antérieure qui se raccourcit dans le mouvement de sommeil n'a pas cette entrave. Chez le Lablab vulgaris, les cristaux occupent en majorité la moitié dorsale dans Torgane moteur inférieur et s'y localisent au sommet du pétiolule.
La seule zone du pétiolule où les cristaux persistent assez souvent avec une orientation longitudinale : c'est le liber, qui forme ainsi un axe rigide ou plutôt articulé, séparant la portion du parenchyme qui se raccourcit de celle qui s'allonge.
La nervure médiane du limbe est souvent dépourvue de gaine cristalline comme de péricycle lignifié, notamment chez les Trifoliées. Cette exception favorise le rôle de charnière qu'elle joue pendant l'épanouissement de la feuille, et qui peut se maintenir dans les mouvements nyctitropiques. Dans la nervure médiane du Psoralea biluminosa, les cristaux se développent dans le liber et dans l'endoderme ventral, mais non dans l'endoderme dorsal;
ils occupent l'axe de la charnière et non la partie mobile. Ce sont donc là des dispositions avantageuses au point de vue mécanique et susceptibles de sélection. Mais le rôle joué eflectivement par la sélection est très problématique ; car l'absence de cristaux sur la charnière du limbe s'explique suffisamment par les conditions mêmes du dépôt de Foxalate.
Les courants qui parcourent les nervures sont plus rapides dans le rachis que dans les nervures du limbe pour le motif même qui provoque leur accélération dans les gros vaisseaux de l'homme, la somme des sections des grosses nervures du pétiole étant inférieure à la somme des rameaux du limbe. Les conditions sont encore plus défavorables aux transvasations dans les coussinets moteurs , puisque les faisceaux y sont refoulés en une colonne étroite. Il suffit d'examiner des exemplaires diversement développés de feuilles d'une même espèce pour constater de grandes variations dans les limites de la région exempte de cristaux. Chez le Medicago radiaia, les trois quarts inférieurs de la nervure médiane sont normalement privés de cristaux ; mais parfois on trouve un prolongement des gaines oxalifères des nervures secondaires au-dessous du confluent de ces faisceaux. Réciproquement, j'ai vu les faisceaux secondaires eux-mêmes privés de cristaux dans un plant très vigoureux de la même espèce.
Les dispositions précédemment décrites trouvent donc leur première raison d'être dans le mode de transport des matériaux cristalligènes. Mais rien ne prouve que le maintien de ces conditions n'ait pas été influencé par la sélection naturelle. L'attention doit être éveillée sur ce point ; peut-être trouvera-t-on chez certaines plantes des exemples démonstratifs.
M. Penzig^ a fait connaître une autre adaptation des cristaux^ en les considérant comme organes ilhiminateurs . Cette tliéorie serait particulièrement applicable aux oxalifères épidermiques. Les cristaux font évidemment partie de Yappareil diaphane, interposé entre les sources de radiations et les éléments assimilateurs. Il serait utile de connaître dans quelle mesure ils modi-
I. 0. Pbnzig, Suir esistenzadi apparecchUlluminatori nellinterno d'filcvne piante. (Atti delta Soc. dei NaturaUsii di Modena. Ser. III. vol. I, 1883.)
fient, ils digèrent, pour ainsi dire, les radiations destinées à être utilisées dans la nutrition des plantes. On saui*ait alors si la constance de certaines dispositions résulte d'une sélection. Cette étade est presque entièrement à faire, et ce n'est pas ici le lieu de Taborder. J'aurai, d'ailleurs, à revenir sur ce sujet à propos des autres systèmes sécréteurs qui s'associent paifois aux cristaux pour transformer les radiations.