‹ La Subordination des caractères de la feuille dans le phylum des AnthyllisChapitre 70 sur 90 · II. — Tanifôres · texte numérisé non relu

II. — Tanifôres

A. Données préliminaires. — L'appareil tanifère a été à peine

examiné jusqu'à ce jour au point de vue taxinomique. M. Vesque

le range dans c une série d'appareils, sécréteurs ou autres, qui

apparaissent souvent, pour ainsi dire, sporadiquement ». Et il

ajoute: < Les cellules à tanin ne peuvent être étudiées sur des

échantillons secs, de sorte qu'il n'y a pas grand parti à en tirer,

quant à présent *. > Ce discrédit est d'autant plus surprenant, que

déjà en 1862 Wigand • citait des familles particulièrement riches

en tanin, telles que Rosacées, Légumineuses, Cupulifères, Eri-

cacées; tandis que les Solanées et les Oléacées en sont presque

loujours dépourvues. D'autre part, des recherches précises avaient

amené M. Trécul* à dire, en 1865 : c 11 est évident que les séries

de cellules à tanin des Légumineuses se relient à ce qui a été

appelé jusqu'à ce jour vaisseaux è latex... > Or, M. Vesque est

d'accord avec tous les bolanistes pour voir, dans « les laticifères

elles organes sécréteurs internes, deux sortes d'appareils d'une

^ès grande importance dans la définition des familles ou des tri-

l^us. ) Pourtant les huiles essentielles et même certains latex ne

sont ni plus persistants ni moins difTusibles dans les échantillons

u herbier que les tanins. Je dirai même que chez certaines plantes

(^^les Papilionacées sont du nombre), les substances taniformes

^ccum^lées en grande masse dans des organes spéciaux forment,

l' ^«Squi, Loc. cit., p. LXX, 1889.

** ^iCAND, Einige Satze Uber die physiologische Bedeutung des Gerbstojfs *"f ^^9- PJlanzenfarben. (Bot. Zeitung, t. XX, 186?.>

* * ilÉcoL, Du tanin dans les Légumineuses. (Comptes rendus de VAcal^wye des sciences, t. LX, 30 janvier 1865.)

avec d'autres produits cellulaires, des composés inaltérables et insolubles. Si les échantillons secs ne conviennent pas pour déceler la présence et déterminer la localisation de ces traces de tanin qui existent dans beaucoup de cellules actives, ils donnent des résultats aussi précis pour caractériser par le contenu les véritables tanifères que pour distinguer la plupart des autres éléments hislologiques.

Il n'y a pas à se préoccuper outre mesure de l'acception vague du mot tanin considéré au point de vue chimique. M. Reinitzer* a fait observer avec raison que les tanins des botanistes ont les compositions les plus diverses, et qu'on ne saurait leur trouver aucun caractère commun. Tous les tanins sont, il est vrai, des dérivés de la série aromatique ; mais, par cette propriété, ils se confondent avec bien d'autres substances qui ne répondent plus du tout à la notion subjective que nous nous faisons des tanins. Sans doute, il est utile d'être prévenu de cette inconstance ; il faut, avant tout, connaître à quel composé on a affaire, si l'on veut arriver à une conception exacte du rôle biologique des tanins et de la place qu'ils tiennent dans les échanges nutritifs. Mais il n'en est plus de même, lorsqu'on veut simplement chercher une réaction commode pour mettre en évidence certains réservoirs de forme et de localisation déterminées. A cet égard, les tanins, c'est-à-dire les liquides intracellulaires donnant une coloration ou un précipité bleu ou vert avec les sels ferriques, etc., l'endent les mêmes services et ont la même valeur que les latex, par exemple. On sait à quels beaux résultats taxinomiquesM. Van Tieghcm est arrivé en étudiant la répartition des laticifères, sans s'inquiéter de définir si le latex est du caoutchouc, de l'opium, une résine ou toute autre substance, parce qu'il a envisagé le latex, non pas comme un composé chimique, mais comme un signe de l'existence des laticifères. Dans le même sens, je subordonne, dans mes recherches morphologiques, la notion du tanin à la notion des tanifères. Par cette simple remarque, j'élimine la plupart des éléments où la constatation des tanins offrirait des

l . Fr. Rei!! iTZEi, Bemerkungen zur Physiologie des Gerbsiojfs. {Berichle der dtutsch. bot. Geseilscha/t, t. Vil, 1839.)

l'appareil accumulateur. — II. 249

dîflBcuIlés en raison du faible taux de ces substances, car une foule de cellules à contenu plus ou moins tanique ne sonl pas des tanifères ; si quelques réservoirs à tanin présentent d^s réactions chimiques insuffisantes, la forme spéciale des éléments permet de les rattacher aux tanifères typiques.

M. Tscbirch * a eu bien soin d'observer que beaucoup de cellules à tanin ne sont pas des idiobiastes. M. Baccarini' n'a peutêtre pas attaché à cette distinction toute l'importance qui la justifie, au moins dans la pratique. Après avoir reproduit la division, proposée dans ma note sur les Lotus, des tanifères en deux systèmes, dont Tun accompagne les faisceaux, dont l'autre est disséminé dans le parenchyme, il partage le second système en idiobiastes transitoires et idiobiastes définitifs. Les éléments à contenu tanique éphémère ne justifient guère le mot idioblaste, puisque ce sont des cellules ordinaires, se distinguant seulement des cellules assimilatrices par un contenu lanifère plus abondant que dans leurs homologues. Ce n'est pas là un système sécréteur morphologiquement différencié, pas plus que les éléments du bois dnRobinia, dans lesquels M. Mœller^ a vu du tanin en été, tandis que Sanio les avait trouvés dépourvus de cette substance pendant le repos hibernal, pas plus que les vaisseaux gorgés de tanin que j'ai observés dans les feuilles des Scorpiurus vermiculala, Amorpha fnUicosa, Glycyrrhiza fœtida, Wistaria Sinensis.

Avant d'aborder l'anatomie comparée des tanifères, il faut donc, comme nous l'avons fait pour les oxalifères, éliminer les éléments à tanin qui ne peuvent pas servir de base à des rapprochements ou a des divisions naturelles.

H. Kraus * distingue des tanins primaires et des tanins secondaires. Cette division a été critiquée. Elle est pourtant assez pratique. Si l'on ne peut pas toujours établir une démarcation tranchée entre les deux catégories, pas plus qu'entre les groupes

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