‹ La Subordination des caractères de la feuille dans le phylum des AnthyllisChapitre 74 sur 90 · BnssKN, Uk. cU · texte numérisé non relu

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de cette enveloppe dans les éléments jeunes justifie parfaitement le rapprochement indiqué entre les cellules à tanin et les réservoii*s d'eau.

E. Adaptations accessoires. — Comme pour l'oxalate de chaux on trouve des raisons physiologiques aux localisations du tanin. La théorie de M. Stahl, qui voit dans les tanifères des organes de défense contre les animaux, ne me parait pas de nature à éclairer cette question.

La protection contre la radiation est bien plus importante et donne une haute valeur à certaines localisations. Â cet égard encore les tanifères sont synergiques des réservoirs d'eau. Par leur contenu aqueux les tanifères luttent contre la dessiccation et deviennent des modérateurs de la transpiration. Mais le tanin luimême agit sur la radiation. En solution concentrée il est de couleur bi*une et, au microspectroscope, les tanifères absorbent surtout les rayons les plus réfrangibles qui sont presque sans action sur la chlorophylle. Les cellules vertes, entourées par une nappe lanifère exodermique, sont sensiblement dans les mêmes conditions que les organes placés derrière une solution de bichromate. Le maintien des tanifères dans l'exoderme peut résulter d'une sélection portant sur cette condition physiologique spéciale.

Quand les cellules tanifères superficielles sont très allongées, l'affaiblissement de la radiation amoindrit certainement l'action chlorophyllienne. C'est sans doute par une double sélection, destinée à conserver l'avantage assuré par l'épaisse couche protectrice et à pallier l'inconvénient résultant d'une trop grande opacité que, chez certaines espèces comme les Stylosanthes, Petalostemon, la forme conique des cellules spéciales de l'exoderme ventral persiste, tandis que le contenu devient incolore et d'une autre nature que les tanins.

Un autre fait remarquable, c'est que, au-dessus de ces réser* voirs à contenu réfringent des Petalostemon et Stylosanthes et des cellules semblables faiblement et parfois nullement tanifères des Avachis, l'épiderme aplati renferme des tables cristallines, qui modifient certainement les rayons lumineux. Il y a là un appareil compliqué, interposé entre les cellules vertes et la source lumineuse. U serait intéressant d'en déterminer les propriétés

l'appareil accumulateur. — ni. 287

optiques. On verra sans doute que les rayons y sont dispersés de façon à récupérer l'énergie qu'ils ont perdue par suite de la différenciation d'une épaisse assise protectrice à la surface du limbe. Ayant étudié ces dispositions sur des échantillons d'herbier, je n ai pas même pu déterminer la réfringence des milieux. Je me eontente donc d'appeler l'attention des physiologistes sur cette organisation spéciale du r^iilieu diaphane des feuilles ; car il y a là, suivant toute probabiUté, un appareil illuminateur jouant le même rôle que l'organe reluisant du Schislostega.

IIL — Glandes.

Les Papilionacées possèdent encore des émergences et des poils glanduleux, décrits plus haut comme accidents de surface. Je n'y reviendrai pas, non plus qu'aux poils pectifères, que l'on pourrait aussi taxer d'organes accumulateurs. Je m'arrêterai peu aux glandes internes, car elles font défaut aux Lotées et aux Coronillées.

L'épiderme des feuilles du Genista Sibirica contient (fig. 201) de nombreuses cellules isolées, arrondies, à contenu réfringent, se colorant en bleu, non en vert comme le tanin, par le vert d'iode. Les mêmes glandes unicellulaires sont fréquentes dans l'épiderme de la tige et des ailes du Genisla sagiUalis (fig. 203). Elles sont très grandes et plongent profondément entre les cel* Iules vertes, ce qui pourrait bien en faire des organes illuminateurs. Elles peuvent être appairées. Jamais elles ne pénètrent dans Fappareil stomatique. Outre le produit de sécrétion sensible aux couleurs d'aniline et accumulé au voisinage du protoplasma, un liquide hyalin se dépose, dans la profondeur de la glande, entre deux lamelles de la membrane dédoublée (fig. 202, 203).

On trouve encore des glandes unicellulaires dans l'épiderme du Pseudosophora alopecuroides (fig. 206). Ces cellules n'affleurent à la surface que par un col étroit, mais s'élargissent en forme d'outre au-dessous du niveau des cellules cpidermiques (fig. 204). La couche cellulosique de la membrane devient très mince à la surface de la glande. La cuticule présente de

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nombreuses ponctuations analogues à celles des TamarJcacées. On en compte de 60 à 70 par glande (fig. 205). L'existence de ces organes sécréteurs n*a pas été constatée chez les vrais Sophora.

VHeylandia lalebrosa a, dans Tépiderme ventral du limbe^des cellules à contenu analogue, mais appliquées à la surface de la feuille par une large base et terminées en pointe mousse vers l'intérieur. Le Bequienia obcordata, dont on avait voulu rapprocher les Heylandia, n'offre rien de pareil ; chez le Tephrosia Virginica, qui est considéré aujourd'hui comme son congénère, certaines cellules de Tépiderme, peu différenciées d'ailleurs, contiennent un pioduit de sécrétion réfringent. Peut-être trouvera-t-on, vers ce niveau, un passage entre les Génistées et les Galégées.

Les Coluiea, qui concordent avec les Génistées par l'absence de cristaux, ont aussi des cellules spéciales analogues à celles des Pseudosophora. Je n'y ai pas distingué de ponctuations. Le Pleiospora cajanifolia, Génistée voiirine des Lotononis, mais rappelant le port des Psoralea, possède les mêmes organes. Les Zomia (Dg. 1 93), Smithia, Sœmmeringia ont des glandes coniques comme les Heylandia.

Chez YAîJschynomeiie viscosa, ces organes se compliquent sans cesser d'être unicellulaires (fig. 210-213). Au centre de la membrane externe, la couche cellulosique se décolle de la cuticule et se bombe vers l'intérieur à la façon d'un fond de bouteille. Ce sac est tantôt conique (tig. 213), tantôt dilaté vers son extrémité libre (fig. 212), tantôt élargi à la base (fig. 211). Un épaississement envahit la paroi du sac, en respectant toutefois des lignes et des points qui la rendent fenétrée. Une massue analogue, à paroi réticulée (fig. 209), se forme par le même procédé chez VArachis hypogœa. En outre la membrane profonde se dédouble parfois (fig. 207, 208) comme chez le Genisla sagiitalis.

Des glandes épidermiques pluricellulaires se trouvent chez les Myriadenus, Amicia, et coexistent avec les précédentes chez les Zomia (fig. 193). Ce sont des nodules schizogènes dont les cellules s'écartent autour d*un réservoir central.

Chez les Amorplia, Psoralea, Hallia, un dédoublement local de l'épiderme précède la formation de la glande. L'initiale du

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nodule fait partie du segment interae chez les Amorpha (fig. 194- 197), du segment externe chez les Psoralea (fig. 199-200) et Hallia (fig. 198), du moins sur la majorité des glandes. Une seconde différence intervient dans l'organisation définitive de la glande, car VAmorpha creuse son nodule d'une cavité centrale, tandis que les deux autres genres prennent la structure classique, si souvent décrile chez les Psoralea. Chez les Hallia aussi, les cellules sécrélrices se décollent dans la région moyenne et traversent un réservoir spongieux, tandis qu'elles se touchent parles bases et tapissent tout le pourtour de la glande d'un revêtement cellulaire continu (fig. 198).

Tandis que, chez VAmorpha frulicosa (fig. 197), le nodule sécréteur est séparé de la surface de la feuille par une assise cellulaire issue du clivage de l'épiderme, chez le Dalea alopecuroides (fig. 192) cette disposition devient primitive, car c'est dans Texoderme qu'apparaît de très bonne heure la cellule-mère de la glande (fig. 191). On ne saurait être surpris de ce défaut d'homologie entre les organes sécréteurs de deux genres voisins, puisque, d'après Rauter ^ les mêmes différences existent chez un seul individu de Diciamnus Fraxinella.

Outre les glandes incluses, les Hédysarées possèdent souvent, comme nous l'avons vu (fig.29-40), des massifs exserts, qui présentent avec les précédents les mêmes relations que les glandes saillantes avec les nodules profonds chez la Fraxinelle. Us ont euxmêmes la plus grande analogie avec ceux du Diciamnus comme M. Jaensch' l'a déjà lait remarquer à propos d'une iEschynoménée, VHerminiera Elaphroxylon.

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