‹ La succession au trône de TurquieChapitre 12 sur 23 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

%m dieriilvr mmi tf'mi démenti,

SOMMAIRE. -^ Un palais-prison. Gantinuatitm des manœuvres. Corruption de Va^^mée. Un modèle de Séraskier. AbdulrAziz et son neveu. Nous ne croyons pas au démenti. Une interprétation. Qui trompe-t'0?i icit Con/iiences de Fuad Pacha. Mahmoud Pacha p7nsonnier de ses promisses. Allah Kerim!

Le 25 juin a passe, mais les projets ne sont pas abandonnés : on n'a pas cédé à la raison, on a reculé devant les circonstances contraires. Les fils d'Abdul-Medjid ne peuvent pas s'y tromper : c'est postérieurement au 25 juin qu'une Auguste ï^ersonne a visité l'appartement qui leur est destiné près du nouveau palais de Tchéragan, donnant des ordres de rétrécir les chambres, de diminuer la hauteur des croisées. Apparemment ce pavillon, tel qu'il est sorti des mains de l^architecte, ne ressemble pas assez à une prison.

Le peuple turc ne peut pas s'y tromper, il sait de quelles obsessions il est l'objet ; auprès de lui les

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agents , continuent leur mission de persuasion, de corruption ou de terreur, selon les milieux.

Les gens honnêtes de toutes les classes ne peuvent pas s'y tromper, voyant travailler Topinion comme on le fait au profit d'un projet qui n'aurait jamais existe, à en croire les inspirateurs du journal la Turquie, voyant les gratifications princières pleuvoir parmi les officiers généraux sous forme de revolvers, de montres ou de tabatières enrichies de diamants. Yussuf-Izeddin n'est pas encpre ministre de la guerre, il faut sauver les appar^oes ; mais l'amuseur de sa première enfanoe5i devenu son aide^de* camp, devenu hier grand*maître de l'artillerie, est élevé aujourd'hui au séraskiérat; ainsi, on sauve les apparences sans négliger les éventualités possibles au moment où le Sultan souffre de sa constitution sanguine.-

C!omment nous y tromperions^nous , nous qui, grâce à notre initiative, sommes devenus comme le centre où aboutissent toutes les informations, toutes les discussions, tous les arguments pour ou contre ce grave sujet, nousqui connaissons et qui apprenons chaque jour davantage à connaître le fonctionnement de l'intrigue ? Nous n'avons pas oublié qu'Abdul*Aziz montant' au trône a déjà manifesté sa haine pour ses neveux ; nous ne pouvons perdre le souvenir des larmes qu'a versées devant nous le pauvre M* Gardey, quand un ordre impérial l'éloigna des

princes Murad Effendi et Hamid Effendi dont il avait commence l'éducation avec un succès qui avait fait son bonheur. Leur voyage à Paris et à Londres a été pour eux une véritable route du calvaire. Qui a oublié l'impression de Sa Majesté quand Murad Effendi, en sa qualité de prince-héritier, devait rece- . voir le grand-cordon de la Légion d'honneur ? Qui, dans Congtantinople, ignore les tribulations de tout genre dont le prince Murad-Effendi a été l'objet dans sa vie privée ?

Ces dispositions du cœur du Sultan pour son neveu, il faudrait peut-être en chercher l'origine dans quelque noire intrigue vézirielle, ou dans quelque machination de Palais, car rien dans la vie passée du prince Aziz Effendi n'aurait pu motiver ' chez lui une telle ingratitude pour la mémoire du Sultan Abdul-Medjid dans la personne de ses fils. Quoi qu'il en soit, ces dispositions existent; elles peuvent avoir d'heureuses conséquences sur le caractère du futur Sultan Murad mûrissant à l'école de l'adversité. Mais aussi qui sait où elles peuvent mener, secondées ou exploitées comme elles le sont par un Grand-Vizir qui ne doute de rien ? Que peut contre elles le démenti inséré officieusement dans la seule Turquie? Non, ce démenti ne peut point rassurer le public sur les intentions du Gouvernement Ottoman, tant que les journaux les plus officieux en langue turque prêchent la haine des Chrétiens et le

mépris des étrangers, dans le Mvole espoir de gagner le concours des niasses musulmanes au projet favori. Non, toutes les négations prononcées par Server Pacha dans son cabinet, ou par Mâhmoud- Pacha dans âa duplicité casuistique, ne peuvent nous en imposer ; nous restons sur la brèche, jusqu'à ce que le Tdqvim-Vakdi ait parlé, jusqu'à ce que la Porte ait adressé une Note Officielle à ses représentants à l'Etranger, jusqu'à ce que le Sultan lui-même ait lancé officiellement, ouvertement à la face de ses peuples et du monde entier, cette proclamation : Non, jamais un Sultan ne ruinera son empire pair la ruine de ses institutions les plus sacrées.

Le plus grand honneur que l'on pût faire au démenti publié par la Turquie^ ce serait de le prendre à la lettre : Le gouvernement n'aurait jamais songé à changer l'ordre de succession, les honneurs militaires rendus au prince Yussuf-Izeddin n'auraient d'autre but que de tromper l'impatience du Sultan, de surprendre son ressentiment contre son neveu, de jouer sa volonté bien connue, au lieu de s'exposer à la disgrâce en la combattant. Jeu dangereux, car il dépasserait le but : il apprendrait au Maréchal Yussuf-Izeddin à user des éléments de pouvoir qu'on aurait concentrés en ses mains, et préparerait, à

brève échéance peut-être, les oompéfiH^ktttt de p<mvoim, les luttes dynastiques, la guerre civile. EÉt^se là qu'on en voudrait venir f

Mais, c'est trop nom arrêtée à un (Mmenti que toutes les dreonstancôs les moinn contestables se réunissent à dânentir à son tour. En l'état actuel de la question, ilne s'agit plus pour nous de sonder les intentions secrètes du gouvernement : peu importo en eflfet, qu'un Ghrand-Vizir trompe la nation ou qu'il joue le Sultan, lee manoeuvres subsistant et leurs résultats étant les mêmes. Au point où nous avons porté la discussion, nous n'aurions garde de la continuer, si nous n'avions trouvé sur notre chemin des adversaires d'un calibre inconnu jusqu'à ce jour. Les autres fois où ces projets de changer l'ordre de succession ont été agités, ils n'ont presque pas dépassé l'enceinte du sérail. Fuad Pacha a pu dire à un de ses intimes : < Ces projets serviront désormais à tous les Vizirs qui voudront s'accrocher au pouvoir par la protection de la StUtane-Validèj mais ils ne se réaliseront jamais. > Pourquoi cette fois les mêmes projets font-ils plus de bruit î C'est que cette fois ils sont tombés en des mains plus entreprenantes, plus téméraires ; que celles de feu Fuad Pacha lui-même c'est que cette fois le Grand-Vizir est prisonnier de

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ses promesses, il s'est trop avancé pour pouvoir re* culer sans s'exposer à perdre son portefeuille et les avantages de toutes qualités qui y scmt attachés • c'est que cette fois ces prqjets ont rencontré à leur service la flatterie qui se gausse d'ignorance, et la présomption qui ne doute de rien ; c'est que cette fois on a songé à organiser en ITionneur de ces projets des manœuvres dignes d'un tel coup d'Etat, et une propagande qui tte permet plaide riéntîéîer. Devant ces circonstances qui s'accumulent au fur et à mesure que l'opinion publiqtieBe prononeeplunhaatement, nous voulons achever notre œuvre, nous voulons fouiller le nid où la flatterie la plus vile conspire avec l'ignorance la plus grossière au profit d'une témêifité qtti â'a d'acrlr» ei^ôttsé qtle }e cfi de Allah KiàHmJ traduit, tKm pas litMMtleïâdnt mate très^xâatemdut, ^ eed a^^ts : < Ap^ mm*, le déluffê.t

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