‹ La succession au trône de TurquieChapitre 15 sur 23 · IP · texte numérisé non relu

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conquérant, protecteur dés lettres et des arts ; l^histoirè ne dit pas s'il aimait le Dauphin d'un amour égal à celui qu'Abdul-Aziz éprouve pour Yussuf- Izeddin ; mais elle nous apprend que, véritable Sultan dans son palais de Versailles, il a laissé son fils et successeur placé, suivant l'expression pittoresque de Michelet, entre un usurier et un maquereau. C'est sur lui que l'histoire impartiale rejette la responsabilité des malheurs de Louis XVI, mort sur l'échafaud. La succession en ligne directe n'a pas empêché les mœurs de Versailles de produire leurs conséquences, pas plus que la succession collatérale n'a empêché l'Islamisme de compter de bons califes, car l'Islamisme fait du patriotisme la première loi'pour tout croyant, fût-il Sultan.

Tout cela l'ignoro-t-on au palais et à la Sublime- Porte? ou sachant tout cela, comme il convient à des hommes d'État, met-on en avant les mots d'Europe et de progrès, comme une amorce agréable qu'on tendrait à l'opinion publique étrangère pour la surprendre? En un mot, est-ce ignorance? Est-ce hypocrisie? Les deux à la fois, répondrons-nous.

C'est ignorance, sans doute, là où l'on croit pouvoir troquer contre une institution chrétienne une coutume, un ordre de succession, qui est dès l'origine la conséquence obligée, l'application inévitable des mœurs sociales, et qui est resté la nécessité de la souveraineté telle que la religion l'a constituée.

C'est ignoranoe et hypocrisie à li» fias, là oia Von affecte de donner à Yussuf-Izeddin, montant an trône, le progrès pour parrain. Connaissez Namik-Pacha et ses antécédents, étudiez Mahmoud-Padia dans son vézirat d'un an, suivez AbduUAziz dans sa prodigalité, dans ses actes, et non dans les éloges flatteurs des agents stipendiés^ et prononcez-vous en connaissance de cause sur la passion qui les anime pour le progrès, pour le bien-être public.

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