‹ La succession au trône de TurquieChapitre 4 sur 23 · DE LA PREMIÈRE ÉDHION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDHION

On dit que le Sultan Abdul-Aziz a pris la résolution ou du moins conçu le projet de changer Tordre de succession, de proclamer héritier du trône son fils atné, Yussuf-Izeddin, au détriment des princes fils d'Abdul-MecIjid. Ce n'est ^ qu'un on-dit, une rumeur confirmée d'un côté par les apparences, à en juger par les marques de distinction

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dont le Jeune prince est Tobjet ; contestée d'autre côté ceux qui connaissent ou croient connaître le caractère, la tournure d'esprit du Sultan Abdul-Aziz, «orgueilleux, disent-ils, au point de ne pouvoir même concevoir cette idée qu'un autre puisse Jamais occuper son trône.»

Malgré Tétat peu assuré de cet on-dit, l'opinion s'en est emparée, ou plutôt, pour des motifs variés sans doute, contraires entre eux peut-être, et certainement dangereux à analyser, cette rumeur s'est emparée de Topinion. On laisse les bien infbrmésBe confondre par leurs affirmations et leurs dénégations réciproques ; le bruit en est-il fondé ou non, on ne veut pas le savoir : il a cours, on le discute. On discute la légalité de la mesure, on en examine la praticabilité, on suppute les conséquences probables de son exécution.

Tandis que partout on en parle, tandis que partout on discute, la presse locale se tait : serait-ce un ordre d'en haut?

£n cet état de la question, nous nous croyons permis de nous y arrêter, et puisque nous pensons avoir à dire des choses utiles, nous prenons la liberté de parler, nous mettant sous la protection du plus sage des rois qui a dit : < Combien est bonne une parole dite à propos] » (Proverbe XV, 23).

Gonstantinople,^ 10 mai 1872.

L'AUTBITR.

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