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L'ENVERS ET L'ENDROIT DE LA VIE PARIS1ENRE

Hélène lut dans l<s regard de son pire un consentement. Elle accepta donc l'écrin, en remerciant' celui qui le lui offrait.

Décidément, c'était là le Irait d'un homme aimable et bien né.

Tout cela avait élé si bien dit et si bien fait, avec tant de paternelle déférence, que madame de Boni iiay ne pu| s'empêcher d'exprimer au colonel combien elle était sensible à ce procédé. Son mari se joignit à elle :

— Au milieu de la douleur que nous éprouvons an moment de quitter oc eliâlcau où je suis né, c'est une consolation pour nous de penser que nous le laissons dans vos mains.

— Vous l'y retrouverez, reprit galamment le colonel, si jamais vous désiriez le voir retourner dans votre famille. En attendant, veuillez vous y considérer comme chez. vous et y demeurer aulanl que rela vous fera plaisir.

— Merci de votre offre complaisante, monsieur. Nous n'en abuserons pas. Nous partirons aussitôt que le contrat ,'ima été signé.

Connue le comte venait de dire ces mots, le colonel se leva, en demandant la permission de se retirer. Il avait passé la nuit précédente en voiture, il avait besoin de repos. Il sorLil après avoir salué la comtesse et Hélène. M. de liournay voulut . l'aixoinpasuer jusqu'il son appar-

mains tremblantes et fondit en larmes. Hélène, clouée à sa place par le spectacle inattendu de cette explosion d'un légitime chagrin, regardait sa mère sans oser s'approcher d'elle pour la consoler.

Celle-ci ne parlait pas. Mais, dans ses larmes, que de

reproches pour Hélène ! Chaque sanglot élail une accusation, et la pauvre enfant, si cruellement agitée déjà par les émotions des journées |iii'Ccue.[iles, que nous avons essayé de décrire au commencement de ce chapitre, entendait au fond de sa conscience une voix sévère qui faisait retomber sur elle la responsabilité de l'événement qui venait de s'accomplir.

A te moment, le comte rentra. Son visage était couvert d'une pâleur mon elle qui révélait tout le chagrin de son âme. Mais le brave vieillard s'efforçait de sourire. ïl ne vit pas les larmes de sa femme.

— C'est donc fini, dit-il. Tout est pour le mieux, puisque je vends Bournay au delà de ce que j'avais espéré. Nous pourrons vivre dans un petit coin, modestes mais tranquilles. Kl mi, ma dièic lillr, tu stras heureuse.

En même temps, il serrait Hélène dans ses bras.

— Oui, murmura la comtesse. Mais moi, j'en mourrai. Seule, Hélène entendit ces paroles qui mirent le comble

à son infortune. Incapable de se contenir plus longtemps et ne voulant pas révéler à son père le mal sourd qui la rongeait , elle s'échappa et s'élança dans le parc.

A peine seule, elle éclata en sanglots, et avec ie bruit de ses pleurs, sa voix s'éleva dans le silence du soir pour dire avec un accent brisé :

— Daniel, je t'aime! Tu ne sauras jamais le combat que je soutiens pour mitre amour.

Le lendemain, le colonel était sur pied de bonne heure.

Avant que les maîtres de la maison fussent levés, il descendit dans le parc, afin d'examiner de nouveau les lieux et de combiner le* modilicalinns qu'il voulait y introduire. L'architecte de Blois, chez lequel il s'était rendu la veille, se présenta dans la matinée, afin de se mettre aux ordres du nouveau propriétaire île Bmirnay.

On les vit longtemps arrêtés devant la façade principale du château. Ils prenaient des mesures et traçaient des plans.

Il y avait, dans le bas du parc, une immense terrasse couverte de marronniers trois luis séculaires. Ils y restèrent plusieurs heures, marquant certains arbres, qui sans dmite devaient être abattus.

L'architecte se retira lorsque sonna l'heure du déjeuner, et le colonel vint retrouver la famille de Bournay. Mais il ne lui fit part d'aucun de ses projets. Il se montra gai, bon vivant, essaya d'amener la joie sur le visage des trois personnes au milieu desquelles il se trouvait, et se montra particulièrement aimable pour Hélène.

Après le déjeuner, la jeune fille se retira dans le petit pavillon qui lui était léservé, sikié, comme nous l'avons

iOÏ LA Sl'CCESSIOS CIIAVAM'T

dit, a» fond du pare, que ferme en cet endroit la lisière de la forêt.

I.à, du iiiuhis elle j. 1 1 .= i iv.-ï 1 1 [lll■ll|■l , ] , et Vi' \ i'r ;i l'aise.

Ce salon dans lequel elle se trouvait, que d'heures douces et paisibles elle y avait passé! Les murs, que tapissait une étoffe claire à ramages, étaient chargés de souvenirs charmants.

II y avait au dehors, adossé contre le pavillon, un acacia dont les branches caressaient les croisées, et qui, ce jour-là, frottait contre les vitres ses rameaux chargés de ileurs naissantes. De l'autre côté, des lilas dressaient devant la porte leurs panaches embaumés.

Ce petit coin était si cher à Hélène que, autrefois, elle n'était promis, lorsqu'elle serait mariée, d'habiter son petit Trianon. C'est ainsi qu'elle le nommait. Aussi ne faut-il pas s'étonner que, durant cette triste journée, une des dernières qu'elle passât à Bournay, elle lut venue cacher ses doukuiiviisi's [iriiMvs dans cet asile qui lui offrait un refuge sûr et discret. Elle s'était assise sur un divan, en face d'une croisée en tr' ou ver te, et les veux fixés dans l'immensité des bois, elle écoutait les voix qui parlaient en elle.

Tout a coup, la porte s'ouvrit brusquement. Hélène poussa un cri. C'était le colonel.

— Pardon, mille fois pardon, mademoiselle! dit-il. J'aurais du frapper. Mais je croyais ce pavillon inhabité.

Hélène s'était levée. Debout attendre qu'il voulût bien la sence.

Il y eut un moment de contre — Tenez, mademoiselle, :

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