‹ La SuèdeChapitre 26 sur 33 · La Vieille Agneta (Liens invisibles · texte numérisé non relu

La Vieille Agneta (Liens invisibles

D'ailleurs, on rencontre dans la société des hommes des solitudes aussi etïrayantes que sous les forêts et au pied des montagnes. L'impératrice Marie- Thérèse est venue visiter les Flandres occidentales et le pauvre peuple des dunes ^ Toute la journée, elle a vu des ports ensablés, des marais mal desséchés, des cabanes déchiquetées par la tempête, des églises englouties. Les hommes découragés n'osent plus braver les flots, tant ils ont peur que leur naufrage n'entraîne la ruine irrémédiable de leur famille. L'un d'eux fait-il un héritage? Il abandonne les travaux commencés pour ne pas y aventurer son cher argent. Découvre-t-on un banc de morues? Ceux qui l'ont découvert, d'amis qu'ils étaient, deviennent ennemis acharnés. L'Impératrice comprend qu'il leur faudrait quelque chose sur quoi compter, et qui ne s'épuisât pas, et que nul ne pût découvrir. Elle les réunit et leur annonce qu'elle a décidé de leur laisser son trésor, à la condition qu'on lui promette de ne l'ouvrir qu'après avoir consulté le peuple tout entier et seulement au cas oii la misère serait trop forte. Elle exige que chacun d'eux lui jure de ne pas chercher à savoir qui le détient; et, s'ils ne l'ont point employé, ils le légueront à leurs descendants. De ce jour, les habitants des dunes n'ont cessé de creuser et de bâtir. A chaque phare qu'ils ont érigé, à chaque port qu'ils ont curé, à chaque digue qu'ils ont construite, ils se sont dit : « Si notre propre argent ne suffit pas, nous recourrons à notre gracieuse Impératrice. »

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