‹ La Suède au XVIème siècleChapitre 102 sur 142 · I»94] HOROSCOPE DE GUSTAVE- ADOLPHE. 42S · texte numérisé non relu

I»94] HOROSCOPE DE GUSTAVE- ADOLPHE. 42S

borg (ville du ciel) qu'il devait à la libéralité de Frédéric IL De ce rocher perdu dans le Sund sa grande voix retentissait et trouvait de l'écho dans le • monde entier. En apprenant l'événement qui causait une si grande joie en Suède, il déclara aux nombreux élèves accourus jusqu'au pôle pour écoufer ses savantes leçons que le nouveau -né était vraiment le grand prince de qui la comète avait prédit la naissance, il y avait dix-huit ans. Gomme on lui objectait que l'enfant était venu au monde en Suède et non eh Finlande, il répondit que, la duchesse de Sudermanie étant allée passer quelque temps dans cette province, l'enfant y avait été conçu , et que , bien qu'il fût né de l'autre côté du golfe de Bothnie, la prédiction pouvait à juste droit lui être appliquée. Les chroniques disent aussi que Tycho Brahe, doué d'un instinct divinatoire merveilleux, traça dans une leçon, restée illustre, la vie future de l'homme de génie dont il avait annoncé la venue au monde. Il paraît cependant que ses prédictions étaient beaucoup moins bien comprises de son vivant qu'elles ne le furent après sa mort, attendu que le célèbre astrologue, après avoir encouru la disgrâce de Christian IV, et avoir été contraint de quitter sa patrie, trouva à la cour de l'empereur Rodolphe, adonné à l'alchimie et à l'astrologie, une généreuse hospitalité, et qu'il conserva jusqu'à sa mort l'amitié de ce prince. Hé bien! est-il vraisemblable, est-il possible que cet empereur, inquiet et soupçonneux à l'excès, comprenant le jargon du métier, eût accordé tant de faveurs, et montré tant de bonne grâce à l'homme qui aurait si complaisamment prophétisé la ruine de sa maison? 11 est certain qu'on a beaucoup

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exagéré tout ce qui s'est dit et s*est fait à la naissance du prince. Mais Thomme aime à entourer de merveilles et de mystères le berceau des hommes de génie; et, si Gustave-Adolphe avait été un souverain ordinaire, bien des détails auraient passé inaperçus qui ont donné lieu à toutes sortes de commentaires.

A cette époque , dans toute l'Europe et dans le Nord surtout, les fêtes de Noël et du premier jour de l'an, célébrées en même temps, étaient le signal d'universelles réjouissances. Le duc de Sudermanie était naturellement pieux ; mais sa position d'antagoniste de Sigismond l'obligeait de donner à sa piété des dehors peut-être un peu trop apparents; et l'histoire l'a accusé d'avoir fait servir la religion à son ambition. Il est de fait que, pour frapper l'esprit des masses et les rendre plus dévouées à son enfant, il donna à entendre qu'à son berceau comme à celui de Moïse était attaché le sort d'un peuple; et les cérémonies du baptême du jeune prince furent, dans ce but, confondues avec les fêtes que la nation célébrait pour la naissance de son Rédempteur, et vinrent leur donner un nouvel éclat. J'ai déjà dit que l'enfant, recul les noms réunis de ses deux grands-pères, Gustave et Adolphe. Enfin, pour lier d'une manière indissoluble sa destinée à celle du protestantisme, le duc de Sudermanie rétablit, le même jour, dans ses domaines et dans ses privilèges, la célèbre université d'Upsal que son dévouement à l'Église établie et sa fermeté à repousser la liturgie avait rendue victime de spoliations et de persécutions sans nombre. Cette adroite et salutaire mesure fut d'autant mieux accueillie que le clergé suédois, justement alarmé des projets mena-

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