BAPTÊME DE GUSTAVE-ADOLPHE
çants de Sigismond, n'était pas sans ombrage vis-àvis du duc que l'on soupçonnait d'incliner vers le calvinisme. En rattachant cette fameuse école , de qui les professeurs prenaient le titre de piliers du protestantisme, à la destinée de son fils, n'était-ce pas fermer J'oreille à toutes les malveillantes suppositions et ne plus laisser douter qu'il n'eût l'intention de l'élever dans des doctrines de la plus pure orthodoxie? C'est ainsi que le peuple , dans son bon sens, expliqua la conduite du duc ; et c'est pourquoi il vit un véritable Juda Macchabée dans le prince destiné à protéger et à propager sa foi ; et lorsque l'enfant, devenu homme, dépassa les prévisions même les plus exagérées, le peuple tit de lui le type du héros national, et l'amour qu'on lui avait voué dégénéra en idolâtrie et en fanatisme. Ses vertus étaient du reste si réelles et sa gloire si bien méritée que l'enthousiasme de ses contemporains s'est transmis intact à leur postérité, et encore aujourd'hui, après deux cent trente-quatre ans, le grand capitaine du XYll^ siècle est aussi glorifié qu'à la veille du triomphe de Leipsig, et aussi regretté qu'au lendemain de la victoire de Lutzen.