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efforts et avec tout son argent , que six mille soldats, mélange assez bizarre de Polonais, d'Écossais et d'Allemands; mais Sten Baner, Lindorm Bonde et Olof Sverkersson parcouraient TEsthonieet la Finlande méridionale , soumise de nouveau au roi par David St&larm, et enrôlaient tous les hommes de bonne volonté qu'ils rencontraient dans ces deux provinces. Les Gothies, où le parti des Stenbocks avait repris le dessus, promettaient de fournir aussi un honorable contingent. De plus, Sigismond s'était assuré de la neutralité bienveillante du Danemark et de la Pologne , en laissant entrevoir, disait-on , à celle-ci la cession de l'Esthonie , et en ajournant avec l'autre la solution du différend des Trois Couronnes. Il avait encore gagné à sa cause les villes Hanséatiques, qui avaient poussé le zèle jusqu'à rompre toutes relations de négoce avec le gouvernement de Charles. Les gens de Liibeck, allant plus loin , avaient capturé des vaisseaux suédois et avaient envoyé au roi une part du butin.
Non content d'avoir rallié à sa cause presque tous ses voisins, Sigismond avait recherché l'approbation et l'appui moral des autres souverains de l'Europe. Dans ce but, il avait fait distribuer par ses ambassadeurs dans les cours les plus importantes un ouvrage intitulé : Ausa Caroli ducis Sudermaniœ, et composé par un certain Christophe Sturcius , célèbre jurisconsulte de Dantzig. Aux yeux de ce brave homme les couronnes étaient l'arche sainte des peuples, et quiconque osait porter la main sur une d'elles n'était pas seulement un criminel , mais un sacrilège. Le droit divin était aussi invoqué à chaque page.' C'était une doctrine toute nouvelle et trop favorable aux princes
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pour qu'ils négligeassent aucun moyen qui se présentait de la propager.
Les mesures de Sigismond étaient bien prises. Pour les déjouer, Charles réunit à Wadstena les principaux personnages du royaume qu'il savait attachés à sa cause. 11 leur dévoile les projets du roi, et espère qu'ils viendront s'opposer à l'asservissement de la patrie et à l'anéantissement de la religion. L'assemblée promet d'aider le régent à recruter une armée considérable, dont il prendra le commandement, qu'il conduira audevant du roi , et qu'il gardera ou licenciera , d'après les dispositions belliqueuses ou pacifiques du prince.
Cependant Laski était retourné en Suède redemander au régent l'envoi de la flotte suédoise à Dantzig. La lutte était trop imminente pour que Charles se dessaisit du plus puissant instrument de victoire qu'il eût en son pouvoir. Laski s'en retourna , sans avoir rien obtenu', mais non sans avoir jeté le trouble dans le cœur de bien des gens qui ne s'étaient prononcés contre le roi qu'à cause de la religion , et qui étaient tout disposés h retourner à lui, du moment où il daignait rassurer leur conscience alarmée.
Cependant Sigismond , parti de Pologne , s'arrête à Marienbourg où il passe en revue l'armée recrutée par Weyer. Les soldats étaient nombreux, bien disciplinés, bien armés et assez bien payés pour avoir du zèle. Des hommes qui portaient les plus grands noms de la Suède étaient à leur tête. La cause était sainte ; donc la victoire était certaine. Sigismond, sous l'impression de ses idées optimistes, avait fait préparer dans le palais de Marienbourg l'appartement qui devait recevoir le duc prisonnier et sa famille. Les se-