‹ La Suède au XVIème siècleChapitre 110 sur 142 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

ItotolUe de Stlftugéliro. Défaite et ftilte

de Siytamend.

Sigismond attendait à chaque instant l'arrivée de troupes finlandaises. Cette expectative le rendait plus arrogant encore que sa récente victoire. Par malheur le contraire de ce qu'il prévoyait se réalisa. Au lieu de ses Finlandais, ce fut la flotte suédoise qui vint attaquer avec une grande ardeur ses vaisseaux, capturant le plus grand nombre > détruisant ou dispersant le reste, bloquant les côtes y apportant des renforts au régent et surtout lui rendant cette force morale d ordinaire si grande en lui, mais qui venait d'être amoindrie par la défaite de Stegeborg. Le triste Sigismond, passant sans transition d'une confiance présomptueuse à une terreur puérile, proposa de remettre les négociations sur le tapis. Mais, comme il refusait toute concession, qu'il maintenait au contraire des propositions déjà repoussées, les arbitres allemands , qui avaient pris la peine de venir en Suède, désespérant de venir à bout par la diplomatie de difficultés qui ne pouvaient être tranchées que par le glaive, rentrèrent chez eux par le Danemark. Charles de son côté, excédé de ces tergiversations et humilié de voir toutes ses tentatives échouer, au moment décisif, se rangea de l'avis de ses

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officiers, qui brûlaient du désir de réparer l'échec qu'ils venaient de subir.

Sigismond était d'une nature pusillanime. Il perdait au moment de la lutte la fermeté d'emprunt qu'il avait loin du danger. Ayant appris par ses espions les projets d'attaque du régent , il ne crut pas être en sûreté derrière les remparts délabrés de Stegeborg. Craignant un coup de main, il déguerpit pendant la nuit et se rendit à Sôderkôping. Charles, averti trop tard, avait essayé, mais en vain, d'arrêter le fugitif à son passage. Mais, n'ayant pas voulu se déranger pour rien , il alla assiéger Stegeborg qui ne résista pas au premier assaut. Le vainqueur s'empara de quelques vaisseaux qui mouillaient dans le port. Ayant ensuite fait mettre de côté ce qui appartenait personnellement au roi, il permit à ses gens de se partager le butin qu'ils devaient à leur intrépidité. Sôderkôping n'était guère en meilleur état que Stegeborg. Sigismond y passa la nuit seulement. Il en partit le lendemain matin, et alla se réfugier à Linkôping. Charles^ qui marchait sur ses traces, alla camper à une demi -lieue de la ville, dans la plaine qui en est séparée par le Stâng.

Je ne saurais trop répéter^ parce que c'est la vérité, que Charles, qui était avant tout et surtout un prince de Wasa, ne s'engageait qu'à regret dans cette lutte de famille. Des amis qui lisaient au fond de son cœur, sur quelques paroles sorties dans un moment d'épanchement, allèrent trouver le roi à Linkôping et lui faire part en confidence des scrupules de son oncle. Le malheureux Sigismond qui n'avait point de fixité dans l'esprit passait toujours d'un extrême à l'autre. Relevé de ses récentes alarmes de Stegeborg , il était

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