CHAPITRE XXIX ET DERNIER
Cimipiigiie de Idwoiiie. États de Stoel&lioliii. États de llîerrl&5piiig. Avènement au trdne de Cliarleii IX.«
Le duc de Sudermanie, en refusant la couronne, n'avait de fait repoussé qu'un hochet inutile. II. avait la puissance et recevait les honneurs attachés au rang suprême; et, comme il était avant tout un homme positif, celte situation lui convenait à merveille, et Tempêchait, pour le moment du moins, de rien désirer au delà. Occupé à rétablir Tordre et à réparer les désastres causés en Suède par la guerre civile, il aurait certainement renvoyé à d'autres temps son expédition de Livonie , si le roi , ayant su contenir sa mauvaise humeur et sa colère, n'eût pas fait emprisonner le courrier qui lui apportait les décisions de la diète de Linkôping et n'eût pas cédé à la Pologne toutes les possessions de la Suède en Ësthonie. Ces deux actes, non moins inconvenants qu'impolitiques , blessèrent son amour-propre, surexcitèrent son patriotisme et le poussèrent à se mettre ex abrupto à la tête des troupes considérables qu'il avait recrutées et qu'il tenait en réserve dans ce but. Le 31 juillet, il quitta avec elles le port de Stockholm, ayant auprès de lui sur le vaisseau qui le portait sa femme» qui était grosse, et son jeune
500 SIGISMOND. [iGOOJ
fils, Gustave-Adolphe, qu'il recommanda à la bienveillance des États, dans le cas où il succomberait en combattant pour la patrie.
Charles exerçait un ascendant Immense sur ses contemporains. Revel, qui, l'an dernier, lui était hostile, revenu à d'autres sentiments , le reçut avec enthousiasme , fêtant son arrivée par des réjouissances publiques, et lui rendant les honneurs qui ne sont dus qu'au rang suprême. Le reste du pays suivit le mouvement donné par la capitale; partout où Charles se montra , il fut accueilli en souverain par les populations; le peuple l'acclama, et les gouverneurs qui voulaient rester fidèles à Sigismond furent contraints, comme Slatte à Huitenstein, à vider les heux, à peine d'être livrés par leurs soldats au nouveau maître qu'ils s'étaient donné. L'arrivée de Jean de Nassau avec des troupes levées en Allemagne pour le compte de la Suède augmenta encore le prestige du régent , qui , ayant réduit en son pouvoir presque toutes les places fortes dont les chevaliers de la Croix avaient hérissé l'Esthonie, passa en Livonie, où ses succès ne furent ni moins rapides ni moins brillants. Les Polonais y étaient détestés autant par fanatisme religieux qu'à cause de leur arrogance et de leur avidité. Charles, traversant le pays en libérateur plutôt qu'en conquérant, entra dans Wolmar, dans Kokenhuisen, et vint enfin mettre le siège devant Riga.
Sigismond , terrifié , voyait déjà son terrible oncle en pleine Pologne, battant ses armées sur les rives de la Vistule aussi brutalement que sur celles du Stâng, et lui arrachant du même coup ses deux couronnes. Dans ce péril extrême, il fit appel à tous ses palatins,