CHAPITRE VI
C^ntiimiitioii de la guerre 4e Sept Ans. Mort de
ClMi CMrtotlaiiMMm Horn.
La guerre qui régnait entre les Danois et les Suédois prenait chaque jour, avec de plus grandes proportions, un plus sinistre aspect. Les esprits plus irrités devenaient plus acharnés et plus impitoyables. Tout acte de cruauté amenait de terribles représailles. Si la Westrogothie est dévastée par les ordres de Frédéric II, Éric XIV inflige au Bléking un sort encore plus cruel. 11 ordonne « que les paysans qui ont survécu aux désastres de leur pays soient convoqués en assemblée, tant ceux du continent que ceux des lies, depuis les frontières jusqu'à Solfvitsborg, sous prétexte de recevoir leur^ serment de fidélité. Quand on les aura sous la main, hommes, femmes, enfants, au nombre de deux ou trois mille, on les conduira par terre jusqu'à Calmar, et de là sur des vaisseaux jusqu'à Stockholm. S'ils ne se rendent pas à la convocation, on livrera tout au fer et aux flammes, car il vaut mieux régner sur un désert que sur un pays en révolte. » Ces ordres cruels furent remplis et si exactement que des Smalandais furent envoyés dans le Bléking occuper des fermes dont les propriétaires
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avaient disparu jusqu'au dernier. Les provinces méridionales de la péninsule Scandinave, les plus fertiles, les plus peuplées, n'offraient à l'œil qu'un amas de décombres et de ruines. Les étrangers s'émurent de tant de calamités. Désireux d'y mettre un terme, Charles Dantzai se rend en Suède auprès d'Eric, qui reçoit en même temps de Frédéric des lettres où les sentiments les plus pacifiques sont mêlés à de vives protestations d'amitié. Mais, comme pendant ce temps les armées danoises dévastaient la Westrogothie, Éric coupa court à ces fausses ouvertures et vint, avec sa jactance et sa pétulance ordinaires, se mettre à la tête de l'armée, qui, depuis plus d'un an, s'efforçait vainement de reprendre Ëlfsborg. Éric n'était pas de ces hommes de qur la présence améliore une situation. Les Danois d'ailleurs mettaient d'autant plus d'importance à conserver Ëlfsborg que les Suédois faisaient plus d'efforts pour le leur reprendre. Maîtres de la mer, ils pouvaient, à leur guise, remplir la place d'hommes, de vivres et de munitions. Éric, inconstant de sa nature, et peu propre aux travaux de siège, où il faut souvent payer de sa personne, fut bien vite découragé. Il s'en allait en Smâland, quand ridée lui vint dé tenter un coup de main sur Warberg. C'était la capitale du Halland. La ville était forte, et la citadelle qui la dominait, bâtie sur un rocher à pic du côté de la mer du Nord, de l'autre entourée d'un mur de cinquante pieds de haut (1), passait presque pour imprenable. Éric commença et poursuivit avec ardeur les travaux du siège. Mais, s'il était prodigue
ri) Loccenius, Hist. rerum suecicarum, p. 338