‹ La Suède au XVIème siècleChapitre 28 sur 142 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Défaite des Danois. Révolte des dues* fSiége de

tStoelLltolm.

C'est bien avec raison qu'Éric XIV dit dans son journal que l'année 1567 fut la plus malheureuse de son règne. En Livonie, on perdait chaque jour quelqu'une des conquêtes faites par l'héroïque Glas florn, Kursell commence l'année, il est vrai, par surprendre les Polonais près de Riga ; il pénètre dans leur camp encore endormi, tue les uns, prend les autres, et met le reste en fuite. Mais les Polonais, revenus en masse, ne tardent pas à réparer cet échec. Kursell et Henri Horn sont défaits près de Lemsal. Après avoir perdu deux mille hommes, ils se retirent à grand'peine à Revel.- Le vainqueur les y poursuit, et dévaste sous leurs yeux les districts de Harrie et de Wirie, qu'ils sont impuissants à protéger.

En Norvège, on ne fut pas plus heureux. Éric, qui, toujours exagéré, était trop méfiant ou trop crédule, s'était laissé séduire par les promesses d'un intrigant nommé Ennon Brunrock. D'après lui, la Norvège, impatiente de secouer le joug danois, attendait les Suédois comme des libérateurs. Sans autres données que les allégations de cet inconnu, Éric confie une armée à Jean Siggesson et l'envoie à la conquête de ce pays, hérissé de montagnes, coupé de bras de mer et

protégé par un climat meurtrier. Au début, Hammer fut pris. C'était une forteresse de peu d'importance, et qui fut à peine défendue. Ce prétendu succès ne servit pas moins de prétexte à une de ces fêtes dont Éric était si prodigue, et qui n'étaient plus que ridicules. Celle-ci l'était d'autant plus que de cruels revers étaient imminents. En effet, on échoua devant le fort d'Aggerrhus ; les Suédois, qui, assurés de sa prise, croyaient y trouver un abri contre la mauvaise saison, se découragent; bientôt, épouvantés de voir tout le pays soulevé pour les combattre, ils se retirent en désordre par petites bandes, laissant de nombreuses victimes dans les pièges que les paysans dressent de toutes parts sur leurs pas, ou dans les escarmouches qu'ils leur livrent.

Frédéric II était un ennemi trop implacable, et Daniel Rantzau un trop habile homme de guerre pour ne pas profiter de la confusion , de l'anarchie où le massacre d'Upsal avait plongé la Suède. Après avoir dévasté le Smâland, les Danois, guidés par un déserteur suédois, Lars Jonsson, traversent (10 novembre 1567) le fameux défilé de HoUveden, s'emparent" de Skenninge, ville forte située sur la rive droite du lac Wetern, dans une plaine fertile eu céréales, dit la chronique. Ils s'abritent et se fortifient derrière ses remparts, et étendent de là leurs dévastations dans les deux Gothies. Ils prennent et pillent Wadstena. Les habitants de Linkôping, craignant que leur ville, comme Skenninge, ne tombe au pouvoir de l'ennemi et ne lui serve d'asile pendant l'hiver, y mettent le feu de leurs propres mains (20 novembre). Sôderkôping a le même sort (4 décembre). Voilà donc l'en-

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